Bilan

Gothard: les fausses promesses de nos voisins

Le transfert du transport de marchandises de la route au rail restera un vœu pieu tant que les travaux à réaliser en Allemagne et en Italie ne seront pas terminés.

Les camions déferleront encore pendant longtemps sur l’autoroute du Gothard.

La Suisse a construit le tunnel de base du Gothard pour l’Europe, mais aucun des trois principaux dirigeants de l’Union européenne ne sera présent pour son inauguration le 1er juin.

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La présence annoncée de la chancelière allemande Angela Merkel et celle du président du Conseil italien Matteo Renzi ne pourront pas non plus faire oublier les fausses promesses de nos deux voisins. Mais les discours officiels du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann et de la ministre des transports Doris Leuthard ne reflèteront nullement la déception légitime de la Suisse.

Avec ses 57 kilomètres, le plus long tunnel ferroviaire du monde vise à accroître fortement le transport des marchandises sur le rail entre le Nord et le Sud de l’Europe. Conjointement au Lötschberg, le Gothard constitue le maillon central de cette politique. Selon la brochure explicative publiée par le Conseil fédéral en 1992 à l’occasion de la votation populaire, les nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA) «permettront de transférer sur le rail la plupart du trafic de marchandises en transit».

Retard en Allemagne et en Italie

Cet objectif ne sera pas atteint avant de nombreuses années. La faute en incombe à l’Allemagne et à l’Italie car le corridor ferroviaire européen entre les ports de Rotterdam et de Gènes nécessite des travaux importants dans ces deux pays. Or, tant sous les Apennins du Nord que dans la vallée du Rhin, ces derniers ont pris beaucoup de retard. Ils n’aboutiront probablement pas avant 2021 et 2035.

Ce n’est pas tout. Les NLFA nécessitent également une «gestion coordonnée de l’ensemble des trafics du corridor, transit et interne», relève l’ancien conseiller aux Etats Michel Béguelin dans une opinion publiée dans Domaine Public. «Trois acteurs sont concernés: le Bern-Lötschberg-Simplon, les CFF et l’organe d’attribution Sillon Suisse. Sauront-ils s’entendre pour constituer une seule entité? Reconnaîtront-ils qu’il y va pour eux d’une double responsabilité: l’efficacité du corridor et la rentabilité des NFLA?», se demande cet expert du domaine ferroviaire.

Bref, les camions déferleront encore pendant longtemps sur l’autoroute du Gothard.

 

 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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