Bilan

Genève veut devenir une ville durable

Le programme Best for Geneva qui s’adresse à toutes les entreprises du canton démarre aujourd’hui. La démarche permet de mesurer impacts sociaux et environnementaux. Et permet de distinguer les acteurs qui agissent en la matière.
  • «Nous compensons nos émissions carbone à 100 et même 200% depuis 10 ans, avec un partenaire dans le Jura. Nous aimerions trouver un projet local pour réaliser cette compensation», explique Boris Siegenthaler, à la tête d’Infomaniak, PME de 80 personnes dans l’IT.

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  • Best for Geneva nous permettra d’échanger avec d’autres entreprises, afin de partager nos expériences», explique Fabien Gillioz, associé de l’étude d’avocats Ochsner et Associés.

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  • Best for Geneva s'inscrit dans le cadre des mesures préconisées par la Stratégie économique cantonale 2030 et est en accord avec les objectifs de développement durable définis par les Nations Unies.

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  • Best for Geneva reste organisé avec des moyens minimes mais ambitieux en combinant un support en terme de ressource à l’aide des partenaires : un budget d’environ 300 000 francs.

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Il y a eu Rio plus au Brésil, Best for NYC dans la Grosse pomme, il y aura désormais Best for Geneva. L’idée? Permettre gratuitement à toutes les entreprises volontaires du canton d’évaluer leur impact social et environnemental –via 60 questions, dont dix spécifiques à Genève-. Leur offrir ensuite des ateliers animés par des acteurs locaux pour améliorer certaines de leurs pratiques. Réunir les participants autour de quatre évènements, pour s’inspirer et échanger. Et récompenser, au terme d’une année, ceux qui ont initié les changements les plus marquants.

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Le concept initial a été développé il y a quatre ans par l’ONG Internationale B Lab,  l’un des labels les plus exigeants du moment en termes de responsabilité sociétale, B Corp. A Genève, c’est B Lab (Suisse) qui décline ce programme, avec un soutien massif d’acteurs locaux –près de trente partenaires. Le comité de pilotage de Best for Geneva réunit le Département de la Sécurité et de l’Economie (DSE), le départements présidentiel (PRE), celui de l’aménagement, du logement et de l’énergie (DALE), de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA) ainsi que de l'Université de Genève (UNIGE).

Echanger entre entreprises

Pour Jonathan Normand, à la tête de B Lab (Suisse) la période est propice à la prise en compte de ces thématiques par les entreprises. «Ce qui est indispensable pour un programme de cette ampleur c’est la compréhension commune de tous les partenaires. Et ici, l’accueil a été extrêmement favorable. Le timing est très bon, on sent un momentum pour toutes ces questions, l’économie sera durable ou ne sera pas», affirme le chef d’orchestre de Best for Geneva.

Et de fait, sans aucune publicité près de 180 entreprises se sont déjà préinscrites. L’intérêt pour elles? Il est multiple. «C’est une opportunité pour repenser notre mode d’organisation, en incluant tous les membres de l’Etude dans la réflexion, et ce dans une période où notre métier fait face à de nombreux défis notamment avec l’arrivée des nouvelles technologies. Dans ce contexte, Best for Geneva nous permettra d’échanger avec d’autres entreprises, afin de partager nos expériences», explique Fabien Gillioz, associé de l’étude d’avocats Ochsner et Associés qui comprend 20 personnes.

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L’échange et la collaboration sont un moteur fort. «Nous avions entamé la démarche d’évaluation et réalisé que nous pouvions la développer sur certains points. Best for Geneva est l’occasion de pouvoir poursuivre cela et prendre le temps de discuter avec d’autres acteurs. C’est important pour une petite entreprise comme la nôtre, car nous sommes souvent ‘la tête dans le guidon’», souligne Antoine Veyrat à la tête de Mango Deck, entreprise de restauration qui emploie 14 personnes.

Les consommateurs sensibles à la responsabilité sociétale

Reste que, Jonathan Normand l’affirme, Best for Geneva n’a «pas pour but d’entraîner les participants dans un démarche de certification ‘B Corp’».

Les participants pourront toutefois afficher le label Best for Geneva, témoignant de leur prise en compte pratique quant aux questions sociétales. Pas si anodin que cela: les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux critères écologiques et sociaux lors de leurs achats. Unilever montre qu’un tiers des acheteurs choisissent des marques qu’ils tiennent pour actives dans ces domaines.

Plus de 34% étudient directement les pratiques de développement durable de l’entreprise selon une enquête du groupe Okeo Tex sur un panel de 11'000 consommateurs dans dix pays (Australie, Brésil, Canada, Chine, Allemagne, Inde, Japon, Espagne, Suisse et Etats-Unis).

D’une manière globale, Best for Geneva vise à développer une nouvelle forme d’économie dans la ville et le canton. «Si les 30 000 entreprises de Genève travaillaient sur toutes les pratiques visées par le questionnaire, on changerait toute son économie, en y intégrant solidarité, durabilité, stabilité et participativité», ambitionne Jonathan Normand.

Avec un premier concours prévu sur l’année 2018, mais une programmation globale prévue sur trois ans, Best for Geneva devrait au moins réussir à sensibiliser le plus grand nombre à ces thématiques. Un premier rendez-vous est attendu en mars, le calendrier complet des ateliers et évènements sur l’année sera disponible dès février.

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Camille Andres

JOURNALISTE

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