Bilan

Genève marche sur l’eau!

Après dix années d’études et de concertation, une nouvelle plage publique sort enfin des eaux. Un chantier environnemental majeur, garanti 100% local, sans sable importé.

Le chantier représente une avancée sur l’eau de 350 mètres.

Crédits: Fabio Chironi

Le bout du lac aura attendu longtemps pour modifier son accès à l’eau, mais voilà un dénouement spectaculaire qui devrait être durable: bientôt 400 mètres de plage et de parc public s’ouvriront au public avec un nouveau port, un restaurant auxquels s’ajouteront un bâtiment neuf pour les pêcheurs, l’extension du port privé de la Nautique et une grande digue au nord pour protéger l’ensemble de la bise. 

Le premier chantier lémanique du siècle sort en ce moment des eaux à Genève et impressionne par sa taille. «C’est effectivement un projet ambitieux et important pour la ville, confirme Franck Pidoux, chef du projet à l’Etat de Genève. Mais il est en réalité moins important notamment par son budget (67 millions de francs financés par l’Etat).» 

Si la métamorphose du bord du lac interpelle le visiteur, c’est d’abord parce qu’ici on construit sur l’eau et sur un kilomètre de littoral. Après avoir isolé la zone par une barrière métallique plantée sur 16 mètres de profondeur et vidé l’eau contenue, la future plage a été remblayée avec 100 000 m3 de moraine. «La moraine, ce sont les dépôts terreux issus de la dernière glaciation», explique Yves Bach, responsable des travaux au bureau d’études EDMS. Et d’où vient-elle? «De la région genevoise et de ses environs, détaille encore l’ingénieur. Les enrochements, ces grands blocs de pierre, proviennent des carrières du Salève et du Bugey.» 

Pas de scandale écologique, donc, pour la construction de la future plage de Genève. Qui reste très en dehors du désastre écologique issu des trafics de sable mondiaux. L’explosion démographique et l’urbanisation ont fait exploser la construction des infrastructures et des bâtiments au niveau mondial. En quelques décennies, le sable est devenu la seconde ressource naturelle la plus consommée au monde juste après l’eau et devant le pétrole. Mais cette ressource très recherchée a attisé les trafics illicites dans de nombreux pays en développement, mettant en péril leur environnement.

A Genève, le projet de la nouvelle plage a dû faire face aux recours des associations de protection de l’environnement comme celui du WWF qui a nécessité une adaptation du projet. «Finalement, le temps passé entre la conception et la mise en œuvre du chantier a permis la réalisation d’un projet de qualité», estime encore Franck Pidoux. 

Rendez-vous en 2019

Représentant une avancée sur l’eau de 350 m, le chantier «Port et plage publique des Eaux-Vives» épargne une grande partie de la surface de l’eau en surélevant la plateforme de rangement des dériveurs. «Cette plateforme est grande comme un terrain de football», explique Richard Fulop, architecte au sein de l’Atelier Descombes Rampini et concepteur de cette charpente métallique originale déjà visible. 

Plus au nord, les grues s’activent au large pour finaliser la grande digue qui viendra protéger le futur port privé de la Nautique. Ici, Alec Tournier, secrétaire général de la Nautique depuis seize ans, suit le chantier comme son futur nouveau-né. Le budget côté port privé atteindra, lui, les 36 millions incluant non seulement la grande digue, mais aussi 400 nouvelles places au port ainsi que la construction d’une nouvelle plage en galets, et privée cette fois, accessible depuis Genève-Plage. Rendez-vous dès l’été 2019 pour l’ouverture au public. 

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

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