Bilan

Genève démocratise les cours d’éthique

Tous les étudiants des facultés genevoises ont désormais accès à deux semestres d’introduction sur ce thème. En attendant la création d’un cours en ligne dès l’année prochaine.

Ghislain Waterlot, professeur de philosophie et d’éthique, codirigera les cours d’éthique avec le professeur François Dermange.

 

Crédits: Erard/uni genève

Les managers de demain devront intégrer des considérations éthiques dans leurs grandes décisions. Forte de cette conviction, l’Université de Genève a décidé d’offrir aux 16 000 étudiants de l’ensemble des facultés la possibilité d’étudier le sujet.

«Ce cours est né de la Convention d’objectif 2012-2015, cosignée par le Conseil d’Etat», explique Jean-Dominique Vassalli, recteur de l’Université de Genève. Les deux semestres de cours d’éthique mis en place font partie des axes transversaux prioritaires. A noter que l’Université de Fribourg dispense également un cours interfacultaire réservé aux sciences.

«L’objectif est de prendre conscience que les réponses aux grands comme aux petits problèmes de la vie sont complexes et qu’elles font appel non pas à des réactions mais à une réflexion. Notre tendance à réagir immédiatement est souvent mauvaise conseillère», explique Ghislain Waterlot, professeur de philosophie et d’éthique, coresponsable de ces cours avec le professeur François Dermange.

L’enseignement est dispensé sur deux semestres. Au semestre d’automne, les étudiants sont initiés à l’éthique philosophique, ils étudient l’eudémonisme selon Aristote, la déontologie kantienne ou encore l’utilitarisme. «Nous actualisons les grands courants et montrons qu’ils sont toujours présents», ajoute Ghislain Waterlot.

Le semestre de printemps se caractérise par une plus grande interactivité grâce à des présentations de groupes d’étudiants sur des thèmes qui changeront chaque année. «Nous travaillons également à la création d’un MOOC (Massive Open Online Course) d’introduction à l’éthique philosophique pour l’année prochaine», explique encore le professeur Waterlot.

Doyenne de la nouvelle école d’économie et de management (GSEM) de l’Université de Genève, Maria-Pia Victoria-Feser rappelle que l’enseignement de telles matières constitue une exigence pour obtenir des accréditations classiques d’école de management. «Ces cours plus généraux et normatifs viennent en complément d’enseignements spécifiques que nous dispensons dans nos formations.»

Que se passera-t-il lorsque, plongés dans un monde du travail centré sur la productivité et la rentabilité, les futurs managers devront intégrer des considérations éthiques?

Pour Ghislain Waterlot, «nous avons pour vocation d’amener les étudiants à se poser les bonnes questions. Ensuite, il est de la responsabilité de chacun de faire vivre ou non l’éthique dans le concret de son existence. C’est une responsabilité personnelle, mais qui influe sur la qualité de vie de tous.»

Des centres spécifiques

«Les Facultés portent efficacement leur discipline. Il est du devoir du rectorat de soutenir le développement interdisciplinaire et interfacultaire», explique Jean-Dominique Vassalli. De plus en plus de sujets d’étude engagent des disciplines variées. C’est ainsi que se développe un certain nombre de centres interfacultaires. Le droit de l’enfant est le prochain objet d’étude qui disposera d’un centre spécifique. Il englobera des disciplines comme la sociologie, la psychologie, le droit, la médecine ou l’éducation. 

Yves Smadja

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