Bilan

Genève, centre philanthropique

Trois fondations, dont celle de Lombard Odier, soutiennent le lancement d’un centre académique interdisciplinaire de recherche et d’enseignement en philanthropie.

Denis Pittet, associé-gérant de la Banque Lombard Odier et président de la Fondation Philanthropia.

Crédits: Dr

La Fondation Lombard Odier est l’une des trois fondations partenaires qui ont décidé de soutenir un centre de recherche et d’enseignement en philanthropie à l’Université de Genève, indique à Bilan Denis Pittet, associé-gérant de la Banque Lombard Odier et président de la Fondation Philanthropia.

«Ce partenariat public-privé a notamment pour objectif d’encourager la recherche et la formation universitaire dans le domaine philanthropique. Cela fait partie de notre responsabilité sociale, comme associés de Lombard Odier, de contribuer à l’évolution de la philanthropie et de lui conférer une gouvernance et une crédibilité encore plus fortes, renforçant si besoin le rayonnement international de Genève dans le domaine de la philanthropie et du mécénat.» 

La maison Lombard Odier dispose de deux fondations distinctes, à savoir sa fondation d’entreprise, qui porte le nom de la banque, et dont les choix prioritaires sont orientés sur l’éducation et l’humanitaire ainsi que la Fondation Philanthropia, créée en 2007. «Cette dernière est destinée aux donations des clients, le conseil de fondation agit alors comme un trustee dont la responsabilité est de mettre pleinement en œuvre la volonté du donateur, explique Denis Pittet. Cette fondation permet de soutenir tous les domaines classiques de la philanthropie, soit d’une manière générale, soit au travers d’un fonds abrité spécifique voulu par le client.» 

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Philanthropia est une fondation abritante : il s’agit d’une structure unique, pour laquelle les démarches administratives et juridiques ont été effectuées une seule fois lors de sa création. Les différents fonds des clients de la banque peuvent y être hébergés. Il n’existe en Suisse qu’une douzaine de fondations abritantes et ce type de structure compte de nombreuses vertus.

«Les clients ont le choix, explique Denis Pittet, entre soit nous confier de l’argent afin de soutenir les objectifs généraux de la Fondation Philanthropia, soit décider d’un soutien spécifique pour une thématique qui leur est chère. Dans ce cas, nous créons pour eux un fonds abrité, par exemple un prix remis chaque année dans le domaine souhaité par la famille donatrice.» Dans une fondation abritante, il y a potentiellement autant de causes soutenues que de clients, poursuit Denis Pittet : il en résulte ainsi une grande diversité et un certain dynamisme.

De manière générale, les philanthropes peuvent choisir de distribuer des fonds, voire les investir de manière socialement responsable : «A titre d’exemple, on peut par exemple financer un restaurant qui fait du social ou acheter ses murs et lui louer les locaux à un prix modique», évoque l’associé-gérant. Pour un fonds abrité, il faut au minimum un demi-million de francs. Enfin, les fondations abritantes peuvent également héberger des fondations existantes. «On peut aussi utiliser la fondation abritante comme incubateur et créer par la suite une fondation autonome. Les nouveaux philanthropes font ainsi leurs armes au sein d’une structure solide et reconnue», ajoute Denis Pittet. 

En l’espace de dix ans, Philanthropia a créé 21 fonds abrités, reçu plus de 113 millions de francs de donations et a déjà effectué plus de 48 millions de distributions. A la question de savoir si la distribution doit venir uniquement du revenu du capital ou si le capital doit être dépensé, Denis Pittet est un partisan de la seconde option. «Si l’objectif est de faire le bien et avoir de l’impact, alors même qu’il n’y a pas beaucoup de revenus, il faut utiliser le capital. Si ce dernier s’épuise à terme, on aura tout de même agi pour la bonne cause.»

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Il cite en exemple une fondation qui a cessé ses activités après avoir dépensé son capital de 8 milliards de dollars comme le prévoyaient ses statuts. Ce qui est primordial, dit-il, c’est que «la fondation respecte la volonté du client». Dans le cas d’une fondation abritante qui distribue son capital, communiquer autour de ses objectifs devient alors fondamental pour renouveler les donations.

Autre axe important et en plein essor: le cofinancement d’un projet . Lorsqu’on se joint à d’autres fondations pour distribuer de l’argent, par exemple à un institut de recherche en oncologie. «Lorsque des fondations s’allient, la force de frappe et l’impact se démultiplient», conclut Denis Pittet. 

Selon Swiss Foundations, 48 fondations ont été créées à Genève cette année, et 8 ont disparu, ce qui aboutit à 40 créations nettes fin juin. La Suisse compte environ 13  000 fondations.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan.

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