Bilan

Fête des Vignerons: le budget paraît à l’abri d’un orage

Les organisateurs veveysans ont tout prévu, même l’assurance grêle ou terrorisme. Mais, pour le directeur exécutif Frédéric Hohl, il aurait été logique que de l’argent public provienne aussi du canton et de la région.

La petite Julie et le grand-père.

Crédits: Samuel Rubio

«Pourquoi tu pleures quand tu chantes?», questionne la petite Julie au Grand-Père (l’acteur Michel Voïta) qui lui transmet les mystères de la vigne et toute la nostalgie de l’ancêtre face au temps qui passe. Contrairement au Grand-Père, le directeur exécutif de la Fête des Vignerons 2019, le Genevois Frédéric Hohl, ne devrait pas avoir à sortir son mouchoir. 

Après deux représentations générales, l’accueil du public est très positif, même si quelques longueurs sont reprochées à la mise en scène. Quant aux médias, un millier de journalistes sont annoncés, dont la moitié de l’étranger, jusqu’en Chine et en Corée du sud: «On verra dans un mois, mais le budget de 110 millions devrait être respecté. A ce stade, il y a de moins en moins de surprises. Elles surviennent plutôt trois semaines avant l’événement, si l’on a oublié des points du dispositif, par exemple dans la logistique ou la sécurité. Plus il y a de monde, plus peut y avoir de problèmes, comme la gestion des déchets. Tout peut arriver, c’est la rançon du succès», relativise l’homme qui supervise le méga-spectacle.

Le casse-tête des billets

Les bourgeons. (Julie Masson)
Les bourgeons. (Julie Masson)

Le budget dépend aussi du nombre de billets qu’il reste à vendre, mais pas seulement. La billetterie alimente 70% du budget total, 20% provient des partenariats qui vont de 50'000 francs à plus d’un million pour les principaux comme la BCV, la Vaudoise, Swiss, Nestlé ou Tissot. Le «merchandising», rapporte 10%. 

Si le budget de la Fête ne comprend pas de garantie déficit, c’est la Confrérie qui thésaurise, édition après édition, des montants pour couvrir un déficit et jouer la banque: «Ce n’est que la deuxième fête où du sponsoring est mis sur pied. La Confrérie se veut fondamentalement libérale et veut rester maître chez elle. C’est une garantie de liberté qui ne rend pas les choses faciles pour l’organisateur, regrette le directeur exécutif. Personnellement, je ne partage pas tout à fait cet avis. Une prestation comme celle-là devrait pouvoir compter sur un minimum d’argent public: 10 millions de francs dont la moitié au canton et l’autre moitié à la région.»

Restent des billets à vendre, avec ou sans l’aide de Qoqa.ch. Le marché gris existe comme partout et des revendeurs ont fait leur apparition aux abords de l’arène: «J’espère qu’il y en aura pas trop. Nous avons annoncé clairement que l’on mettait en vente 500 billets quotidiens. Les amateurs de dernière minute peuvent venir aux guichets. Il y aura des billets».

Remboursés en cas de pluie ou de grêle

Choristes et percussionnistes. (Céline Michel)
Choristes et percussionnistes. (Céline Michel)

Sans jouer les étourneaux de mauvaise augure, les vignerons savent que l’orage peut éclater à tout moment. En cas d’orage, tout un processus est prévu avec un comité de crise comprenant organisateurs, autorités, Météo Suisse et l’assureur international avec lequel un contrat a été signé, explique Frédéric Hohl. Le risque couvert comprend aussi d’autres évènements comme le terrorisme et la canicule. Si les 90 premières minutes ont été jouées, il n’y aura pas de remboursement. Les gens ont attendu 20 ans pour voir le spectacle, leur but en venant à Vevey n’est pas d‘être remboursés avant tout. Nous allons faire tout notre possible pour qu’ils voient le spectacle. Une petite pluie de 10 minutes ne va pas abîmer les costumes. Hormis les chœurs, les figurants ne sont sur scène que 6 ou 7 minutes. Des pèlerines ont été prévues. Personnellement, je crains davantage la canicule que la petite pluie», ajoute le boss de la Fête.


Trois questions à l’abbé-président François Margot

A quel moment allez-vous pouvoir dire: le pari est rempli?

Le 11 août pas avant; aujourd’hui est une étape importante bien sûr, mais on juge de la qualité d’une saison agricole et viticole que lorsque toute la récolte est rentrée à la grange ou à la cave.

Quel aura été le principal obstacle à surmonter pour l’abbé-président?

Sans être excessivement critique, je pointerais le changement d’état d’esprit des hommes et des femmes de ce temps, qui sont décidément très prompts à être engagés dans un projet mais qui ne cessent par ailleurs, au-delà du collectif, à parler de leurs petites attentes personnelles. Je  parle de manière générale : il y a un engouement pour le projet collectif et en même temps une affirmation de soi qui est étonnante. Elle est évidemment démultipliée par tous les moyens que chacun à sa disposition pour utiliser des porte-voix personnels dans les médias sociaux ou ailleurs. C’est un phénomène intéressant sur le plan sociologique, mais difficile à gérer quand on organise une événement avec autant de monde.

Les réseaux sociaux vous compliquent-ils la tâche? 

C’est une chambre d’échos qui n’existait pas en 1999. Elle permet un peu plus encore à l’égo de chacun de se manifester et parfois de manière antinomique avec le projet collectif général. 


La Fête en chiffres

25: c’est le nombre de jours que dure l'événement

1 million: c’est le nombre de visiteurs attendus à Vevey

5500: le nombre des figurants bénévoles pour 20 représentations

20'000: le nombre de places assises au-dessus d’une structure métalliques pesant 900t

800: la surface en m2 du plancher-écran de LEDs

300'000 à 500'000: le nombre de bouteilles de vin qui devraient être écoulées en 25 jours 

Oliver Grivat

Aucun titre

Lui écrire

Bilan vous recommande sur le même sujet

Les derniers Articles Economie

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."