Bilan

Fed: vers une possible hausse des taux d'intérêt avant la fin de l'année

Janet Yellen a semblé tempérer le sentiment donné la semaine d'avant que les turbulences sur les marchés financiers avaient coupé la Fed dans son élan vers un relèvement des taux en 2015.

Ce serait le premier resserrement du crédit depuis près de dix ans, la dernière hausse des taux à court terme de la Fed remontant à juin 2006.

Crédits: AFP

La présidente de la banque centrale américaine (Fed) Janet Yellen a nettement remis sur la table jeudi la perspective d'une hausse des taux d'intérêt avant la fin de l'année, assurant que les développements économiques à l'étranger ne devraient guère dérouter cette trajectoire.

S'exprimant dans un discours à l'université du Massachusetts après la clôture des marchés, Mme Yellen a semblé tempérer le sentiment donné la semaine d'avant que le ralentissement de l'économie chinoise et les turbulences sur les marchés financiers avaient coupé la Fed dans son élan vers un premier relèvement des taux en 2015.

"La plupart des membres du Comité, dont moi-même, prévoyons pour l'instant que les conditions (...) vont probablement permettre une première hausse des taux sur les fonds fédéraux plus tard cette année, suivie par un rythme graduel de resserrement des taux ensuite", a indiqué Mme Yellen jeudi.

La patronne de la Fed a aussi affirmé que la banque centrale surveillait "les développements à l'étranger" mais ne prévoyait pas "pour l'instant que leur impact sur l'économie des Etats-Unis soit suffisamment important pour avoir un effet significatif sur la trajectoire" de la politique monétaire.

Le Comité de politique monétaire (FOMC) a deux autres occasions cette année de relever les taux d'intérêts, au cours des réunions du 27 et 28 octobre et des 15 et 16 décembre.

Ce serait le premier resserrement du crédit depuis près de dix ans, la dernière hausse des taux à court terme de la Fed remontant à juin 2006. Depuis la crise financière de 2008, ces taux au jour le jour ont été maintenus proches de zéro pour fluidifier le crédit et doper la reprise.

Il y a une semaine jour pour jour, lors de sa conférence de presse à l'issue d'une réunion du Comité monétaire, Mme Yellen avait expliqué que la Fed avait besoin d'"un peu plus de temps" pour apprécier l'impact du ralentissement de l'économie en Chine, de la dévaluation de sa monnaie et des turbulences sur les marchés qui s'en étaient suivies. Le FOMC avait laissé les taux inchangés.

Jeudi, elle a reconnu que "des incertitudes considérables planaient autour des perspectives économiques" et que la Fed serait prête à "ajuster l'orientation de sa politique monétaire (...) s'il y avait des surprises".


Rythme de hausses graduel

Dans ce discours de plus de 20 pages, la responsable a insisté sur le fait qu'après un premier relèvement des taux, le rythme de renchérissement du crédit serait graduel.

"La date précise de la première hausse (...) devrait avoir des conséquences mineures sur les conditions financières et sur l'économie en général", a assuré Mme Yellen.

"Ce qui importe pour l'environnement financier, c'est la façon dont est anticipée par le public et les marchés la trajectoire des taux à court terme dans son ensemble", a-t-elle poursuivi, ajoutant que cette trajectoire reflèterait "un rythme (de hausse) tout-à-fait graduel au cours des prochaines années".

Mme Yellen a relevé que vu le "décalage substantiel" entre les actions de la Fed et leurs effets sur l'économie, le Comité monétaire ne devrait pas retarder trop longtemps son geste initial. "Nous serions alors conduits à resserrer la politique monétaire de façon abrupte", a-t-elle argumenté. "La stratégie la plus prudente est de commencer à resserrer à temps et à un rythme progressif", a-t-elle insisté.

Mme Yellen s'est montrée optimiste sur les perspectives de l'économie des Etats-Unis qui semblent "généralement solides".

Les membres de la Fed ont confiance dans le fait que l'inflation annuelle, actuellement proche de zéro, remonterait vers l'objectif de 2% de la Fed "d'ici deux à trois ans". Elle a réitéré le caractère "passager", selon elle, des bas prix de l'énergie et de l'appréciation du dollar (+15% sur un an) et leur impact sur la faiblesse de l'inflation.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."