Bilan

Faut-il craindre le retour de l’inflation?

Malgré une hausse plus forte que prévue de l’inflation aux Etats-Unis, le renchérissement reste sous contrôle avec des indices des prix à la consommation proches ou inférieurs à 2%.

L'inflation reste faible aux Etats-Unis et sur le continent européen.

Crédits: AFP

Depuis plusieurs jours, les bourses attendaient avec une certaine fébrilité la publication de l’inflation aux Etats-Unis pour le mois de janvier. Le couperet est tombé. Avec une hausse de +0,5% par rapport au mois précédent de l’indice des prix à la consommation, le renchérissement est supérieur aux attentes des analystes financiers. En variation annuelle, il a atteint +2,1% contre +1,9% en décembre dernier et, hors alimentation et énergie, il s'est élevé à +1,8%.

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Le 2 février, l’annonce d’une augmentation de +2,9% du salaire horaire moyen en janvier avait entraîné une hausse des taux d’intérêt sur les marchés obligataires et une correction massive des indices boursiers. Les investisseurs redoutaient donc une hausse plus importante de l’inflation. Les chiffres publiés hier ravivent donc les craintes d’un resserrement plus rapide que prévu de la politique monétaire de la Reserve fédérale américaine. 

Inflation attendue de 0,5% en Suisse en 2018

Or, la peur du retour d’une forte inflation n’est pour l’heure justifiée ni outre-Atlantique ni sur le continent européen (lire notre édition actuellement en kiosque). Dans la zone euro, elle ne s’élève qu’à 1,4%. Les conjoncturistes anticipent pour la Suisse un taux moyen de 0,5% pour cette année et pronostiquent pour la  Grande-Bretagne un recul de 3% vers 2% à l’automne. Selon Sergio Rossi, titulaire de la chaire de macroéconomie et d’économie monétaire à l’Université de Fribourg, «une inflation mesurée à l’aune des prix à la consommation entre 2% et 3% ne doit susciter aucune crainte. C’est simplement un retour à la normale.»

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La situation reste sous contrôle pour plusieurs raisons. Malgré l’amélioration sur le front de l’emploi, les salariés ne sont pas en position de force pour réclamer une hausse de leur rémunération (excepté en Allemagne).«Avec la flexibilisation accrue du marché du travail, avec les créations d’emplois dans les services peu sophistiqués, les coûts salariaux unitaires n’accélèrent absolument pas», constate l’économiste français Patrick Artus.

L'«effet Amazon» maintient les prix bas

De même, face à une concurrence accrue et à l’«effet Amazon», les entreprises parviennent plus difficilement que par le passé à augmenter leurs prix même si leurs coûts progressent (par exemple sous l’influence des matières premières).

Le principal risque réside dans une surchauffe de l’économie américaine liée à la réduction des impôts et au lancement d’un vaste plan de dépenses destinées à renouveler les infrastructures. «Un regain d’inflation n’est pas exclu en 2018. Il pourrait constituer la surprise macroéconomique de l’année», observe la banque Notenstein La Roche.

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Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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