Bilan

Face au reconfinement, Londres dope son soutien à l'économie britannique

Les autorités britanniques ont dévoilé jeudi de nouvelles aides massives pour soutenir l'économie britannique, durement ébranlée par la pandémie de Covid-19 et qui devrait être encore plus fragilisée par le nouveau confinement qui démarre jeudi en Angleterre.

Le gouvernement Johnson est critiqué par nombre d'entreprises et l'opposition travailliste pour avoir décidé de reconfiner l'économie trop tard.

Crédits: AFP

Faisant part d'une priorité donnée au soutien à l'emploi, le ministre britannique des Finances Rishi Sunak a étendu jusqu'en mars le système de chômage partiel, qui devait initialement s'achever fin octobre et venait d'être prolongé pour un mois.

"Vu l'incertitude économique importante, le contexte économique qui se détériore, et le besoin de donner aux gens et aux entreprises plus de sécurité cet hiver, je pense qu'il faut aller plus loin" que les aides déjà annoncées, qui totalisaient 200 milliards de livres depuis mars, a-t-il ajouté devant le Parlement.

Le gouvernement du conservateur Boris Johnson va donc continuer pendant cinq mois à prendre en charge à hauteur de 80% et jusqu'à 2.500 livres mensuelles les salaires des employés d'entreprises forcées de fermer jusqu'au 2 décembre au moins.

"Les employeurs devront juste (...) payer les cotisations sociales patronales", a précisé M. Sunak, relevant que les travailleurs indépendants bénéficieraient d'aides similaires.

Le Chancelier a toutefois indiqué que le gouvernement du conservateur Boris Johnson allait "revoir en janvier cette politique pour décider si les circonstances économiques s'améliorent suffisamment pour demander aux employeurs de contribuer plus", comme cela avait été fait entre août et octobre.

Downing Street tablait alors encore sur une amélioration de l'économie suffisante pour retirer ces aides après le choc du premier confinement, qui a eu lieu à partir du 23 mars et a plongé le pays dans une récession historique.

Le gouvernement Johnson est critiqué par nombre d'entreprises et l'opposition travailliste pour avoir décidé de reconfiner l'économie trop tard, alors que certains conseillers scientifiques appelaient depuis des semaines à un confinement restreint à deux semaines pour "court-circuiter" le virus.

A cause des nouvelles mesures de confinement à travers tout le pays, la Banque d'Angleterre a annoncé jeudi qu'elle abaissait ses prévisions économiques: elle table désormais sur une contraction de 11% du produit intérieur brut cette année, au lieu d'une chute de 9,5% dans ses précédentes prévisions, et sur un rebond de 2021 à 7,25%, contre 9% initialement.

Face à ce paysage qui s'assombrit, l'institut monétaire a annoncé jeudi mettre 150 milliards de livres sterling de plus sur la table, pour un montant total de rachats d'actifs de 895 milliards de livres.

Double choc


La BoE a expliqué que "les perspectives économiques sont particulièrement troubles" face au double choc de la pandémie et du Brexit.

Dans ses prévisions, elle table sur un accord de libre-échange entre l'UE et le Royaume-Uni dès la fin de la période de transition post-Brexit le 1er janvier.

Mais les négociations, qui se poursuivent depuis plusieurs mois, n'ont pas permis de se rapprocher d'un accord, renforçant la menace d'un "no deal" aux conséquences potentiellement dévastatrices.

En outre, la modélisation de l'institut monétaire prend en compte un confinement d'un mois seulement, comme l'a promis Boris Johnson, même si beaucoup craignent sa prolongation, vu l'expérience du confinement au printemps. La BoE prévient donc que ses projections économiques pourraient encore se détériorer.

Pour y faire face, outre le programme de rachats d'actif, la BoE pourrait décider de baisser son taux d'intérêt, fixé à un plancher historique, 0,1%.

L'idée d'un taux négatif a été évoquée lors de la dernière réunion en septembre, mais l'institution et surtout son gouverneur se montrent prudents face à cet outil monétaire non orthodoxe.

En fixant un taux directeur négatif, les banques centrales font payer les banques pour leurs dépôts, afin d'encourager les prêts aux entreprises et particuliers et de stimuler l'inflation.

Selon le Bureau national des statistiques (ONS), l'inflation au Royaume-Uni a atteint 0,5% en septembre sur un an, alors qu'elle évoluait autour de 2% en 2019 et début 2020.

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