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Etre président ne garantit pas à Trump d'être réélu mais peut l'aider

Etre président sortant constitue-t-il un avantage aux Etats-Unis? Sur les 45 présidents de l'histoire américaine, seuls 15 ont effectués deux mandats entiers.

Donald Trump, dont la campagne 2016 semblait parfois improvisée, dispose de stratèges aguerris et d'un trésor de guerre de 40 millions de dollars.

Crédits: Aaron Bernstein/Reuters

Donald Trump lance mardi sa campagne de réélection, bien décidé à faire comme ses trois prédécesseurs tous reconduits à la Maison Blanche après un premier mandat.

Mais être président sortant constitue-t-il un avantage aux Etats-Unis?

Les précédents

Sur les 45 présidents de l'histoire américaine, seuls 15 ont effectués deux mandats entiers. Mais l'histoire récente est plus favorable aux sortants. Depuis Franklin Roosevelt --victorieux quatre fois dans les urnes de 1932 à 1944-- seuls trois présidents ont échoué à obtenir dans les urnes un second mandat: le républicain Gerald Ford en 1976, le démocrate Jimmy Carter en 1980 et le républicain George H.W. Bush en 1992.

Le démocrate Lyndon Johnson avait quant à lui renoncé à se représenter en 1968. Et, depuis 1992, Bill Clinton, George Bush fils et Barack Obama ont tous passé huit ans aux commandes de la première puissance mondiale.

Les pour et les contre

Les présidents en exercice bénéficient d'abord d'une notoriété et d'une visibilité incomparables. L'exercice du pouvoir les place en permanence sous les projecteurs.

Ils ont aussi l'expérience d'une campagne victorieuse et peuvent s'appuyer sur les structures mises en place quatre ans plus tôt en terme de militants ou de levée de fonds.

Donald Trump, dont la campagne 2016 semblait parfois improvisée, dispose ainsi de stratèges aguerris et d'un trésor de guerre de 40 millions de dollars. 

En revanche, si les électeurs sont insatisfaits de leur bilan ou de celui de leur parti, les présidents sortants sont immédiatement pénalisés. George Bush père et Jimmy Carter ont ainsi été fragilisés par un ralentissement de l'économie, Lyndon Johnson a payé l'impopularité de la guerre au Vietnam et Gerald Ford a souffert de se décision de gracier Richard Nixon après le scandale du Watergate.

L'attention médiatique peut également se retourner contre le président sortant. Les mensonges de Donald Trump sont ainsi régulièrement épinglés par la presse, qui multiplie aussi les enquêtes sur ses proches ou ses finances. Dans les sondages au niveau national, son impopularité atteint 53%.

Les leçons du passé

Les trois présidents qui ont échoué à se faire réélire avaient un point commun: ils ont tous été confrontés à des concurrents au sein de leur parti ou sur ses marges.

En 1976, le Californien Ronald Reagan avait tenté d'être investi par le parti républicain contre Gerald Ford et avait bien failli emporter la mise.

En 1980, Ted Kennedy avait mené un combat acharné contre Jimmy Carter. Dans son discours de défaite à la Convention démocrate, il n'avait pas soutenu la candidature du président sortant.

Quant à George Bush père, il avait vu le très conservateur Pat Buchanan tenter de lui ravir l'investiture républicaine. Une fois ce rival écarté, il avait encore souffert de la présence du milliardaire indépendant Ross Perot qui avait raflé près de 20% des suffrages et rogné sur son électorat.

A l'inverse, Donald Trump souffre d'une grande popularité en interne avec environ 90% d'opinions favorables chez les républicains. 

Seul un ancien gouverneur modéré Bill Weld a évoqué l'idée de se lancer dans la course aux primaires républicaines, mais le parti a déjà apporter son "soutien sans réserve" au 45e locataire de la Maison Blanche. 

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