Bilan

En Suisse, l'hôtellerie de luxe attend un nouveau départ

Après la crise qui a particulièrement touché la Suisse alémanique, l'hôtellerie de luxe va connaître des changements après quelques années difficiles.

L'hôtel Dolder à Zurich a aussi connu une période difficile. Pourtant idéalement placé sur les berges au bord du lac de Zurich, cet hôtel de luxe s'est retrouvé dans les chiffres rouges avec une perte de 15,5 millions de francs.

Crédits: Keystone

L'hôtellerie de luxe suisse va connaître des changements après quelques années difficiles. La crise a particulièrement touché la Suisse alémanique. La Suisse romande a su gérer cette période différemment.

L'hôtellerie de luxe a besoin d'un souffle nouveau. Les grandes maisons doivent être encore plus actives au niveau du marketing. Les nouveaux arrivants comme le Davos Luxe Intercontinental hôtel ont besoin d'investisseurs, lesquels pourront financer au moins la phase initiale, soit les deux à quatre premières années.

L'Intercontinental a déposé son bilan lundi. Un peu plus de cinq mois après l'ouverture de l'établissement, la société d'exploitation est déjà à court d'argent. L'hôtel de luxe a ouvert ses portes le 19 décembre 2013, après trois ans de travaux de construction.

En Suisse romande, "les établissements ont géré différemment la crise", a expliqué Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme. "Le cumul des nuitées en Romandie est meilleur que celui en Suisse alémanique. En fait, l'évolution est très différente selon les régions", a-t-elle dit à l'ats.

L'évolution des nuitées cumulées des hôtels romands cinq étoiles et plus a évolué positivement de 4,7% entre 2009 et 2013. Le canton de Vaud affiche le meilleur taux en Suisse romande avec +27,2%, suivi du Valais (qui comporte la partie germanophone) +9,1%, Genève -4,1%, Jura et les Trois-Lacs -8,2% et Fribourg -11,9% sur la même période.

Les cantons alémaniques affichent en moyenne une évolution des nuitées en dessous des cantons romands, selon l'Office fédéral de la statistique (OFS). Lucerne bat le record avec un taux de +66,6%, suivi de Berne +51,8%, Bâle +4,2%, la Suisse orientale +2,8%, le Tessin -0,2%, l'Oberland bernois -2,9%, les Grisons -13,2% et Zurich -66,2%.

UN MARCHÉ INTÉRESSANT

"La Suisse est un marché intéressant pour l'industrie des hôtels de luxe", a déclaré Stefan Mathys, porte-parole de l'association Swiss Deluxe Hotels. Les demandes et les besoins des hôtes varient en fonction de la région dans laquelle se trouve un hôtel. En général, l'industrie des hôtels de luxe a moins souffert ces deux ou trois dernières années que les catégories inférieures d'hôtels.

En 2013, les 38 hôtels de luxe ont obtenu un chiffre d'affaires consolidé de 1,41 milliard de francs. Pour Stefan Mathys, "la marche des affaires va désormais récupérer et stagner. De nombreux hôteliers de Swiss Deluxe Hotels perçoivent l'avenir avec optimisme."

Cependant, le cours des affaires continue d'influer sur les taux de change défavorables contre l'euro et le dollar américain. Les hôteliers devront toujours donner plus, en raison de l'augmentation des coûts et des investissements nécessaires dans l'infrastructure.

MUTATION

Après plusieurs années de crise, la branche se trouve actuellement en mutation et sur un nouveau départ. Les cartes vont en effet être redistribuées.

Les hôtels cinq étoiles suisses ont clôturé leurs résultats dans les chiffres rouges. Le Victoria-Jungfrau Collection (VJC), qui possède des cinq étoiles tels que le Victoria-Jungfrau, à Interlaken, le Bellevue Palace, à Berne, le Palace, à Lucerne, et le Eden au Lac, à Zurich, a essuyé une perte de 2,8 millions de francs. Le coefficient d'occupation a pourtant augmenté de 49% à 51%.

L'hôtel Dolder à Zurich a aussi connu une période difficile. Pourtant idéalement placé sur les berges au bord du lac de Zurich, cet hôtel de luxe s'est retrouvé dans les chiffres rouges avec une perte de 15,5 millions de francs.

OPTIMISME

Jan Brucker, président de l'association Swiss Deluxe Hotels et directeur de l'hôtel zurichois Widder, a récemment fait remarquer que l'industrie est optimiste et voit le bout du tunnel, après plusieurs années de crise. La stagnation des dernières années a été jugée comme un signal. Même les Chinois ont tendance à séjourner dans des hôtels plus chers.

"Pour un hôtel de luxe, il faut une masse critique de 120 à 150 millions de francs de chiffre d'affaires pour générer un rendement raisonnable", a déclaré Christian Seiler, président d'Aevis. Toutefois, l'association Swiss Deluxe Hotels ne veut pas faire de généralité. Pour elle, la branche est organisée de façon hétérogène.

De nouvelles ouvertures montrent un nouvel optimisme. Les hôtels Château Gütsch ou le Chedi à Andermatt en sont deux exemples. Le Château Gütsch de Lucerne, qui avait été construit en 1888 dans le style d'un réel château de conte de fées, avait dû fermer ses portes en 2003. Il a rouvert à fin mai.

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