Bilan

En Chine, une loi sur le marché du travail entrave les transformations

Des dispositions du droit du travail chinois tendent à restreindre les opportunités d'emplois, et entravent l'adaptation de la main d’œuvre aux bouleversements économiques du pays.

Une loi de 2007 qui encadre de façon plus restrictive les licenciements d'employés, a fini par s'avérer contreproductive en limitant les recrutements sous contrat.

Crédits: Reuters

Des dispositions du droit du travail chinois tendent à restreindre les opportunités d'emplois, et entravent l'adaptation de la main d’œuvre aux bouleversements économiques du pays, a indiqué lundi le ministre des Finances Lou Jiwei.

A l'heure où Pékin vante ses efforts de rééquilibrage économique vers les services, la consommation intérieure et les nouvelles technologies, au détriment de l'industrie lourde et des exportations, le marché du travail peine à suivre le mouvement.

Or, une loi de 2007 sur "les contrats de travail", qui encadre de façon plus restrictive les licenciements d'employés, a fini par s'avérer contreproductive en limitant les recrutements sous contrat, a averti le ministre des Finances.

"Le but originel était de protéger les travailleurs, mais au bout du compte cela porte préjudice à une partie des travailleurs et contribue à une forte hausse des salaires", a souligné Lou Jiwei, à l'occasion de la session annuelle du Parlement chinois.

"Ces dernières années, la hausse des salaires a dépassé les gains de productivité, ce n'est pas durable", a-t-il averti, notant que la loi ne convient pas aux entreprises exportatrices dépendantes des commandes reçues.

Du coup, "les opportunités d'embauches pour les ouvriers moins qualifiés diminuent", tandis que le renchérissement du coût du travail "encourage des entreprises à se tourner vers d'autres pays", s'est désolé M. Lou.

Par ailleurs, "si on manque cruellement de techniciens de niveaux moyen et supérieur, ce n'est pas sans rapport avec cette loi", a-t-il insisté, notant que "rien n'encourage (les entreprises) à relever le niveau de leur main d’œuvre".

Une réforme du droit du travail ne dépendrait toutefois pas de son ministère, a insisté Lou.

Le gouvernement affirme sa détermination à réduire les colossales surcapacités industrielles dans la deuxième économie mondiale, où des entreprises publiques géantes, aux effectifs souvent surabondants mais peu productives, dominent des secteurs entiers.

Pékin entend combattre les entreprises "zombies" dans le secteur minier et sidérurgique, qui ne survivent plus que grâce aux subsides publiques.

Des transformations douloureuses: environ 1,3 million d'emplois liés au charbon devraient disparaître et 500.000 dans le secteur de l'acier, a estimé le ministère des Ressources humaines.

Pour amoindrir l'impact des suppressions d'emplois, le Premier ministre Li Keqiang a annoncé samedi la création d'un fonds de subventions de 100 milliards de yuans (14 milliards d'euros) pour les deux prochaines années, destiné à aider le reclassement des ouvriers.

Les réformes structurelles "exigeront beaucoup de détermination" des autorités centrales, et il faudra "serrer les dents", a observé M. Lou, avant de balayer les inquiétudes sur la rapide montée de l'endettement public.

"Le niveau d'endettement du gouvernement central est d'environ 40% (du PIB), c'est relativement bas (...) et nous entendons utiliser notre marge d'endettement (supplémentaire) pour soutenir les réformes", a-t-il lancé.

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