Bilan

En cas d'accord avec la Grèce, le Bundestag pourrait voter deux fois

La chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, devra se prononcer deux fois sur un possible accord entre la Grèce et ses créanciers.

Le Bundestag est théoriquement en vacances depuis le 3 juillet mais les 631 élus ont été invités à ne pas s'éloigner trop de la capitale, et peuvent être convoqués à court terme en séance extraordinaire.

Crédits: AFP

La chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, devra se prononcer deux fois sur un possible accord entre la Grèce et ses créanciers, et les deux votes pourraient intervenir dès la semaine prochaine, selon des sources parlementaires vendredi.

Le scénario qui circule à Berlin verrait un premier vote mercredi 15 juillet, qui mandaterait le gouvernement pour négocier. Un second vote sur un accord finalisé pourrait intervenir dès vendredi 17, selon ces sources.

Un tel déroulé permettrait un déblocage des fonds pour Athènes avant le 20 juillet, date à laquelle la Grèce doit effectuer un gros remboursement à la BCE, impossible à honorer sans renflouement de ses partenaires.

Des tractations au plus haut niveau - des ministres des Finances de la zone euro samedi puis des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne dimanche - doivent permettre de trouver un accord politique ce week-end sur un nouveau plan d'aide à la Grèce, le troisième depuis 2010, en échange d'engagements de réformes.

Le gouvernement allemand ne pourrait toutefois se lancer dans des négociations sur les modalités et les volumes exacts de l'aide que muni d'un mandat des députés, dont la justice allemande a considérablement renforcé ces dernières années les prérogatives, sur fond de sauvetage répété de plusieurs partenaires européens.

Le Bundestag est théoriquement en vacances depuis le 3 juillet mais les 631 élus ont été invités à ne pas s'éloigner trop de la capitale, et peuvent être convoqués à court terme en séance extraordinaire.

Tenir celle-ci en milieu de semaine permettrait au parlement grec de mettre sur les rails d'ici là certaines des réformes promises aux créanciers, faisait-on valoir à Berlin.

"Il serait bien que de premiers pas soient faits en direction de l'adoption de lois", a entre autres déclaré vendredi le porte-parole du ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Cela serait un gage de sérieux et pourrait donner un coup de pouce à un "oui" des élus allemands, chez lesquels la grogne contre l'aide à la Grèce a enflé ces dernières semaines, notamment dans le camp conservateur (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel.

Arithmétiquement, l'issue des deux scrutins ne fait aucun doute, la "grande coalition" conservateurs/sociaux-démocrates que dirige Mme Merkel disposant de 504 des 631 sièges. L'opposition, à savoir les Verts et, avec un peu plus d'états d'âme le parti d'extrême-gauche Die Linke, se rangeront aussi derrière une aide à la Grèce.

Politiquement les choses sont un peu plus compliquées. Une trentaine de conservateurs avaient voté "non" en février dernier, et une centaine d'autres avaient indiqué qu'ils n'iraient pas plus loin.

Si les refus avoisinaient la moitié des 311 élus CDU/CSU, ce serait un désaveu politique pour la chancelière. Jusqu'à présent ses conservateurs ont toutefois souvent tempêté mais toujours fini par la suivre.

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