Bilan

En attendant un vaccin Covid-19, les labos US soutenus par leurs blockbusters

La pandémie a encore affecté au troisième trimestre les ventes des médicaments des laboratoires américains Pfizer et Merck qui, en attendant la distribution à grande échelle d'un vaccin, ont été sauvés par la bonne tenue de leurs "blockbusters".

Le laboratoire Pfizer estime que la pandémie a eu un impact total de l'ordre de 500 millions de dollars sur ses ventes entre juillet et septembre.

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Par précaution face au virus, les patients vont un peu moins chez le médecin et les visiteurs médicaux n'ont plus aussi facilement accès aux soignants pour promouvoir les nouveautés.

Pour Pfizer, le Covid-19 a aussi perturbé la demande pour certains produits en Chine.

Le laboratoire estime que la pandémie a eu un impact total de l'ordre de 500 millions de dollars sur ses ventes entre juillet et septembre.

Son chiffre d'affaires global a, en conséquence, reculé de 4%, à 12,1 milliards de dollars, et son bénéfice net a chuté de 71%, à 2,2 milliards de dollars.

Merck pour sa part a vu les ventes de son vaccin Gardasil -- indiqué chez les adolescentes pour la prévention du cancer du col de l'utérus --, reculer à la rentrée et évalue l'impact du Covid-19 à environ 475 millions de dollars au troisième trimestre.

Son chiffre d'affaires n'a progressé que de 1% sur la période, à 12,6 milliards de dollars.

Les laboratoires ont toutefois pu se reposer sur leurs "blockbusters", médicaments dont les ventes annuelles dépassent le milliard de dollars.

Chez Merck, les ventes du Keytruda, qui représente plus d'un quart du chiffre d'affaires, ont bondi de 21%.

Celles des produits dédiées à la santé des animaux ont progressé de 9%.

Le bénéfice net de la société s'est envolé de 55%, à 2,9 milliards de dollars.

Pour se maintenir à flot, Pfizer a par exemple pu compter sur les bons résultats de ses médicaments phares Eliquis (+9%), un anticoagulant, et Ibrance, utilisé dans le traitement contre le cancer du sein, (+6%).

Pfizer élargit son essai


Les groupes continuent à travailler, à divers stades, sur le développement de vaccins ou traitements contre le Covid-19 pour rétablir au plus vite la situation, et profiter éventuellement de ventes supplémentaires

Pfizer a déjà indiqué vouloir demander une autorisation d'urgence pour son vaccin contre le nouveau coronavirus, développé en partenariat avec la société allemande BioNTech, auprès des autorités américaines lors de la troisième semaine de novembre.

Le groupe a précisé mardi avoir recruté plus de 42.000 participants pour son essai clinique, 36.000 d'entre eux ayant déjà reçu une deuxième dose au 26 octobre.

Il veut au total tester le vaccin sur 44.000 personnes, soit plus que les 30.000 participants initialement anticipés.

Cette expansion doit permettre à la société d'accroître la diversité des populations testées, notamment en y incluant des mineurs et des patients atteints de maladies chroniques comme le VIH ou l'hépatite C.

Le produit est bien toléré avec une fièvre légère à modérée chez moins de 20% des personnes à qui il a été administré, a souligné Pfizer.

Le groupe est, avec Moderna, en pole position pour obtenir un feu vert de l'agence américaine en charge des médicaments, la FDA.

Astrazeneca, en partenariat avec l'université britannique d'Oxford, ainsi que Johnson & Johnson, ont aussi engagé des essais de phase 3 aux Etats-Unis.

Merck en est à un stade moins avancé.

Il vient ainsi seulement de débuter un essai clinique de phase 1 pour un vaccin reposant sur une technologie utilisée habituellement pour la rougeole et prévoit de débuter "bientôt" un essai clinique pour un autre vaccin reposant sur la technologie déjà approuvée pour la lutte contre Ebola.

Le laboratoire a aussi lancé une étape un peu plus avancée, de phase 2/3, pour l'utilisation du médicament antiviral Molnupiravir en collaboration avec Ridgeback Bio dans le traitement des patients.

Autre groupe américain travaillant sur le sujet, Eli Lilly a de son côté annoncé lundi soir l'arrêt de son essai sur un traitement expérimental aux anticorps contre le Covid-19 chez des malades hospitalisés, déjà suspendu depuis mi-octobre. Les résultats n'étaient pas assez concluants.

Le groupe, qui a dévoilé mardi des résultats trimestriels mitigés, estime toutefois que le produit, le bamlanivimab, peut être efficace à d'autres stades de la maladie et d'autres essais sont en cours.

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