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Élections fédérales: deux jeunes candidats, Verte et PLR, face aux défis écologiques

Ils sont tous les deux candidats aux élections fédérales d’octobre: Mathilde Marendaz, 22 ans, pour les jeunes Vert-e-s vaudois-e-s à Yverdon-les-Bains et Luc-Olivier Stramke, 23 ans, pour les jeunes libéraux radicaux vaudois, à Vallorbe.

Mathilde Marendaz (Les Verts) et Luc-Olivier Stramke (PLR) ont acepté de débattre sur le thème des politiques en matière d'environnement.

Crédits: DR

Comment ces jeunes gens très engagés politiquement voient-ils le monde et la Suisse confrontés au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité? Quelles solutions proposent-ils? Nous les avons rencontrés à Yverdon-les-Bains.

La collapsologie

Adhérez-vous à la thèse des collapsologues qui prévoient l’effondrement d’ici 2050 du monde tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec des services de base de la société qui ne fonctionneraient plus du tout?

Mathilde Marendaz: La collapsologie, qui est le thème du festival AlertnatYv que nous avons organisé les 14 et 15 septembre, est crédible. Le système économique capitaliste fondé sur un monde doté de ressources illimitées est illusoire. Nous avons déjà dépassé quatre des neuf limites planétaires établies par le monde scientifique. En Suisse, nous consommons trois planètes par année. Il y a 50 ans, les énergies fossiles responsables du réchauffement climatique alimentaient 85% de notre système énergétique. C’est toujours le cas aujourd’hui et rien ne bouge vraiment. Continuer à ce rythme est impossible. Les effondrements sont déjà visibles: une espèce sur cinq est menacée d’extinction, plus de 60% des animaux sauvages vertébrés ont disparu en 40 ans, le phytoplancton qui absorbe 100 millions de tonnes de CO2 et produit la moitié de l’oxygène sur Terre se meurt, les forêts tropicales brûlent.

Luc-Olivier Stramke: A l’exception de l’UDC, tous les partis en Suisse reconnaissent qu’il y a un réchauffement climatique et une extinction de la biodiversité. C’est incontestable. Mais une fois ce constat établi, que faire? Je me démarque fortement des collapsologues qui fondent leur mouvement sur un constat scientifique mais aussi sur une bonne part d’intuition. Faire des prédictions sur un effondrement possible de la société, cela relève de la prophétie et je n’y accorde pas beaucoup de crédit.

Donc vous ne remettez pas en cause notre système économique et social ?

L-O.S: La réponse aux défis environnementaux est dans le système. Je crois à la capacité de l’être humain à agir sur son environnement. Cela dit, nous devons trouver un rapport plus harmonieux avec la nature. Notre système a connu certaines dérives que nous devons corriger. Mais si j’étais convaincu d’un effondrement inéluctable de notre société, je ne me serais pas engagé en politique pour pouvoir agir dans la bonne direction.

M.M: Certes, l’être humain peut agir, peut se remettre en question. Mais il n’empêche que vouloir séparer la prospérité économique de la consommation des ressources et de l’énergie, autrement dit penser que l’on peut réussir à croître sans augmenter les atteintes à l’environnement, ce découplage n’est pas réaliste.

La question agricole

Que faut-il donc changer dans le fonctionnement de notre système économique ?

M.M: Commençons par relocaliser la production au lieu de favoriser une production globale plus fragile et moins résiliente. Nous devrions ensuite davantage favoriser les initiatives par des subventions plus ciblées. Dans le domaine agricole, par exemple, la Confédération subventionne beaucoup trop la production de viande.

L-O.S: Mathilde a parlé de subventions qui sont financées par les impôts, eux-mêmes financés par des revenus. Cela nécessite une économie qui fonctionne. Dans cette optique, en finir avec le système capitaliste ne serait pas vraiment judicieux. Concernant l’agriculture, je suis d’accord sur le fait d’encourager le plus possible l’approvisionnement local. Mais la Suisse doit importer 45% de ses biens alimentaires. C’est une réalité incontournable. Par ailleurs, comme le bio promu par les Verts implique une perte de productivité d’environ 30%, allons-nous devenir encore plus dépendants de l’étranger ou bien devoir pratiquer une politique de rationnement?

M.M: L’agriculture conventionnelle a considérablement détruit l’humus des sols et porté de graves atteintes à la biodiversité. Continuer à employer pesticides et fongicides, c’est ne pas offrir un monde viable à nos enfants. Certes, pour les paysans, les premières années de conversion à une agriculture biologique sont difficiles, mais à terme les rendements s’améliorent. Rendre l’agriculture biologique attractive, encourager la formation et les subventions, cela devrait être une priorité,

L-O.S: Les rendements de l’agriculture biologique, qui dépendent notamment de la météo et d’autres facteurs externes, sont sensiblement plus variables que ceux de l’agriculture conventionnelle. Par ailleurs, ses coûts de production sont doublés, notamment en raison du recours à une main d’œuvre plus abondante. Mais, conscient d’être une exception au sein de mon parti, je pense qu’il faut accepter une légère baisse de la productivité pour favoriser des modèles plus écologiques. Le système de subventionnement actuel de l’agriculture est quelque peu dépassé. Sans exclure les agriculteurs conventionnels, il faudrait vraiment encourager la reconversion à une agriculture biologique ou biodynamique par une réorientation des subventions et des paiements directs plus incitatifs. Tout en acceptant une augmentation provisoire des importations étrangères pour compenser une réduction de la production indigène.

M.M: Cette prise de conscience d’autres partis que les Verts est bienvenue, mais elle vient 50 ans plus tard et les solutions proposées ne sont à mon avis pas à la hauteur des enjeux.

Il y a urgence à prohiber l’utilisation des pesticides de synthèse et des perturbateurs endocriniens, à encourager l’agroécologie, la permaculture et l’agriculture biodynamique qui protègent durablement les sols.

L'accord de libre-échange avec le Mercosur

La Suisse devait-elle, par l’intermédiaire de l’AELE, conclure un accord de libre-échange avec le Mercosur, le marché commun sud-américain?

L-O.S: Comme je l’ai déjà dit, la Suisse doit importer 45% de ses denrées alimentaires. Cet accord s’inscrit dans sa politique d’importation et aussi dans sa politique d’exportation qui consiste à s’ouvrir à un marché de 3,6 milliards de francs. Les détails sociaux et écologiques de l’accord n’étant pas connus, on peut difficilement refuser ce dernier sans en avoir pris connaissance. La signature n’est qu’une première étape avant un examen par le parlement et la procédure de ratification.

M.M: Les gigantesques incendies en Amazonie sont la conséquence des sécheresses provoquées par le réchauffement climatique mais pas seulement. La déforestation a quadruplé sous la présidence brésilienne de Bolsonaro. Elle vise à étendre l’agriculture intensive destinée à alimenter le commerce international, comme le soja qui sert de nourriture à notre propre bétail. Dans ce contexte, plutôt que de se taire, la Suisse aurait pu lancer un message fort en ne signant pas cet accord. Les Verts ne sont bien sûr pas opposés au commerce international en soi mais demandent que ce dernier soit équitable et qu’il respecte l’environnement et le bien-être animal.

La Suisse devrait-elle renoncer à importer des denrées alimentaires issues de la déforestation?

L-O.S: Ce n’est pas à la Suisse d’interdire l’importation de tels produits mais aux pays exportateurs de se mettre au diapason de la communauté internationale. Les accords de libre-échange permettent précisément à la Suisse d’y intégrer des clauses favorables à une production plus écologique et plus sociale. Mais le levier d’action se trouve principalement dans la politique interne des pays exportant leurs biens agricoles. Quant à la déforestation amazonienne, Mercosur ou non, elle aurait lieu malgré tout.

M.M: Je rappelle que la droite bourgeoise a massivement fait campagne contre l’initiative Fair Food pour des aliments équitables. Cette initiative stipulait que la Confédération renforce l’offre de denrées alimentaires sûres, de bonne qualité et produites dans le respect de l’environnement, des ressources et des animaux, ainsi que dans des conditions de travail équitables.

L-O.S: C’est le peuple qui a massivement rejeté cette initiative!

M.M: Oui mais c’est bien la droite bourgeoise qui l’a fortement combattue. Par ailleurs, Jair Bolsonaro ne pourrait pas faire grand-chose sans le soutien, par différents pays, de sa politique de production intensive.

L-O.S: L’AELE dans son ensemble souhaite un accord qui soit socialement et écologiquement responsable. Je le souhaite aussi ardemment. Voilà le message envoyé au Mercosur.

Changer notre mode de consommation en mangeant moins de viande, ne serait-ce pas aussi une manière de limiter les importations de denrées fourragères?

L-O.S : Les faits nous montrent en effet que l’exploitation intensive de bétail est une source majeure de production de gaz à effet de serre. Mais où mettre le curseur dans cette volonté de limiter la consommation de viande? Cela passe par la sensibilisation des consommateurs, en les encourageant à préférer de la viande produite localement et dans des conditions acceptables. Mais interdire de manière radicale la consommation de viande, ce n’est pas une solution. Le consommateur doit rester libre et responsable de ses choix.

M.M: Il y a en effet la nécessité de sensibiliser le consommateur, mais il faut également des interdictions, comme celle de l’importation de soja brésilien pour nourrir notre bétail.

L'objectif climatique du Conseil fédéral

Le nouvel objectif climatique du Conseil fédéral pour 2050 est-il à vos yeux satisfaisant?

L-O.S: Globalement, oui. Mais il manque encore en Suisse une forte implication des entreprises et du secteur privé dans les transformations de notre société qui doit produire moins de CO2 et aussi en capter davantage. Il faut inciter le secteur privé à rénover les bâtiments. Le patrimoine bâti ne se rénove qu’à hauteur de 1% par an, ce qui est beaucoup trop faible. Par le biais d’incitations fiscales, il est indispensable d’encourager la rénovation des bâtiments, avec des chaudières moins énergivores. La déduction fiscale des investissements dans la recherche et le développement à hauteur de 120% à 150% me semble par exemple un excellent instrument.

M.M: Avec son caractère purement incitatif et non contraignant, l’objectif climatique du Conseil fédéral est clairement insuffisant. Selon le GIEC, limiter le réchauffement à 1,5 degré en regard des années 1990 aurait des conséquences sensiblement moins négatives qu’à 2 degrés. Nous devons donc tout faire pour nous limiter à 1,5 degré. Dans l’accord de Paris sur le climat est mentionné le principe d’équité: les pays moins prospères peuvent disposer de plus de temps pour réduire leurs propres émissions que les pays les plus riches. Comme pays très prospère, la Suisse devrait s’engager plus fortement en fixant un objectif de neutralité carbone en 2030, à l’image de la Norvège. Ce serait légitime car ce sont les pays riches qui ont le plus contribué à alourdir l’empreinte carbone de la planète. Nous devrions réduire de 13% par année nos émissions de 2020 à 2024 puis d’au moins 8% jusqu’à 2030.

De quelle manière?

MM: En instaurant une taxe CO2 sur les produits importés et le carburant, en développant l’accès à la mobilité douce et en agissant sur l’assainissement des bâtiments, en taxant les multinationales.

L-O.S: J’aborde quant à moi l’écologie sous un angle utilitariste. La méthode de la carotte et du bâton me semble la meilleure. On a besoin à la fois de fortes incitations pour encourager les innovations et de prescriptions comme les valeurs limite ou les taxes pour sanctionner les mauvais élèves.

Et l’objectif de neutralité carbone en 2030 au lieu de 2050?

L-O.S: J’ai un peu de peine avec le discours auto-flagellant qui consiste à dire que nous devons en faire plus parce que nous portons une responsabilité plus lourde dans les émissions de gaz à effet de serre.

M.M: Pourquoi ?

L-O.S: Parce que ce qui compte c’est ce que l’on fait maintenant. Certes, la Suisse a davantage de moyens que bien d’autres pays. Pour financer des technologies plus propres, un patrimoine bâti et une mobilité plus respectueux de l’environnement, la prospérité est nécessaire. Or l’objectif d’une neutralité carbone en 2030 nous coûterait trop cher et pourrait casser le système économique. Les objectifs, c’est bien. Encore faut-il avoir les moyens de les financer.

La mobilité en question

Les émissions de CO2 imputables aux transports, sans le trafic aérien, correspondent à 39% des émissions de CO2 en Suisse. Concernant la mobilité, quelles mesures préconisez-vous ?

L-O.S: On peut agir sur le prix des carburants, mais ce levier a ses limites. En Suisse, les taxes représentent déjà 52% du prix de l’essence, ce qui est relativement élevé. Agir sur ces dernières n’a donc pas vraiment d’effets sur la mobilité.

Si selon vous les taxes ne sont pas efficaces pour réduire la mobilité motorisée, comment agir?

L-O.S: Il faut encourager la mobilité électrique ainsi que la propulsion par hydrogène. Le privé doit investir dans ce type de mobilité. A l’image du projet de station à hydrogène en Suisse qui est exclusivement porté par Coop et six autres entreprises. Je suis favorable à une multi-modalité dans les moyens de transport, ce qui est particulièrement important pour les régions périphériques qui ne bénéficient pas toujours d’un réseau de transports publics aussi dense que celui des villes.

M.M: L’une des mesures à prendre serait une sensible baisse du prix des transports publics, voire leur gratuité. Nous devons parallèlement revoir nos modèles de vie en favorisant par exemple le travail à partir de son domicile, ce qui limiterait le trafic des pendulaires. Le défi climatique est tel que nous devons vraiment repenser les notions de travail en consommant moins de ressources. Nous devons également travailler moins.

L-O.S: Un point sur lequel Mathilde et moi sommes d’accord, c’est la question du télétravail. Le numérique ouvre des perspectives écologiques. Il y a aussi le co-voiturage. Concernant les véhicules électriques ou à hydrogène, comment les alimenter? Par de l’électricité issue des énergies fossiles ou du renouvelable? Il y a là de grosses divergences entre le PLR qui souhaite avancer avec des projets éoliens, de biogaz ou de l’hydraulique et une partie de la gauche qui, tout en clamant la lutte contre le réchauffement climatique, s’oppose à bon nombre de ces projets.

M.M: Si certains projets d’éoliennes de grande envergure, qui ont un gros impact sur l’environnement, sont contestables, d’autres à dimension humaine, pour alimenter un groupement de maison ou quartier, sont à encourager. C’est une question de dimension.

Les certificats d'émission

Les entreprises suisses n’abusent-t-elle pas de l’achat de certificats d’émission à l’étranger pour se donner bonne conscience ?

M.M: Un récent sondage montre qu’une large majorité de la population préfèrerait que les Suisses réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre dans leur pays plutôt que d’acheter des crédits à l’étranger. Il faut donc agir massivement en Suisse tout en soutenant les pays les plus vulnérables avec des fonds d’aide.

L-O.S: Ne compenser qu’à l’interne ce que l’on émet en gaz à effet de serre ne tient pas compte de la réalité d’un monde globalisé. Longtemps ces certificats étaient trop bon marché. L’UE a sensiblement renchéri ce droit de polluer, le rendant réellement dissuasif pour les entreprises qui vont réfléchir à deux fois avant d’y recourir. La Suisse va d’ailleurs aller dans la même direction, dès fin 2010.

Le mouvement Extinction Rebellion

Comment percevez-vous le mouvement Extinction Rebellion qui vise à susciter par le biais d’actions directes et non violentes un changement radical de notre société afin de minimiser le risque d’extinction de l’humanité et d’effondrement écologique?

M.M: Ce mouvement constate l’inertie d’un système destructeur face à une situation écologique dramatique. Alarmant sur cette urgence, il fait sens en tentant de déranger le système de l’intérieur, de manière non violente.

L-O.S: Ce mouvement dérange aussi une certaine forme de consensus démocratique. J’ai un problème de fond avec la désobéissance civile dans la mesure où déranger un consensus démocratique signifie imposer sa morale à autrui. Plus le temps va passer, plus il va se radicaliser. Le respect des règles de l’Etat de droit, c’est de faire en sorte que chacun puisse vivre en harmonie avec les autres. Quand on commence à boucher des axes routiers, on considère que sa morale fait appel à des valeurs supérieures qui doivent être imposées aux autres. Dans un Etat comme la Suisse qui fonctionne bien où il est possible de s’exprimer librement, la désobéissance civile n’a pas sa place.

M.M: Si l’Etat fonctionne bien aujourd’hui, il n’est pas prêt à affronter les défis climatiques à venir. «Tout va trop lentement, vous n’avez pas conscience des enjeux», c’est le message aux autorités et à la population du mouvement Extinction Rebellion.

L’engagement personnel

Qu’avez-vous décidé de changer dans votre vie pour répondre aux défis du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité?

M.M: Je suis végétarienne depuis longtemps, ne prends pas l’avion, presque jamais la voiture. Je n’achète jamais de vêtements neufs mais seulement en deuxième main. J’ai aussi suivi des cours d’apiculture non productiviste. Mais au-delà de mes actions individuelles, mes engagements collectifs me semblent encore plus importants au sein d’organisations et d’associations qui oeuvrent pour un changement de société. J’ai co-fondé le festival AlternatYv et le mouvement Yverdon en Transition, je participe aux actions de la grève du climat et aussi d’Extinction Rebellion, et je milite dans un parti, le jeunes vert-e-s, qui me semble le plus cohérent vis à vis de mes préoccupations.

L-O.S: Ma liste est moins exhaustive que celle de Mathilde: j’utilise par exemple exclusivement des produits d’hygiène naturels avec des contenants recyclés que je rapporte au magasin. Mon engagement de fond est mon engagement citoyen à travers les jeunes PLR vaudois ou des associations locales. Je fais notamment partie du comité de Transition Vallorbe. Réussir à mener à bien des projets écologiques concrets, voilà ce qui m’importe le plus. Enfin, si la Suisse n’est pas trop mal placée en matière d’écologie, c’est aussi parce que le PLR est le parti le plus représenté dans tous les exécutifs communaux.

Tout le monde au PLR n’a pas l’engagement écologique de la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro…

L-O.S: En effet, et je le regrette. Car Jacqueline de Quattro est une figure qui m’inspire dans le domaine de l’écologie.

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