Bilan

Education: un modèle bientôt obsolète

Le WEF s’est penché sur les effets de la révolution 4.0 sur l’éducation. En jeu: rendre accessible à tous la formation en ligne pour diminuer le phénomène des «réfugiés numériques».

Les compétences acquises à l'école ne sont plus celles qui conduiront à la retraite. 

Crédits: Getty Images

Dans le sillage de la numérisation de tous les secteurs, l’éducation doit désormais entamer de profondes réformes. «On ne peut plus prétendre que les compétences acquises à l’école sont celles qui conduiront à la retraite», rappelle le CEO du géant de l’électronique Philips lors d’un débat au Forum économique mondial.

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Passer jusqu’à deux décennies à apprendre, puis quelques compléments formatifs en entreprise, devient peu à peu un modèle obsolète. Aujourd’hui, souligne à Davos le CEO d’Adecco Alain Dehaze, il faut que les élèves mettent au plus tôt en pratique ce qu’ils auront déjà acquis grâce à l’accès facilité de la connaissance sur le web notamment.

Pour les populations actives, un nouveau paradigme a émergé. «Dans le monde, 30% des talents ont désormais un statut d’indépendant ou d’agent autonome», ajoute-t-il. Des profils à la fois «techniques, dont les compétences évoluent, mais qui doivent aussi comprendre des aptitudes comme l’empathie et la créativité». Tout en poursuivant son activité professionnelle, tout travailleur devrait ainsi renouveler ses aptitudes en continu et en acquérir de nouvelles, pour rester compétitif sur le marché du travail.

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Pilier du marché en plein essor du «career boosting», les formations en ligne, plus nombreuses et ciblées au fil des années, constituent un levier important. Des plateformes, comme les américaines General Assembly ou encore Pluralsight, proposent de recalibrer, en continu, les carrières professionnelles.

Les formations en ligne ouvertes à tous (MOOC) – Udacity et Coursera parmi les plateformes les plus reconnues – prennent de plus en plus de valeur aux yeux des employeurs. En 2017, les MOOC atteindraient près de 70 millions d’utilisateurs, selon l’agrégateur Class Central, tandis que les plus grandes universités multiplient leurs programmes sur le web, avec à la clé des diplômes spécialisés.

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Au-delà des matières académiques, ce sont surtout les outils technologiques qu’il faut pouvoir maîtriser pour répondre aux besoins évolutifs du marché du travail. L’EPFL lance par exemple cet été l’Extension School, un programme qui propose entre autres une formation en développement web, mobile et data science. La cible: les actifs déjà experts dans leur domaine, mais qui n’ont qu’une faible connaissance technologique. 

Le MOOC pour tous

Or ces programmes profitent principalement aux profils qualifiés: 80% des utilisateurs de Coursera ont déjà des diplômes… alors qu’un adulte sur quatre au sein de l’OCDE dispose d’une connaissance limitée de l’expérience informatique, voire aucune, rappelle The Economist. «Le progrès technologique va augmenter le nombre de réfugiés numériques», souligne à Davos le CEO de Salesforce Marc Benioff, en évoquant les travailleurs frontalement touchés par la numérisation, qui n’ont jamais été préparés à ce tournant technologique.

Pour réduire le nombre des oubliés de la révolution 4.0, «la numérisation doit être démocratisée, comme la connaissance l’a été lorsque l’imprimerie a été inventée», prône la présidente de la Confédération Doris Leuthard lors de son allocution. Soit un accès à la formation étendu, flexible et peu cher. Un paradigme qui exige un rapprochement étroit entre le marché du travail, l’éducation et le gouvernement.  

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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