Bilan

Éducation des filles: la sécurité d'abord, plaide l'Unicef

La patronne de l'Unicef, Henrietta Fore, a été conviée à participer à un nouveau format du G7 qui réunit pour la première fois les sept pays les plus riches de la planète et ceux de la zone sahélienne, confrontée à l'instabilité et à la menace jihadiste.

Les ministres de l'Éducation du G7 devaient s'engager vendredi sur l'éducation des filles avec les ministres du G5-Sahel - Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad - plus le Sénégal où sécurité et l'instabilité sont une préoccupation majeure.

Crédits: DR

Pour encourager l'éducation des filles, il faut surtout assurer "leur sécurité à l'école et en chemin", a souligné vendredi à Paris la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore, en marge d'une réunion du G7 avec les pays du Sahel.

"Nous espérons que tous les pays apporteront leur soutien à l'éducation des filles et s'engageront avec force, en particulier dans ces régions aussi difficiles que le Sahel: si les filles peuvent y arriver au Sahel, elles y arriveront partout dans le monde", affirme à l'AFP Mme Fore, ancienne diplomate américaine.

La patronne de l'Unicef - le fonds des Nations unies pour l'Enfance -  a été conviée à participer à ce nouveau format qui réunit pour la première fois les sept pays les plus riches de la planète et ceux de la zone sahélienne, confrontée à l'instabilité et à la menace jihadiste.

Attaques et abus sexuels

"Dans certains pays d'Afrique, les filles n'ont même pas la possibilité de se rendre en sécurité à l'école", insiste-t-elle, citant l'Afrique du Sud, où elle se trouvait récemment: "Des filles expliquent qu'il est rare qu'elles ne se fassent pas aborder ou même sexuellement abuser sur le chemin de l'école. C'est la priorité, protéger les filles quand elles vont en classe".

"Mais nous avons aussi une responsabilité plus générale qui est de protéger les filles de toutes formes de violence, y compris dans la cour de récréation, les protéger de la violence de leurs camarades et parfois aussi de leurs professeurs. Que toutes les filles soient traitées avec respect".

Selon un rapport de l'Unicef publié en septembre 2018, à l’échelle mondiale, la moitié des élèves âgés de 13 à 15 ans, soit environ 150 millions d'enfants, rapportent qu’ils ont été victimes de violence entre pairs à l’école ou à ses abords et un écolier sur trois dit qu'il a été la cible d'intimidation ou mêlé à des bagarres.

Ces données ne comprennent pas les attaques délibérées de belligérants contre des établissements scolaires: le rapport cite ainsi 396 attaques recensées en 2017 contre des écoles en République démocratique du Congo, 67 en Syrie et 20 au Yémen. 

En Afghanistan, le nombre d'attaques contre des écoles a presque triplé entre 2017 et 2018, passant de 68 à 192, a révélé l'Unicef en mai.

Manque d'intérêt pour l'éducation des filles

Henrietta Fore déplore par ailleurs le manque d'intérêt de nombreux pays pour l'éducation des filles: "Souvent ils sont réticents parce qu'il ne voient pas leur intérêt. Mais on sait que quand les jeunes femmes investissent un champ professionnel, elles sont très bonnes dans ce qu'elles font".

"Si les gouvernements voient que les femmes peuvent devenir de brillants moteurs d'innovations, ils leur donneront davantage leur chance. C'est là que tout commence: outre la sécurité des filles, il faut leur offrir des programmes d'excellence".

Les ministres de l'Éducation du G7 - France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, États-Unis, Japon - élargi à l'Argentine, à l'Estonie et à Singapour devaient s'engager vendredi sur l'éducation des filles avec les ministres du G5-Sahel - Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad - plus le Sénégal où sécurité et l'instabilité sont une préoccupation majeure.

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