Bilan

Economie incertaine mais les CEO parés à se défendre

KPMG a réalisé son étude annuelle sur les préoccupations des chefs d’entreprise. Parmi les résultats surprenants : le flou autour du futur de l’économie couplé à une certaine confiance des CEO envers les capacités de leur entreprise.

Stefan Pfister, CEO de KPMG Suisse.

Crédits: KPMG

L’innovation et le changement climatique sont deux des principales préoccupations des chefs d’entreprise. Selon une étude mondiale réalisée par KPMG, les CEO ont à cœur de tenir le cap face aux concurrents, mais aussi en faveur de la planète. Stefan Pfister, CEO de KPMG Suisse, relève que «il y a une incertitude économique sans précédent, mais les CEO croient que leur entreprise est bien préparée pour croître et prospérer». Autrement dit, les changements attendus ont été anticipés par une bonne partie des personnes sondées.

Parmi les sujets les plus brûlants, il y a la montée du territorialisme au sein de différents pays, à commencer par les Etats-Unis. La numérisation continue elle aussi d’inquiéter quelques chefs d’entreprise qui doivent trouver les moyens – financiers et organisationnels – pour s’adapter à leurs concurrents.

L’erreur accueillie

Parmi les nouvelles tendances, l’acceptation des erreurs. «Jusqu’ici, la formule du succès était de ne pas commettre d’erreur. Les CEO ont désormais compris que pour amener de l’innovation dans une entreprise, il faut pouvoir commettre des erreurs» explique Stefan Pfister. Dans les chiffres, ce sont désormais 54% des sondés qui affirment avoir une culture d’entreprise dans laquelle les innovations qui «s’écroulent rapidement» sont encouragées. 84% affirment pourtant vouloir des employés qui se sentent encouragés à innover sans s’inquiéter des conséquences négatives.

Il y a des secteurs dans lesquels cette innovation risquée est plus acceptée que d’autres. Celui des sciences de la vie est largement au-dessus, devant les secteurs de l’infrastructure et de la manufacture. En bas du classement, ce sont les secteurs de la technologie, de l’énergie et des télécommunications qui encouragent le moins les projets potentiellement ratés.

KPMG parle d’une approche agile à favoriser. Ainsi, la société d’audit et du conseil d’entreprise  associe le «failing fast», soit le fait de vite s’écrouler, au fait d’apprendre rapidement. Un procédé qui permet aux entreprises de rapidement s’adapter aux changements observés sur le marché. L’exemple de la question climatique est intéressant, puisqu’il témoigne d’une volonté sans précédente de la population de consommer de manière écologique et durable. « Les risques liés au climat ont un grand impact au niveau mondial – et aussi en Suisse. Les inquiétudes ont grandi et les CEO ont bien mis l’accent sur ces problèmes » estime Stefan Pfister.

Incertitude mesurée

La résilience est un terme qui revient souvent dans l’étude de KPMG. Que ce soit au niveau informatique – pour se mettre aux niveau des dernières avancées – ou tout simplement de la structure de l’entreprise, les CEO admettent la nécessité de prendre des décisions rapides. Le rapport va même plus loin : «Le CEO moderne doit accepter le fait qu’il ait davantage à faire mais moins de temps.» L’accent est largement mis sur l’acceptation du risque et le développement de solutions.

Si Stefan Pfister n’a pas des conclusions propres à la Suisse, il a toutefois une idée de l’ambiance générale. «Certains sujets dominent également les débats ici. Il y a la réforme technologique approuvée par la majorité au niveau fédéral, nous avons les élections dans quelques mois, mais aussi les accords avec l’Union européenne. Ce sont tous des facteurs d’incertitude» confie-t-il. Les entreprises semblent prêtes à faire face – selon leur CEO du moins. Il n’y a plus qu’à appliquer la théorie.

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."