Bilan

Ecoles: comment réinventer l'espace?

A l'heure où la rentrée est engagée pour l'enseignement obligatoire et en bonne voie pour l'enseignement supérieur, analyse des mesures prises dans plusieurs établissements pour concilier précautions sanitaires et qualité de l'éducation.

Accueillir les élèves dans les meilleures conditions, à la fois sanitaires et éducatives.

Crédits: DR

La rentrée scolaire dans le respect de normes d’hygiène s’est déroulée de manière particulière. Gel hydro-alcoolique, distanciation sociale, masques,... tout a été organisé pour la sécurité des élèves. Dans ce contexte exceptionnel, parfois anxiogène, les nouveaux aménagements de deux écoles privées ont apporté une touche positive. Sur le campus des Nations de l’École Internationale, ils pourront profiter de la rénovation et de la modernisation de la bibliothèque. A l’Institut Florimont, l’inauguration d’une nouvelle salle multisports et celle à venir d’un bâtiment dédié à la création et à la culture ont réjoui les étudiants.

D’autant que ces infrastructures ont été pensées pour faciliter l’apprentissage et s’adapter aux projets pédagogiques d’aujourd’hui. L’espace a une influence certaine sur l’acquisition de la connaissance et de l’information. «Un élève porté par son environnement apprend mieux. Les espaces de travail collaboratifs et modulables, favorisant les échanges, sont de plus en plus plébiscités», explique Sean Power, directeur général de l’Institut Florimont.

Autrefois, l’espace s’organisait autour d’une conception fonctionnaliste dans lequel la pratique des usagers était figée. Le professeur sur une estrade et les élèves assis à leur pupitre face à lui. Une transmission du savoir hiérarchisée, monolithique et incontestable.

Flexibilité, transparence et adaptabilité déterminent désormais l’organisation des lieux de savoir. Un avantage significatif à l’heure où les distances sociales et les normes sanitaires sont de mises. Exit les barrières, les parcours, les bureaux, les silences et la fonctionnalité, place désormais à un agencement qui évolue. Les cours et enseignements s’organisent de plus en plus sous forme de travaux pratiques. L’espace est ainsi modelé en fonction de son usage. Ces lieux, flexibles et évolutifs, sont destinés à tous mais sont pensés de manière individuelle. Le directeur général de la fondation de l’Ecole Internationale de Genève, David Hawley, le rappelle: «il faut arrêter de penser que tout le monde apprend de la même façon. On sait très bien que chacun a une manière différente de retenir les choses».

Une bibliothèque conçue pour et avec les étudiants

Le Conseil de Fondation de l’Ecole Internationale de Genève a donc décidé d’investir deux millions afin de rénover la bibliothèque de son campus des Nations. Autrefois réduites au rôle fonctionnel de simple entrepôt à livres, les bibliothèques deviennent de vrais espaces d’apprentissage, des endroits inspirants et suscitant la créativité des élèves.

Indissociable de l’école, la bibliothèque est aujourd’hui repensée, elle devient un espace d’expression où le travail entre ses élèves est mis en valeur. Pour Neil Archer, directeur général de l’entreprise Partner Real Estate|Knight Frank qui s’est occupée du nouvel aménagement: «L'espace doit être un outil de facilitation pour les écoles, un enseignant ou un élève ne devrait pas avoir à adapter son apprentissage à l'environnement mais, à l'inverse, l'espace devrait s'adapter aux souhaits et aux besoins des élèves. C’est pourquoi nous avons tenu à collaborer sur ce projet».

La bibliothèque du campus des Nations a donc été dessinée en y intégrant différentes installations comme une salle silencieuse, un espace d’échange avec des canapés, des modules de retrait utilisés individuellement ou en groupe, un coin lecture… Le tout dans le but de construire un lieu où les étudiants puissent apprendre à leur rythme. Les bois clairs et de larges baies vitrées favorisent la communication avec l’environnement extérieur et la transparence.

Éléments clés du programme, les étudiants ont été totalement impliqués. Ce projet a permis le développement d’une véritable expérience pédagogique en mettant en avant la nécessité de développer les valeurs de collaboration et de créativité chez les élèves. Ces derniers bénéficient désormais d’une plus grande autonomie. Ils ne subissent plus leur apprentissage, ils le dirigent.

Un Fab-Lab au coeur de l'école

L’Institut Florimont, pour sa part, travaille depuis dix ans à l’amélioration de son campus afin d’offrir des infrastructures de pointe aux élèves et aux enseignants. L’objectif est le même : adapter les espaces à l’apprentissage des compétences du XXIe siècle.

En 2019, ce plan de réaménagement est entré dans sa dernière phase avec la création d’une nouvelle salle multisports, en partenariat avec la ville de Lancy, et avec la construction d’un nouveau bâtiment de quatre étages, livré en octobre 2020. Ce dernier comprendra notamment un centre d’arts et de design accueillant des espaces de création (salle multimédia, espace poterie avec fours, etc.), un nouveau centre de documentation, un auditorium de 500 places, ainsi qu’un étage dédié au travail collectif et propice à un enseignement différencié. Avec ces installations de pointe, l’Institut veut encourager l’imagination et le développement personnel.

Les sciences ne seront pas mises de côté puisqu’un laboratoire Science, Technologie, Ingénierie, Arts et Mathématiques prendra place au cœur de l’école, constituant un véritable Fab-Lab moteur de création, de développement et de fabrication.

L’heure est à la créativité, à la différenciation et à l’autonomie. L’ultime étape de la modernisation du campus renforcera la culture et à la socialisation avec la création d’un forum qui accueillera des expositions temporaires, des conférences, des concerts, etc.

L’ouverture, la mixité d’un même lieu, le partage d’espaces expliquent l’engouement des dernières années pour les lieux de coworking dans les villes. Les bibliothèques et les salles de classe se transforment aussi pour favoriser l’échange. Elles répondent ainsi aux besoins et envies des étudiants qui nécessitent des espaces personnalisables et personnalisés.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

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