Bilan

Diplômés sans emploi, sachez vous vendre!

Après les études, il est souvent rude de décrocher un premier job. Le programme de placement Jeunes@Work fait ses preuves dans la préparation de jeunes Romands.
  • Formateur pour adultes chez IPT, Franck Layec conseille et accompagne les jeunes.

    Crédits: Isabelle Favre
  • Cathy-Jill Barraud, directrice de Jeunes@Work Vaud.

    Crédits: Dr

Souvent, quand les jeunes diplômés sortent des études, c’est le début d’une traversée du désert. En 2016, le taux de jeunes à la recherche d’un emploi atteignait 7,7%. Il peut être compliqué pour eux, malgré une formation achevée et certifiée, de trouver une porte d’entrée vers le marché du travail. Ces jeunes, qui ont entre 18 et 28 ans, ont des bachelors, des masters, des CFC, sortent de l’EPFL parfois, ou d’écoles d’ingénieurs.

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C’est à ce moment qu’ils ont besoin d’un conseil personnalisé et d’un coaching de groupe, pour apprendre à définir leur profil et à présenter leurs compétences de manière convaincante sur un marché du travail compétitif et exigeant. C’est ce qu’offre Jeunes@Work, un programme de placement premier emploi créé en 2008 par le Service de l’emploi grâce à l’impulsion et au soutien du banquier genevois Patrick Odier. Porté par la fondation privée IPT (Intégration pour tous) dirigée par Marc Genilloud, le programme soutenu par des donateurs privés, le SECO et le service de l’emploi dans certains cantons.

Un besoin d'accompagnement

«Pour les jeunes qui ont des formations généralistes, il existe un réel besoin d’accompagnement. Nous faisons un important travail avec eux pour définir leur projet professionnel, leurs compétences intrinsèques», explique Cathy-Jill Barraud, directrice de Jeunes@Work Vaud.

Jeunes@Work propose un module de formation qui dure quinze jours, et un suivi de 2,5 mois par la suite. Les jeunes diplômés arrivent avec leurs CV, lettres, et les conseillers et formateurs d’IPT les aident à monter un dossier de postulation plus efficace. «Souvent, lorsqu’ils arrivent chez nous, ils sont désabusés, démoralisés, car ils n’ont pas trouvé de premier emploi», observe Franck Layec, formateur d’adultes pour Jeunes@Work.

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«Ce qui manque aux jeunes à cette étape de leur vie, poursuit Cathy-Jill Barraud, c’est la connaissance du marché du travail, du monde des entreprises. Ces jeunes sont en décalage par rapport à ce monde; ce n’est pas du tout comme ils l’avaient imaginé. Ils peuvent être perdus, faire des erreurs disqualifiantes lors du premier entretien. Certains savent déjà où ils veulent travailler, mais pour d’autres, par exemple diplômés de Sciences Po, ou de psychologie, ou de géographie, c’est moins évident. Pour un criminologue, il est difficile de trouver un poste en Suisse. On les aide à convaincre, à avoir confiance dans le fait qu’on leur laissera leur chance s’ils sont motivés.»

Les jeunes apprennent aussi à développer un réseau. «Ils sont très informatisés et mettent des annonces sur des sites, mais on les encourage à demander des rendez-vous pour se renseigner sur un métier qui les intéresse, histoire d’établir des contacts», souligne Franck Layec.

Des débriefings utiles

En définissant mieux leur profil, certains jeunes se rendent compte, après un état des lieux, qu’il leur faut une formation supplémentaire, car ils réalisent qu’ils sont dans un secteur très compétitif. Ceux-là reprennent donc des études ou se lancent dans une formation professionnelle, ou se cherchent un «vrai métier». Mais pour la plupart d’entre eux, le processus de création d’un projet professionnel leur suffit à mieux maîtriser les démarches concrètes pour aboutir.

Dans le cadre du coaching, ils présentent leur projet durant une minute et demie devant les conseillers d’IPT, qui les débriefent sur leur langage, leur présentation. «Il s’agit pour eux d’arriver à mettre en avant leurs qualités, de manière synthétique, d’aller droit au but, d’être à l’aise, de soigner leur tenue, etc.», souligne Cathy-Jill Barraud. 

Depuis 2008, 70% des 3500 jeunes accompagnés par Jeunes@Work ont trouvé un travail. Pour favoriser le placement et les stages, la fondation IPT collabore avec joHdi.ch, un site qui propose
aux jeunes de «recruter leur futur employeur». Financé par les entreprises romandes, il met en relation des jeunes avec les ressources humaines de ces groupes. «Le premier réflexe qu’ont les jeunes, c’est souvent de s’inscrire au chômage. Nous aimerions qu’ils viennent chez nous. Jeunes@ Work est disponible dans tous les cantons romands et accueille 200 jeunes par an à Genève et environ
200 sur Vaud», selon Franck Layec.

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Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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