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Devenir riche en sauvant la planète?

Créer son entreprise, tout en contribuant à résoudre des questions environnementales, Voilà un pari qui tente de nombreux suisses. Témoignages, conseils et idées. Par Mary Vakaridis avec Chantal de Senger

  • Crédits: Vanessa Cardoso
  • Steve Tanner (CTO, à g.) et Aurélien Demaurex (CEO), cofondateurs de la startup vaudoise ecoRobotix. Leur robot, alimenté par l’énergie solaire, désherbe les champs de manière autonome.

    Crédits: Vanessa Cardoso

Ils surfent entre passion et rentabilité

En 2019, le dérèglement climatique et les enjeux environnementaux ne sont plus des menaces lointaines. L’urgence fait l’objet d’un large consensus et le consommateur fait maintenant de la durabilité un de ses principaux critères de choix. Autant de facteurs qui débouchent sur une multitude d’opportunités dans l’entrepreneuriat.

Si les grands groupes industriels ont intégré cette évolution dans leur marketing, on observe en parallèle la multiplication de petites unités, dynamiques et flexibles, fondées dans l’objectif même de rendre ce monde plus vert et plus équitable. Ces nouveaux projets partent d’emblée avec un très fort capital sympathie. Les mentalités changent. Du côté des actifs, le souci de trouver un sens à sa vie s’additionne aujourd’hui aux impératifs financiers. Les professionnels s’épanouissent davantage lorsqu’ils ont le sentiment que leurs efforts font une différence dans la marche du monde. La tendance actuelle est donc d’imaginer de nouveaux produits ou services dans le domaine des économies d’énergie, du développement durable et du bio. Tout laisse en outre penser que le business vert est à la base des emplois de demain.

Dans l’industrie, les entreprises nouvellement créées dans les solutions durables sont regroupées sous l’appellation cleantech, pour technologies propres. Leurs activités représentent quelque 5% du PIB helvétique, avec des emplois en hausse de 25% entre 2010 et 2015, d’après les estimations de CleantechAlps, cluster cleantech de la Suisse romande. Une croissance similaire est attendue pour la période 2015-2020. Un quart des sociétés cleantechs sont des spin-off des EPF (Ecoles polytechniques fédérales) de Lausanne et Zurich.

Après dix ans d’activité, un peu plus de 200 startups dans ce domaine sont toujours actives, une durée de vie qui atteste du succès de leur modèle (voir infographies). En croissance alors qu’il était quasi inexistant il y a dix ans, le secteur des agritechs (technologies agricoles) est en pleine effervescence. Cette émergence s’explique par les récents progrès technologiques. La combinaison des drones, de l’imagerie digitale, du big data et de l’intelligence artificielle s’avère très féconde.

Economie circulaire

Un acteur helvétique important dans le business vert est le réseau des cinq Impact Hub de Suisse (une antenne supplémentaire doit ouvrir à Lugano en 2020). Ces centres fonctionnent à la fois comme espace de coworking et comme pourvoyeurs de réseaux et d’échanges. «Notre mission est la mise en place d’une économie circulaire en Suisse. Nous voulons aussi accélérer le rythme d’innovation, grâce à notre incubateur», explique Amanda Byrde, coprésidente d’Impact Hub Suisse. Lancée l’année dernière par l’organisation, l’initiative Circular Economy Transition s’inscrit dans cette nouvelle tendance en développement durable. Le concept de l’économie circulaire repose sur la réutilisation des ressources. Par exemple, la production de baskets à partir de déchets recyclés ou la mise en location de mobilier par de grands groupes (Ikea), en plus de la vente. Amanda Byrde reprend: «L’économie circulaire représente une opportunité à saisir pour les PME helvétiques à qui notre initiative s’adresse en priorité.»

Sur le terrain, constate-t-on vraiment un boom du business vert? Prudent, Aurélien Demaurex, cofondateur d’ecoRobotix, laisse entendre qu’il y a encore des places à prendre. «Il y a bien un phénomène médiatique. Mais nous n’avons pas encore rencontré nombre de nouvelles startups.» Ce diplômé d’HEC Lausanne travaille avec son partenaire Steve Tanner sur un robot alimenté par l’énergie solaire qui désherbe les champs de manière autonome. Créée à la fin de 2013, cette agritech prépare le lancement de son appareil sur le marché. «La virulence actuelle des critiques contre les pesticides nous vaut un intérêt accru. Aujourd’hui montrés du doigt, les agriculteurs ressentent la pression et sont à l’affût de solutions alternatives», rapporte Aurélien Demaurex. L’entrepreneur d’Yverdon sourit: «Peut-être que cet emballement va faciliter notre prochaine levée de fonds prévue en 2020.»

Ecosystème favorable

Autre profil avec la fondatrice d’AgroSustain, Olga Dubey, qui a l’honneur de figurer dans le palmarès 2019 de Forbes des trente entrepreneurs de moins de 30 ans. Cette titulaire d’un doctorat de l’Université de Lausanne est à l’origine d’une solution biologique qui traite l’apparition de champignons sur les fruits et les légumes. Son procédé empêche pommes et tomates de pourrir et prolonge leur durée de conservation. Le produit, l’AgroShelf, doit être commercialisé à partir de 2022 grâce à une nouvelle levée de fonds. «Dans la haute technologie, on ne constate pas encore d’inflation particulière car les inventions qui débouchent sur un brevet ne s’improvisent pas. Elles sont le plus souvent issues de découvertes effectuées dans les grandes écoles, témoigne l’entrepreneure d’origine russe. L’arc lémanique bénéfice d’un écosystème très favorable. L’EPFL et les universités organisent des formations où vous avez l’occasion de rencontrer des entrepreneurs aguerris. Leurs commentaires sont très précieux.»

Country manager pour la France de Wildbiene + Partner, Chloé Humbert-Droz souligne les aspects positifs de la médiatisation des enjeux climatiques pour la marche du business vert. «L’intérêt pour la cause écologique pourrait contribuer à élargir notre clientèle. Les consommateurs sont aujourd’hui plus réceptifs à notre travail de sensibilisation au rôle essentiel de la pollinisation des plantes par les abeilles.» Fondée en 2013 par les biologistes zurichois Tom Strobl et Claudio Sedivy, la startup emploie 20 personnes dans 4 pays et collabore en Suisse avec 300 agriculteurs. Avec pour vocation la promotion des abeilles, la société vend notamment des maisonnettes hébergeant l’espèce maçonne (qui ne pique pas) et assure le suivi des équipements au cours des saisons.

A quoi doit-on veiller en priorité pour réussir ce genre d’aventure entrepreneuriale? «Il faut toujours garder à l’esprit que la vision ne suffit pas. Pour toute décision, il faut trouver un équilibre entre la passion pour une cause et la rentabilité. Par exemple, parmi nos activités, nous aménageons des jardins avec des abeilles sauvages. Avec nos idéaux, nous souhaiterions y consacrer bien davantage de capacités. Mais si nous le faisions, ce serait la fin de l’entreprise parce que cette unité ne rapporte pas assez.» Chloé Humbert-Droz conclut sur l’importance de la présence de gestionnaires dans les équipes. «Nos deux fondateurs biologistes ont élargi la direction à trois autres personnes dont le rôle est notamment de faire les comptes. Les décisions sont prises collectivement.»

Deux Vallées de la mort

De quelque horizon qu’ils viennent, tous les entrepreneurs se heurtent au même défi: rassembler les fonds nécessaires au lancement des activités. Le financement participatif constitue une piste intéressante pour les idées les moins coûteuses et les plus à même de toucher la fibre écologique du public. Les startups – qui par définition, se profilent comme des sociétés à forte croissance – mobilisent des investissements plus conséquents. Rien de surprenant à ce que quelque 35% des cleantechs suisses citent le financement comme la principale difficulté à surmonter (source CleantechAlps).

Les études montrent que, dans le développement de tout projet, l’entrepreneur va traverser deux Vallées de la mort (voir le schéma page 30). Une fois qu’il a fondé son entreprise autour d’un prototype, il lui faut trouver des fonds pour assurer le lancement commercial du produit. Cela achevé, l’étape du développement du marché sera tout aussi périlleuse et dévoreuse de cash.

Ce n’est qu’une fois ces deux jalons franchis que la société va enregistrer des ventes susceptibles d’assurer la rentabilité de l’entreprise. Une fois arrivée à maturité, la start­up peut alors être vendue à de nouveaux propriétaires (exit). Les investisseurs récupèrent alors leur mise avec une plus-value. «Pour les cleantechs, ce parcours s’effectue sur une plus longue durée que pour les projets purement technologiques. Les investisseurs sont freinés par un retour sur investissement qui paraît lointain. Toutefois, les bons projets qui présentent la maturité technique et commerciale trouvent du financement», constate Eric Plan, secrétaire général de CleantechAlps.

Les soutiens à solliciter

Pilier du green business helvétique, la Fondation suisse pour le climat distribue quelque 3 millions de francs de soutien financier par an. Bénéficiant du soutien de ses partenaires (Allianz, AXA, Pictet, Julius Baer, PWC, Sanitas, etc.), cette institution reconnue pour son approche pragmatique a aidé environ 1500 PME depuis sa création en 2008. La fondation s’engage en faveur des startups qui ont dépassé le stade du démarrage et des PME domiciliées en Suisse d’au moins 250 collaborateurs. Pour les projets d’innovation, la contribution s’élève à 200 000 francs au maximum ou 50% du coût global.

Orientée en priorité vers le transfert de technologie et le soutien de startups high-tech, l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation Innosuisse met à disposition formation, coaching et réseau. Si sa vocation n’est pas de financer des projets, Innosuisse représente un label de sérieux et de qualité.

Certains organes s’orientent vers des créneaux spécifiques. Avec le parrainage de Migrol (filiale du groupe Migros) et d’autres distributeurs d’essence, la Fondation pour la protection du climat et la compensation de CO2 (abrégée Klik) s’adresse aux entreprises existantes dans les secteurs suivants: transports, entreprises, bâtiments et agriculture.

Créée en 1994 par le naturaliste Luc Hoffmann, petit-fils du fondateur du groupe pharmaceutique Hoffmann-La Roche, la Fondation pour la nature MAVA soutient des programmes de protection de la biodiversité et des entreprises dans le développement durable. L’organisation Impact Hub a, par exemple, été soutenue par MAVA et le fonds de soutien Engagement Migros, initiative du géant orange qui promeut les «projets pionniers dans une société en mutation».

A vous de jouer!


20 idées de business à lancer

Présentation de projets inspirants, Exploités très localement ou alors à l’étranger.

Des plantes régénératrices d’air pour les bureaux

En plus d’être décoratives, les plantes d’intérieur améliorent la qualité de l’air que respirent les collaborateurs dans les bureaux. Les plantes augmentent la concentration en oxygène et réduisent la teneur en dioxyde de carbone. Basée à Zurich, la société Oxygen at Work propose à une clientèle de bureaux des aménagements qui améliorent le bien-être et la santé du personnel, conçus par des jardiniers.

(Crédits: Dr)

Le cendrier de poche

Les fumeurs entament une prise de conscience de la nocivité des mégots pour l’environnement. Certes, il existe déjà des solutions bricolées afin de recueillir ses mégots dans un récipient portable afin de les éliminer proprement en fin de journée. Mais il manque un produit attrayant, qui rendrait amusante la tâche de conserver ses filtres avec soi. Peut-être un système de récompense digitale? Un exemple en France: GreenMinded.

(Crédits: Dr)

Des petits pots bios livrés à la maison

En France, trois amis cuisiniers ont fondé la société commedespapas.fr qui fabrique des pots pour bébé bios et de saison, livrés dans tout le pays. Ecoulant plus de 200 000 pots par an, ils concoctent des recettes comme l’écrasé d’artichaut à la barigoule, loin des goûts standardisés par la grande industrie. Le concept s’appuie sur un aspect communautaire entretenu sur les réseaux sociaux.

Fermes urbaines

Fatigués des supermarchés, les citadins veulent reprendre le contrôle sur leur alimentation et raffolent du concept d’agriculture urbaine. Il y a également un véritable marché à prendre au niveau des fermes verticales, encore rares en Suisse. L’idée ici est de produire une nourriture locale de qualité, sans pesticides, sur une surface réduite. Différentes entreprises le font déjà: Square Roots et Gotham Greens aux Etats-Unis, ou encore Agricool et Cycloponics à Paris.

Du pain frais de la veille

En Suisse, environ un tiers des aliments finissent à la poubelle sans être consommés. C’est particulièrement vrai pour les produits de boulangerie qui se conservent mal. Présent surtout en Suisse alémanique, le réseau Äss-Bar (aess-bar.ch) récupère les invendus de boulangeries partenaires et les met en vente le lendemain à des prix inférieurs. Idem pour l’appli Too Good To Go, depuis un an en Suisse et qui vient de signer un partenariat avec Pouly.

Vente de produits locaux en vrac

Limiter les emballages et le packaging, c’est réduire notre consommation d’énergie et la pollution plastique. De plus en plus de consommateurs qui souhaitent des produits locaux changent leurs habitudes et préfèrent acheter des produits en vrac. En France, différents groupes comme Oney, day by day et Naturalia surfent sur cette vague.

(Crédits: Dr)

Cosmétiques et détergents écologiques

Vendre sur internet des savons et des produits d’entretien respectueux de l’environnement, fabriqués artisanalement avec des matières premières naturelles, est très tendance. Le packaging doit également être écologique en offrant des contenants réutilisables qui excluent les matières plastiques. En Grande-Bretagne, Anemone & Basilic a développé un concept qui allie site de vente en ligne à un aspect communautaire, notamment grâce à Instagram.

Formation «zero waste»

L’idée est de créer des ateliers «zero gaspi» sur les moyens de ne pas engendrer de déchets. Ces formations s’adressent aux personnes qui veulent réduire leur empreinte écologique, gagner du temps, faire des économies en limitant notamment les déchets. Ces consommateurs souhaitent produire eux-mêmes leurs propres produits ménagers, shampooings ou dentifrices. Aux Etats-Unis, le site zerowastecoach.net est actif dans ce créneau.

(Crédits: Dr)

Upcycling ou «recyclage par le haut»

Recycler de vieux objets pour leur donner une nouvelle valeur? Voici l’upcycling ou recyclage par le haut. L’idée est de racheter à bas coût de vieux meubles et de vieux vêtements afin de les remettre au goût du jour. Les exploitants de cafés et de bars sont friands de styles originaux et de pièces uniques qui leur confèrent une touche écolo et éclectique. Un exemple dans le Pas-de-Calais: laboisier.com

Conseil en jardinage biologique et permaculture

Le jardinage biologique et la permaculture (production agricole durable et respectueuse de la biodiversité) suscitent toujours davantage d’intérêt. Pour les personnes formées, c’est l’occasion de transmettre leurs connaissances lors d’ateliers pour des sociétés ou des privés. L’engouement pour la culture d’un petit espace de verdure se confirme également. Idéal aussi pour le team building en entreprise. Un exemple en Belgique: www2.jardinier-bio.be.

La voiture par abonnement

Aux Etats-Unis, un concept en vogue est le service d’abonnement à une voiture pour un prix mensuel fixe, comme alternative à l’achat et au leasing. Assurances, vignettes et entretien sont inclus dans le prix de location. Dans le canton de Berne, la start­up Carvolution s’est inspirée de cette idée et offre à la location des véhicules, dont des Ferrari, pour une durée minimum de trois mois. Cette solution offre à la clientèle l’avantage de la flexibilité, tout en maximisant l’utilisation des véhicules existants.

Une agence de voyages éthique

L’écotourisme permet à ses amateurs de s’engager en faveur du développement durable, en partant à vélo ou à pied. Le client peut aussi donner du sens à son périple par des activités en faveur de l’environnement, comme planter des arbres. A Vevey, Le Goût du Voyage exploite ce concept. L’association française VVE écotourisme réunit des voyagistes du même créneau.

Bars à jus et smoothies bios

Les nectars bios sont actuellement en plein boom. Bourré de vitamines, un jus de fruits pressés à la dernière minute est bon pour le corps et l’esprit. Une enseigne qui valoriserait la provenance éthique et écologique des fruits et légumes s’inscrirait parfaitement dans l’air du temps. Près d’Aix-en-Provence, La Maison des Jus travaille selon ce principe.

(Crédits: Dr)

Fleuriste écoresponsable

Cultiver des fleurs dans des serres climatisées, les emballer dans du plastique puis les exporter n’a rien d’écologique. Des solutions durables dans ce secteur rencontrent un fort écho. A Genève, La Petite Fleuriste travaille uniquement avec des producteurs locaux et s’attache au respect de l’environnement.

Faire revivre les téléphones portables

Un concept qui n’a pas encore passé la Sarine. Le site revendo.ch répare les vieux ordinateurs, les téléphones portables et les tablettes pour les revendre. En restant en circulation plus longtemps, ces appareils épargnent l’énergie nécessaire à la production de nouveaux produits. Les dix magasins de Suisse alémanique sont toujours pleins.

Lavage automobile sans eau

Le nettoyage auto économique en eau et recourant à des produits écologiques et respectueux de l’environnement reste peu fréquent en Suisse. Creuser ce sillon permettrait de séduire une clientèle soucieuse de durabilité tout en ménageant la planète. A Préverenges (VD), Eco-carwash utilise un système de lavage à haute pression. En France, la chaîne Sineo compte une cinquantaine de centres.

Le Migrolino de l’épicerie bio

Basé à Zurich, le magasin L’Ultimo Bacio connaît une belle success story avec l’ouverture de trois filiales. Le concept: des horaires de vente étendus, si possible le week-end grâce à un emplacement dans une gare. L’assortiment bio et fairtrade intègre les antipasti, bières et vins, produits cosmétiques, ainsi qu’articles véganes et sans gluten. C’est aussi un endroit cool où prendre un café, issu du commerce équitable bien sûr. De baba, le bio devient branché.

Gérant de fonds en finance durable

Depuis quelques années, les produits d’investissement orientés vers l’environnement durable pullulent sur le marché. Quels sont réellement leurs rendements? Tiennent-ils leur promesse au niveau de l’impact social? Un conseiller indépendant capable de décrypter les chiffres trouverait rapidement une clientèle soucieuse de l’avenir de la planète. La tendance est déjà très forte en Suisse alémanique. Des infos sur le site sustainablefinance.ch.

Une app pour les adresses durables

Une application qui recense toutes les adresses bios et durables à un utilisateur géolocalisé qui peut identifier celles qui sont à proximité. Voilà un outil susceptible de toucher une large clientèle. Il faudrait répertorier les fermes qui font de la vente directe, les centres de recyclage, les restaurants bios, les boutiques de seconde main, etc. Le concepteur se rémunère grâce à la publicité et à une commission sur les ventes générées. L’objectif serait d’étendre les prestations offertes, par exemple via l’application française bienvenue-a-la-ferme.com.

(Crédits: Dr)

Le concept store de mode durable

Au départ, Rrrevolve.ch n’était qu’un site internet spécialisé dans la mode, le design et les accessoires avec des produits respectant les principes de la durabilité. Neuf ans plus tard, le label à succès a ouvert deux boutiques à Zurich. L’équipe des magasins amène elle-même à pied les colis à la Poste afin d’éviter qu’un coursier doive le faire en voiture. Les emballages sont réutilisés plusieurs fois.


(Crédits: Lindaphoto.ch)

«Une innovation doit être rentable, verte ou pas»

Questions à Eric Plan, secrétaire général de CleantechAlps, le cluster romand des cleantechs.

Comment le nombre de sociétés actives dans le secteur de l’environnement durable a-t-il progressé ces dernières années?

Entre 2006 et 2016, 200 startups dans l’économie verte ont été créées. Si on ajoute à ce chiffre les bureaux d’ingénieurs, les business durables de proximité, comme l’agri food, par exemple, le chiffre des créations d’entreprises double à 400 sur la même période. Et la tendance est clairement à la hausse.

Cette effervescence va-t-elle durer longtemps, selon vous?

Oui. La société civile montre un réel engouement à produire et consommer local. Cela renforce la situation des producteurs agricoles, de même que celle de toute la chaîne de valeur de transformation et de distribution. Sur le plan juridique, les nouveaux acteurs sont souvent des coopératives et des associations. Et ils font des choses intéressantes. L’initiative Le Radis à Bex (VD) s’est par exemple lancé dans la vente de produits locaux bios en vrac et repose sur une gestion collaborative originale. Les brasseries artisanales font aussi un travail remarquable.

Quels sont les écueils particuliers à éviter dans le business vert?

Il ne faut pas tomber dans le piège des idées qui vont sauver la planète… mais que personne n’est prêt à financer. Une innovation doit être rentable, verte ou pas. Et les règles du marché restent valables. Il faut en priorité s’assurer que le produit ou le service proposé délivre un réel bénéfice aux clients. Inutile également de développer une solution absolument géniale mais hors de prix. Une nouveauté ne sera viable que si elle est produite en masse. Il faut que le produit soit au plus proche du besoin réel du client.

Quel est donc le graal dans l’économie durable?

L’idéal serait de créer une sorte de «Swatch des cleantechs». Ce serait une solution exempte de fonctionnalités secondaires, souvent peu utiles mais qui font grimper le coût de production. Le produit doit être en même temps innovant, robuste et de qualité irréprochable. Et il doit aussi rencontrer les attentes du consommateur. Pour y parvenir, les entrepreneurs ont tout intérêt à se mettre dans les chaussures de leurs clients.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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