Bilan

Deux tiers des Tessinois estiment ne pas avoir besoin des frontaliers

Près de deux Tessinois sur trois sont convaincus que les entreprises trouveraient facilement de la main d'oeuvre locale qualifiée à condition de proposer des salaires "acceptables", selon une étude.

Le but de l'étude était de déterminer l'attitude envers les frontaliers et d'établir s'il existe un décalage entre réalité et perception.

Crédits: Keystone

Près de deux Tessinois sur trois estiment que le canton n'a pas besoin de travailleurs frontaliers pour assurer son développement économique. C'est ce qui ressort d'un sondage publié lundi sur tio.ch réalisé par l'Institut de recherches économiques (IRE) de l'Université de Suisse italienne (USI) et le cabinet zurichois Sotomo auquel ont pris part 2500 personnes.

Le but de l'étude était de déterminer l'attitude envers les frontaliers et d'établir s'il existe un décalage entre réalité et perception par rapport à certaines caractéristiques du marché du travail au sud des Alpes.

Ainsi, 64% des participants se sont dits convaincus que les entreprises trouveraient facilement de la main d'oeuvre locale qualifiée à condition de proposer des salaires "acceptables".

Près d'un sondé sur deux (45%) souscrit à la thèse, soutenue par les partis populistes de tous bords, que les frontaliers "volent" le travail aux résidents, et moins d'un sur trois (31%) qu'ils sont importants pour le développement économique du Tessin.

"L'étude confirme que les personnes ont une perception de la réalité sensiblement divergente par rapport aux données statistiques officielles", explique Rico Maggi, directeur de l'IRE. Selon lui, le corps électoral votant Lega ou UDC a une plus grande propension à surestimer certaines thématiques du marché du travail, comme celle des frontaliers.

Rico Maggi considère "pour le moins préoccupante" la relation existant entre l'appartenance à un parti politique ou la consommation de certains médias et l'augmentation du décalage entre perception et réalité. Il appelle politiques et les médias à "développer débats et discussions basées sur des informations reflétant la réalité (...) plutôt que de contribuer à ce décalage".

Les statistiques du chômage font régulièrement l'objet d'âpres disputes politiques dans le canton italophone. Les dernières données publiées par l'Office fédéral de la statistique (OFS) fin février faisaient recensaient quasiment 65'000 frontaliers au Tessin à fin 2016, soit plus d'un travailleur sur quatre (27,1%), le taux le plus élevé de Suisse.

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