Bilan

Des pommes de terre étrangères dans nos assiettes en 2016

Les récoltes de pommes de terre ont été mauvaises en Suisse et dans toute l'Europe. Du coup, certains producteurs de produits finis prévoient de se rabattre sur les importations. Du jamais vu depuis 2006.
Annabelle, Lady Claire et Victoria ont passé une mauvaise année, entre printemps trop froid et été trop chaud. Du coup, elles ont rapetissé et surtout, elles manquent à l'appel. Il s'agit bien entendu des pommes de terre.

Swisspatat avait déjà tiré la sonnette d'alarme fin août, en dévoilant des rendements en baisse de plus de 30% et une récolte inférieure à la moyenne. Du coup, certains industriels envisagent de se tourner vers l'étranger pour assurer leur approvisionnement.

Des patates étrangères uniquement en 2006

Une situation exceptionnelle comme l'illustre Zweifel, qui représente les deux tiers du marché des chips. Selon son directeur Mathias Adank, la marque n'a utilisé qu'une fois des pommes de terre étrangères: «C'était en 2006, lorsque nous avons dû en importer 12%», a-t-il indiqué au Tages Anzeiger. Toutes les autres années, les emballages ne contenaient que des chips faites à base de patates suisses.

La proportion pour l'année en cours n'est toutefois pas encore connue. «Nous en saurons plus sur les quantités manquantes d'ici quelques jours», a reconnu Christine Heller chez Swisspatat.

Les prix restent stables en Suisse

La surface actuelle de culture d'environ 11'000 hectares suffit habituellement pour satisfaire aux exigences du marché mais comme le rappelle Swisspatat, «la Suisse doit garantir une importation de 5 % de la consommation moyenne des années 1995 et 1996», soit environ 22'250 tonnes.

Les importateurs y trouvent leur compte puisque le quintal coûte 14 francs en Allemagne, 17 francs en Autriche contre 46 francs en Suisse. Ces prix datent toutefois d'avant la récolte catastrophique de 2013 et ils se sont envolés de moitié en Europe alors qu'ils sont restés stables en Suisse. En 2012, les 100 kilos de patates Lady Claire destinés aux chips coûtaient 44,35 francs contre 45,15 francs en 2013.

Les prix ont bondi en Allemagne

Cette stabilité s'explique par la forte régulation du marché. D'un côté, les taxes de douanes peuvent grimper jusqu'à 82 francs par quintal et d'un autre côté, les prix sont fixés en Suisse avant le début des plantations, puis légèrement adaptés après les récoltes.

Une méthode qui garantit des revenus aux paysans mais que les consommateurs paient de leur poche avec des prix d'achat plus élevés que chez leurs voisins. Or la situation a radicalement changé cette année à l'image du prix du kilo de patates en Allemagne qui a bondi de 40% alors qu'il est resté stable en Suisse.

Pour parer à la pénurie qui se précise, la Confédération a relevé ses quotas d'importations pour les pommes de terre étrangères, explique le directeur de Zweifel. «Ces quantités restent relativement faibles et nous pouvons nous approvisionner sans problèmes à l'étranger», souligne Mathias Adank.

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