Bilan

Des ONG sous influence

Les organisations non gouvernementales sont-elles vraiment autonomes et altruistes? En réalité, certaines n’échappent pas aux manipulations et participent aux jeux de pouvoir des états.

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  • Le président américain Franklin Roosevelt est à l’origine de l’implication des ONG dans la rédaction de la Charte des Nations Unies, notamment l’article 71 qui évoque la possibilité de consulter des ONG.

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  • Le puissant Nelson Rockefeller (à gauche) gérait ses activités privées tout en occupant le poste d’assistant spécial du président Dwight Eisenhower aux Affaires étrangères (ici en 1958).

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Les grandes organisations non gouvernementales (ONG), allant du CICR à Médecins sans frontières, en passant par Handicap International ou Amnesty International et bien d’autres, se sont construites sur l’idée qu’elles ne relevaient ni des nations, ni des institutions internationales ni même des entreprises commerciales privées. Au contraire, elles agissent dans des champs caritatifs et humanitaires précisément délaissés par ces dernières, tout en incarnant les préoccupations et les idéaux de la société civile. Quelques-unes d’entre elles reçurent le prix Nobel de la paix, comme Amnesty en 1977, Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel en 1997 ou MSF en 1999. Le capital de respect dont elles disposent n’a pas de raison de disparaître.

Mais il existe aussi des zones d’ombre: on se souvient de l’implication du CICR dans les exfiltrations de nazis (réseaux «ratline») ou des ponts aériens d’armement de la Croix-Rouge française au Biafra. On connaît également le risque encouru par les plus grandes ONG de se transformer en marchepied de leurs donateurs. Que penser de Save the Children (STC) et de son budget annuel de près de 9 milliards de dollars (2018), financé par des géants tels que GlaxoSmithkline, P&G, Johnson & Johnson ou Walmart? On s’est également inquiété des manipulations dont STC put faire l’objet, comme en 2011 lorsque fut révélée l’infiltration de ses équipes locales pakistanaises par la CIA.

En résumé, les interactions entre toutes ces entités publiques et privées, intéressées et désintéressées, puissantes et malléables, militaires et civiles, voire religieuses et laïques, etc. dessinent une réalité complexe du monde des ONG. Sans rien ôter à leurs mérites considérables partout dans le monde, on détecte des courants de fond qui peuvent néanmoins avoir raison de leur nature autonome, altruiste et bienveillante. C’est pour tenter de comprendre ces courants qu’il a paru intéressant d’enquêter sur la genèse et le fonctionnement des ONG, principalement américaines, qui constituent l’archétype du mélange des genres dans ce secteur.

La genèse du concept d’ONG

Le vocable apparaît pour la première fois, officiellement, dans l’article 71 de la Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945 (lire l’encadré page 42). Cet article autorise l’Organisation des Nations Unies (ONU) à prendre l’avis des ONG, qu’elle aura au préalable accréditées. Il faudra pour cela qu’elles s’occupent de questions relevant de la compétence de son conseil économique et social et, au fil du temps, de ses nombreuses ramifications. Preuve de son utilité, on compte aujourd’hui 5542 ONG accréditées à l’ONU.

Or, on sait que l’introduction de cet article 71 fut voulu par Washington. Pourquoi? Au départ, le président Franklin Roosevelt souhaitait éviter la répétition de l’échec subi par son prédécesseur Woodrow Wilson dans sa tentative de faire adhérer son pays à la Société des Nations, en 1919. Il décida donc de mobiliser les ONG en distribuant, dès octobre 1944 et de manière ciblée, 2 millions d’exemplaires du projet de Charte de l’ONU. Comme rien de tel n’était pensable pour les autres pays, encore occupés à combattre ou à déblayer les ruines de la guerre, il faisait donc d’une pierre deux coups: canaliser les ONG américaines en sa faveur et leur réserver le monopole de l’influence civile dans l’écriture finale de la charte.

Truman reprit l’idée à son compte. C’est ainsi que des centaines d’associations furent invitées à San Francisco et fortement incitées à se faire entendre, notamment par voie d’amendements, dûment transmis aux commissions compétentes et dont l’art. 71 fit partie. D’ailleurs, la Maison Blanche ne laissa rien au hasard. On sait que toutes les délégations invitées à grands frais par les États-Unis à San Francisco le furent notamment pour être mieux mises sur écoute par les services américains.

Rapport déclassifié datant de 1953 et dévoilant la politique américaine pour convaincre ses alliés face à la menace soviétique. (Crédits: Paul Schuzter/Life Picture Collection/Getty images)

Opération séduction

Washington ayant bien mesuré la capacité des ONG à influencer, à organiser mais aussi à financer des programmes internationaux, il fut décidé de ne pas se priver de leurs réseaux ni de leur manne financière. Les grandes fondations américaines comme Carnegie, Ford ou Rockefeller étaient en effet indispensables à l’extension de l’influence des Etats-Unis dans le monde d’après-guerre. Elles le seront surtout dans celui de la guerre froide puis encore dans celui d’après la chute du Mur.

Washington garantissait bien entendu un retour sur investissement aux «généreux donateurs», dans une intrication des rôles publics/privés typiquement américaine et parfaitement acceptée dans ce pays. Par exemple, personne n’a trouvé à redire que le puissant Nelson Rockefeller fasse tourner ses activités privées, tout en occupant le poste d’assistant spécial du président Eisenhower aux Affaires étrangères, avec notamment comme tâche de superviser les opérations d’influence de la CIA, dont certaines furent endossées par ses propres fondations!

Les exemples de ce type sont légion jusqu’à ce jour et c’est un rapport déclassifié du Conseil de sécurité nationale, datant du 30 octobre 1953, qui en livre quelques motifs de fond. On y découvre que les Etats-Unis ne pouvaient faire face à eux seuls à la menace soviétique et que «le concours de leurs alliés» leur était nécessaire.

A cette fin, il était vital de toujours les convaincre «de la nécessité» et «de la sagesse du leadership américain», ce qui impliquait de réunir tous les moyens possibles de persuasion. Ils incluaient des formations sponsorisées aux Etats-Unis, le déferlement des produits américains (aliments, boissons, tabac, pétrole, charbon, etc.) sur les marchés européens (plan Marshall), les quotas de diffusion réservés aux films américains (plan Blum-Byrnes de 1946), la promotion de la culture (opération «Grande laisse»), du confort, de la technologie et de la mode en provenance d’outre-Atlantique, ainsi que la pénétration de la langue anglaise et du système juridique américain, la modification des comportements et rapports sociétaux, etc. Bref, un chantier pharaonique auquel les ONG durent concourir en y apportant tous leurs moyens, dont leur pouvoir d’influence.

Les finalités affichées ne sont pas toujours les plus ultimes

La seule capacité d’influence ne suffit pas à caractériser un pouvoir, lequel s’évalue généralement par sa traduction en actes, et en actes déterminés, c’est-à-dire mis en œuvre au regard d’une finalité ultime bien précise. Autrement dit, si l’on veut comprendre leur rôle, il faut examiner les missions concrètes que les ONG prennent en charge (les actes), mais aussi discerner les finalités réelles de ces actes. Or, les finalités affichées ne sont pas toujours les plus ultimes.

Prenons le cas d’école d’une fondation soutenant l’art moderne, créée et financée par une célèbre marque de haute joaillerie. La finalité ultime de cette fondation fut, dès l’origine, de rompre avec les rentes de fidélisation familiale autour desquelles le marché s’était structuré depuis des lustres. En résumé, là où une mère ou un père s’étaient fournis, on se devait d’aller se fournir à son tour à la génération suivante. A l’occasion d’une étude de marché approfondie, il fut identifié que le point le plus commun à tous ces primo-acheteurs de joaillerie était l’attrait pour l’art moderne. En créant la fondation, on soutenait l’art, mais on aspirait à soi tous ses futurs clients. Ce fut un succès.

Toujours dans la sphère culturelle, l’affaire du Congrès pour la liberté de la culture («CCF» en anglais), fondé à Berlin en 1950, dans le cadre de l’opération «Grande laisse» précitée, nous éclaire sur une finalité biaisée avec, cette fois, la CIA à la manœuvre. Il s’agissait notamment de promouvoir de nombreux auteurs à travers toute l’Europe, dont une proportion importante était issue de la gauche antistalinienne. Le but était d’attirer à eux toute une frange indécise de la gauche, bref de mettre un public précis sous influence américaine, tout en le dissimulant.

La plupart des auteurs ignoraient ce montage et s’étonnaient parfois d’un succès de librairie très inattendu. D’autres en revanche adhéraient pleinement au dispositif. On comptait parmi eux Raymond Aron, Arthur Koestler, Arthur Schlesinger, Tennessee Williams, Nicolas Nabokov, Heinrich Böll et des dizaines d’autres à travers l’Europe. Le CCF servait aussi de conduit pour financer l’art abstrait américain, à travers de beaux livres, des reportages ou des expositions comme celle de La nouvelle peinture américaine à Paris en 1958, où furent présentées des toiles de Pollock et de Kooning. Les artistes n’en savaient rien, d’autant que les fondations Fairfield et Rockefeller donnèrent, en parfaite connaissance de cause, leur caution morale ainsi que des fonds. En fait, tout le secteur culturel fut infiltré et manipulé par la CIA, avec le soutien actif de grandes ONG.

Notons que le CCF soutenait aussi la culture des dictateurs, comme celle des colonels grecs. Il est vrai que la Grèce était un enjeu militaire stratégique, partageant à l’époque trois frontières avec le bloc soviétique, tandis que son armée faisait partie de l’OTAN.

Ce qui importe ici, c’est l’examen de la concordance des objectifs militaires américains, notamment via l’OTAN, et des missions des ONG. La comparaison des agendas peut en effet dévoiler des indices fiables quant aux finalités réelles des ONG, y compris au sein même de l’ONU, comme le démontre la création de la «Formule Arria».

L’influence des ONG au cœur de l’ONU

Celle-ci se réfère à Diego Arria, un homme d’affaires vénézuélien qui organisa pour la première fois l’audition d’ONG par le Conseil de sécurité en 1992, même si c’était de manière «officieuse et confidentielle».

Dans sa jeunesse, Diego Arria fit ses classes dans une académie militaire américaine de Virginie, ce qui le prédestina sans doute à son parcours militant proaméricain et à son opportun parachutage comme ambassadeur du Venezuela à l’ONU, l’année même où son pays détiendrait la présidence tournante du Conseil de Sécurité (CS) (1992-1993). C’est ainsi qu’un homme d’affaires politiquement engagé en faveur des intérêts américains se retrouva nommé président du Conseil de Sécurité à un moment charnière pour lesdits intérêts américains.

On ne peut dès lors s’étonner que la première de ces réunions «Arria» qu’il organisa, a eu pour but de convaincre les membres rétifs du CS d’entendre les témoignages d’ONG, soigneusement triées, sur le bien-fondé d’une opération armée contre la Serbie, ce qui allait dans le sens des plans militaires de l’OTAN à cet égard. Peu étonnant, également, de retrouver aujourd’hui Diego Arria à des postes d’administrateur de diverses ONG appartenant notamment au puissant conglomérat fondé par George Soros.

Cette transparence factuelle dans l’usage politique des ONG avait pris corps dix ans plus tôt. A cause des scandales à répétition relatifs aux opérations clandestines de la CIA, avec l’appui de ses ONG favorites, la Maison Blanche décida d’un important changement de cap: dorénavant, on ferait ouvertement ce que l’on faisait auparavant secrètement. A cet effet, on inscrirait les subventions allouées aux ONG satellites dans le budget du Département d’Etat. L’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) serait officiellement chargée de répartir la manne puisée dans sa cagnotte globale (20 milliards de dollars aujourd’hui). La National Endowement for Democracy (NED) s’occuperait ensuite de la sous-répartir via quantité d’ONG de son choix. Et ainsi de suite.

Cette initiative exposait donc au grand jour les chaînes de délégation de pouvoirs et de financement en cascade, partant du sommet de l’Etat américain jusqu’aux distributions locales.

Toutefois, en opérant de la sorte, on savait d’avance qu’on pratiquerait une forme subtile de blanchiment d’image, puisque seules les ONG de terrain seraient perçues comme agissantes et donc comme uniques et sincères (ce qu’elles sont d’ailleurs) opératrices de leurs missions.

L’autre avantage viendrait de la possibilité de coordonner ouvertement plusieurs aspects des programmes, comme la formation de futurs hauts cadres politiques, en perspective d’un changement de régime, en même temps que celle d’universitaires spécialisés qui cautionneront ces derniers, et la mise en place de médias de soutien, etc., le tout pouvant s’opérer en circuit fermé au sein d’un même conglomérat d’ONG ou à plusieurs.

Contre la corruption

C’est dans ce contexte qu’émergèrent de nouvelles géantes du «non gouvernemental», comme Acumen, Skoll Foundation, l’Open Society ou Transparency International (TI). Cette dernière, fondée en 1993 à Berlin par un ancien de la Banque mondiale, combat le délit pénal de corruption dans le monde entier. Cela pourrait laisser supposer que les instances judiciaires chargées de poursuivre ce délit seraient déficientes. Mais au regard de quels critères? A partir de quelles données? C’est le baromètre annuel de TI qui donne les réponses et tout le monde s’accorde à en reconnaître la qualité. Mais est-ce à dire que cette ONG a su mettre en place un réseau de renseignement sophistiqué? Qu’elle dispose d’antennes et de capteurs
à l’ombre des grands fournisseurs de chiffres (audit, fisc, douanes, police financière, etc.)? Cela ne se pourrait, sauf à multiplier les délits de recel de secret de fonction ou de corruption, justement. C’est pourquoi ledit baromètre n’exprime qu’un «indice de perception» de la corruption. Une simple opinion subjective en somme et non le traitement de données chiffrées objectives.

On se demande alors comment Transparency International a fait pour s’installer avec autant d’autorité aux sommets du marché de l’influence? L’ONG reçoit en effet d’importants financements gouvernementaux: américain (USAID), canadien, britannique, irlandais, allemand, français, hollandais, suisse, danois, norvégien, suédois, estonien, et australien. A quoi s’ajoutent des fonds de la Commission européenne, de l’ONU et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). Côté privé, on retrouve les grandes fondations Ford, BHP, Open Society et quelques-uns des plus grands groupes internationaux comme EY, Google, Microsoft, Siemens, ou Pernod Ricard. Toutes ces mains à la poche représentaient la modique somme de 23 millions d’euros en 2018. C’est un peu cher payé pour des sentiments perçus. A moins que soit une belle manne pour pointer les régimes en retard sur la mise en œuvre des standards américains?

Le royaume de George Soros

Autre empire du «non gouvernemental» qui mérite d’être scruté: l’Open Society, fondée par George Soros. Le célèbre milliardaire américain a visé d’emblée le changement de régime en Europe de l’Est, incluant la Hongrie, son pays natal. Il y a déployé sa conception très personnelle des rapports sociaux, influencée par le concept de «société ouverte» imaginé par le philosophe français Henri Bergson et repris par son homologue autrichien Karl Popper.

On sait moins que George Soros a aussi puisé son inspiration dans la cybernétique et ses analyses décapantes sur les changements structurels. Il s’intéressa aux formes d’organisation complexes qui ne font pas référence à la matérialité d’un territoire. Un aspect que l’on retrouve dans son dogme antinational. L’une des rares sommités de la cybernétique auxquelles Soros se réfère nommément est Gregory Bateson, qui a notamment théorisé les mécanismes de la double contrainte qui peuvent rendre fous aussi bien des individus que des groupes sociaux entiers. Gregory Bateson l’expérimenta d’ailleurs avec succès contre l’ennemi lorsqu’il travaillait, lui aussi, pour les services secrets américains.

Etonnamment, on en retrouve tous les ingrédients tout au long des grandes ruptures sociétales financées par George Soros: chocs sociaux provoqués par les migrations, libération de l’usage des drogues, fractures familiales, promotion de modèles religieux exogènes, sans parler de toutes les révolutions de couleurs qui ne se sont pas toutes bien terminées.

Le milliardaire et fondateur de l’Open Society George Soros (à droite) en 2017, avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. (Olivier Hoslet)

«Un pays invisible de 400 millions d’habitants»

Alors pourquoi? Le milliardaire se serait-il inventé un laboratoire cybernétique à ciel ouvert? Très certainement, mais pas seulement. Une piste nous est fournie par son Soros Economic Development Fund, qui est une entreprise commerciale pure et dure. Son CEO Sean Hinton explique qu’il assure en quelque sorte le service après-vente du programme «Migrants»: «Nous finançons une série de plateformes au bénéfice de PME dirigées par des migrants ou employant des migrants et travaillant dans les centres d’accueil des Etats situés en première ligne de cette crise.» Mais il y a mieux: «Le nombre de personnes déplacées devrait monter à 400 millions dans les prochaines années. Vous imaginez un pays invisible de 400 millions d’habitants? C’est un marché considérable.»

En bref, George Soros est en train d’ubériser les nations pour se créer le monopole du marché de ces «pays invisibles» sous influence, la sienne. Il aura dépensé au bas mot 32 milliards de dollars depuis 1984 pour réaliser son laboratoire et on ne sait si c’est à son seul talent personnel qu’il doit sa fortune, concomitante aux agendas stratégiques de Washington.

Son jackpot sur la livre sterling en 1992 laisse ainsi des zones d’ombre, au moins fiscales, si ce n’est quant au mode opératoire. On se souviendra du précédent de 1956, lorsque Washington décida de casser l’opération de Suez. Ce ne sont pas ses briefings documentés au siège de l’OTAN qui contrediront ces parallèles, ni ses échanges avec son ami Strobe Talbott, secrétaire d’Etat adjoint de 1994 à 2001 rapportés par le journaliste Charlie Rose en octobre 1995, selon lesquels ils «travaillaient ensemble sur le dossier de l’Europe de l’Est». Le New Yorker du 23 janvier 1995 enregistra quant à lui les commentaires édifiants du même Strobe Talbott expliquant que la politique étrangère de Soros était «compatible» avec celle du gouvernement. Et de préciser que travailler avec Soros, «c’est comme travailler avec une entité amicale, alliée et indépendante, voire un gouvernement. Nous essayons de synchroniser notre approche vis-à-vis des anciens pays communistes avec l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et George Soros.»

On est sûr en tout cas qu’il goûta au délit d’initié et qu’il fut condamné pour cela à 2,2 millions d’euros par la Cour d’appel de Paris en 2006. Sa biographie contient d’autres anecdotes de même saveur. Le New Yorker, encore, rapporta par exemple comment il avait donné l’ordre à 2 heures du matin, depuis Washington, à l’un de ses fidèles lieutenants de son fonds Quantum, de liquider l’intégralité de son portefeuille actions japonais, à la veille de l’annonce surprise d’une restriction au trading avec le Japon, décidée par le gouvernement américain dans le plus grand secret.

Enfin, il faut encore relever que George Soros conserve un vrai penchant pour la Suisse bien nationale avec ses vraies frontières, même s’il a contribué à les rendre poreuses. Il contrôle en effet, depuis le
beau canton de Zoug, une structure faîtière essentielle de son conglomérat d’ONG et de son pactole. C’est là qu’est enregistré l’un des points névralgiques de son système: la Stiftung Open Society Institute, logée aux bons soins d’une avocate réputée.


Ces fondations qui gèrent des milliards de dollars

Fondation Bill & Melinda Gates: 40,3 milliards de dollars sous gestion

Fondation Open Society: 18 milliards de dollars sous gestion

Fondation Ford: 12,1 milliards de dollars sous gestion

(Crédits: Dr)

J. Paul Getty Trust: 12 milliards de dollars sous gestion

Fondation Robert Wood Johnson: 10,3 milliards de dollars sous gestion

Lilly Endowment: 10,3 milliards de dollars sous gestion

(Crédits: Dr)

Fondation W.K. Kellogg: 9,2 milliards de dollars sous gestion

(Crédits: Dr)

Fondation
William and Flora

Hewlett: 9 milliards de dollars sous gestion

Bloomberg Philanthropies: 7,2 milliards de dollars sous gestion


La naissance officielle

La première mention officielle des Organisations non gouvernementales (ONG) apparaît dans l’article 71 de la Charte des Nations Unies datant de 1945. Il s’agissait de marquer la différence de statut entre les ONG (de droit privé), qui ne représentent qu’elles-mêmes, et les organisations intergouvernementales (de droit public), qui représentent les Etats membres de l’ONU. Autrement dit, «non gouvernemental» signifiait simplement «non-diplomatique» et non pas «indépendant des gouvernements». Il en résulte qu’il n’est nullement absurde ni interdit à ces ONG de travailler pour leur gouvernement, voire d’être créées par lui. Elles demeureront des ONG tant qu’elles n’auront pas le pouvoir diplomatique de représenter ce gouvernement, du moins en principe.


La fondation Open Society

En 2018, le budget de la Fondation Open Society (OSF) était de 1,005 milliard de dollars, en hausse par rapport à 2017 (940,7 millions). Les dépenses totales de l’OSF depuis sa création sont estimées à 14 milliards de dollars pour ses 33 années d’activité. Si on inclut les derniers 18 milliards de dollars que George Soros a légués en 2017 à l’OSF, il aura versé en fait depuis 1984 pas moins de 32 milliards de dollars de sa fortune personnelle à sa fondation.

Arnaud Dotézac

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