Bilan

Des festivals de musique classique à la recherche de sponsors

Réussir à pérenniser est un objectif difficile pour les festivals de musique classique, d'autant plus que l’offre est toujours plus grande. Les sponsors sont indispensables à leur survie.

Le Puplinge Classique Festival fête cette année sa dixième édition, avec un concert anniversaire le premier septembre au Victoria Hall.

Crédits: Eliyah Reichen

Le festival Amadeus, le Luna Classics à Nyon, l'Annecy Classic festival… Nombreux sont les évènements de musique classique de la région à s’être arrêtés ces trois dernières années. On en compte encore une petite dizaine qui trouve son public en Suisse romande. Selon la statistique de poche de la culture en Suisse de 2018, la musique classique est le deuxième genre musical écouté lors de concerts ou festivals.

Un soutien financier toujours plus important

Sans le sponsoring, le Puplinge Classique Festival ne pourrait pas fonctionner. Il représente environ trois-quarts de ses fonds, alors que la vente des billets, elle, que 10%. François-Xavier Poizat, fondateur et directeur du festival, se dit chanceux. «C’est plus facile de trouver des sponsors en musique classique que pour d'autres formes d'art. Notre budget actuel est 15 fois supérieur à notre première édition, grâce justement aux sponsors et mécènes.»

Son de cloche différent pour l’événement Septembre musical se déroulant entre Montreux et Vevey. Mischa Damev, directeur du festival, déplore la concurrence dans ce milieu. « On reçoit beaucoup d’aide de la commune de Montreux, mais c’est de plus en plus difficile de trouver des sponsors. L’offre d’évènement de musique est très grande et les entreprises doivent faire des choix. » 

Des choix importants pour leur survie: pour l’édition 2019, le partenariat historique entre le Verbier Festival et la filiale Nespresso prend fin. L'événement musical perd son soutien annuel de 250 000 francs sur un budget global de près de 10 millions selon le Nouvelliste.

Les communes subventionnent en large majorité ces événements. Pour le Bellerive, la commune de Collonge-Bellerive le subventionne à hauteur de 48’000 francs. Sur le plan économique, le Bellerive fait figure d’exception dans le paysage des festivals de musique classique. La vente de billet, qui a augmenté de plus de 20% lors de la dernière édition, représente la moitié de ses bénéfices. L’autre moitié provient de la commune et des différents sponsors, fidèles depuis des années.

La musique classique, un monde coûteux

Les cachets des artistes sont très élevés et les instruments coûtent cher. Le budget du Puplinge Classique festival se divise en deux catégories : 60% pour les frais d'honoraires, avec plus des trois-quarts dévolus au budget des artistes, et 40% pour les frais matériels, comprenant les infrastructures et la publicité.

Le bénévolat est aussi une des clés pour pérenniser. Le Septembre musical, qui fête cette année ses 74 ans, défraye l’équipe composée de 8 personnes. Des dizaines de bénévoles travaillent en plus lors de la manifestation. Pour le Bellerive, les deux co-organisatrices sont bénévoles mais décident de rémunérer les jeunes venant travailler pendant la durée de l’événement. «Dire que les organisatrices sont bénévoles est un vrai plus lors de la recherche de fonds. Les sponsors savent que l’argent servira entièrement à l’événement, et non pas à nous verser un salaire», explique Caroline de Senger, co-directrice du festival.

A contrario pour Puplinge, la part de bénévolat est assez faible. L’équipe est constituée de trois organisateurs et d’une quinzaine de personne en plus durant l’événement, seuls trois d’entre eux sont des bénévoles.

Trois festivals, trois modèles économiques différents, mais des formules qui fonctionnent. La 10e édition du Puplinge Classique Festival a débuté le 20 juillet, et se clôturera le 23 août alors que le Bellerive est en route pour sa 25e édition. Pour le Septembre festival, il fêtera cette année sa 74e édition. Elle sera sous le signe du renouveau avec une programmation plus uniquement classique, mais qui souhaite mettre à l’honneur la «haute-culture» d’un pays.

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