Bilan

De Watteville, un diplomate rompu aux missions difficiles

Jacques de Watteville succède à Michael Ambühl en tant que Secrétaire d'Etat aux questions financières internationales. Ce romand de 62 ans reprend le brûlant dossier fiscal.
  • Jacques de Watteville, 62 ans, a été nommé à la tête du Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales. Crédits: Keystone
  • Il connaît bien Bruxelles et la Comission européenne pour y avoir travaillé de nombreuses années. Il est ici deriière l'ex-commissaire pour la justice Jacques Barrot. (6 avril 2009) Crédits: Keystone
  • Avant d'être nommé secrétaire d'Etat, Jacque de Watteville occupait depuis 2012 le poste d'ambassadeur pour la Chine, la Corée et la Mongolie. Il inaugure ici le Pavillon suisse lors de la foire des machines-outiles à Péking en avril 2013. Crédits: WENN
  • Jacques de Watteville le 11 février 2000 au club suisse de la presse a Genève. Il occupe le poste de chef du service économique et financier du département fédéral des affaires étrangères. Crédits: Keystone
Son patronyme respire la noblesse mais Jacques de Watteville est un diplomate pure souche de la vieille école, qui s'exprime avec distinction. Considéré comme agréable, le diplomate âgé de 62 ans reprend la direction du Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI).

Sa carrière a suivi un cursus jugé classique. Après un doctorat de droit, il obtient son brevet d'avocat à Lausanne, sa ville natale. Délégué de la Croix-Rouge, il part au Liban en 1978 en pleine guerre civile, avant de rejoindre une étude d'avocat et d'entrer dans la carrière diplomatique en 1982.

Ses postes le font voyager en Europe et en 1987, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) le nomme secrétaire diplomatique et en 1991, Jacques de Watteville rejoint le conseil de la mission diplomatique à Bruxelles. En 1997, il devient le responsable du service économique et financier du DFAE.

Quatre ans en Syrie

Il part en 2003 pour la Syrie, où il reste quatre ans. A Damas, il s'occupe notamment des demandes d'asile des réfugiés irakiens chassés par la guerre civile. Jacques de Watteville tire la sonnette d'alarme à l'Office fédéral des migrations (ODM), mettant en garde contre un afflux de requérants.

L'ambassade de Damas propose alors d'ignorer ces demandes d'asile. La direction de l'ODM, sous la tutelle de Christoph Blocher, donne son accord. Les dossiers s'accumulent et il faudra attendre plusieurs années pour découvrir que l'ODM avait arrêté de traiter ces demandes.

Après son chemin de Damas, le diplomate retrouve Bruxelles en tant qu'ambassadeur pour la Suisse auprès de l'UE. Il ne fera pas les gros titres, si ce n'est lors de son départ à l'été 2012. Dans son rapport final, il décrit une image sombre des relations entre les deux parties, trop sombre au yeux de certains observateurs.

De multiples défis au SFI

«Même nos amis ne nous comprennent plus», écrit alors Jacques de Watteville. L'activation de la clause de sauvegarde est très mal perçue et le camp des mécontents grandit. On assiste alors à une nouvelle escalade de «Switzerland-Bashings», le dénigrement de la Suisse.

Le diplomate part alors en poste en Chine où il finalise les derniers détails de l'accord de libre-échange qui sera signé cette année avec Pékin.

Dans le privé, Jacques de Watteville est connu pour être un skieur et un randonneur passionné. De retour au pays, il devra rapidement enfiler la tenue de patron du SFI alors que la Suisse fait face à de multiples défis, que ce soit l'accord fiscal avec les Etats-Unis, les négociations bilatérales avec l'Union Européenne ou les relations avec l'OCDE.

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