Bilan

David Beckham, un businessman à Paris

Le footballeur britannique iconique, c’est le salaire de Federer avec le talent de Wawrinka. En football, c’est possible, et c’est pour cette raison que le Paris Saint-Germain mise sur lui.
L’an dernier, David Beckham a gagné 37 millions grâce à ses contrats publicitaires. Crédits: Franck Fife/AFP

«Son pied gauche ne lui sert à rien, il est mauvais de la tête, il ne sait pas tacler et il ne marque pas souvent. A part ça, il est très bien.» Personne n’a mieux que l’ancien footballeur irlandais George Best résumé le cas Beckham.

David Beckham a pour lui une passe très précise du pied droit, une centaine de sélections en équipe d’Angleterre, une belle petite gueule et une femme très ambitieuse. Seuls les deux derniers éléments permettent de comprendre pourquoi l’événement sportif de la quinzaine est la signature au Paris Saint-Germain d’un joueur libre de tout contrat, qui ne sera pas payé, qui ne restera à Paris que cinq mois, qui ne s’entraînera avec sa nouvelle équipe que dans quinze jours, qui ne disputera sans doute qu’une poignée de matches et qui, à bientôt 38 ans, sera le joueur le plus âgé du championnat français! 

Mais le PSG s’est d’abord offert l’une des rares personnalités du showbiz issues du monde du sport. Une icône planétaire qui plaît à tous, à l’urbain gay tokyoïte comme au prolo de l’East End. Un père de famille (quatre enfants) que son épouse, l’ancienne Spice Girl Victoria, a transformé en tête de gondole. Le nom Beckham est une marque et pas seulement de sous-vêtements (disponible dans 1800 H&M répartis dans 40 pays). Le couple a lancé son parfum et même son fils Romeo, 10 ans, dans une carrière de mannequin pour Burberry.

L’an dernier, David Beckham a gagné 9 millions de francs pour son activité footballistique et 37 millions pour des opérations publicitaires. Selon Forbes, il s’agissait du footballeur le plus payé au monde, devant Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, les deux meilleurs joueurs du monde. C’est un peu comme si Stanislas Wawrinka possédait la notoriété et le compte en banque de Roger Federer.

Lorsqu’il signa au Los Angeles Galaxy en 2007, ce transfert fut considéré comme une semi-retraite lucrative devant permettre à Mme Beckham d’avoir ses entrées à Hollywood et sa villa à Beverly Hills. Six ans plus tard, le bilan est éloquent: en cinq saisons, David Beckham a engrangé 150 millions de francs et ajouté Armani, Sharpie, Yahoo, EA, Samsung, Burger King, Sainsbury et Breitling à sa collection de contrats publicitaires. 

Les intérêts télévisés du PSG

Grâce à lui, sept nouvelles franchises sont entrées dans la ligue américaine de football (MLS), dont les match sont désormais retransmis sur le réseau national NBC. La prochaine franchise paiera son ticket d’entrée sept fois plus cher qu’il y a cinq ans. A moins qu’elle ne soit propriété de David Beckham… La star possède en effet par contrat une option valable jusqu’à la fin de sa carrière. Et c’est peut-être bien cette option que vise QSI, la société qatarie propriétaire du PSG afin de s’ouvrir le marché américain.

Dans l’immédiat, les dirigeants parisiens accroissent l’intérêt pour le championnat français, dont la chaîne BeIN Sport, filiale d’Al Jazeera, détient les droits. Ils placent le PSG sur la carte du foot mondial, notamment en Asie où le «Spice Boy» est adulé. Même si ce genre de négociations ne s’improvise pas, l’arrivée de David Beckham fait opportunément oublier le scandale des votes achetés par le Qatar pour obtenir l’organisation de la Coupe du monde 2022.

Nous sommes donc bien loin du simple merchandising, même si le nouveau numéro 32 du PSG touchera 22 euros par maillot vendu. 

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