Bilan

Dans l'ombre de la Fed, la BNS devrait prôner le statu quo

La Banque nationale suisse (BNS) conduira jeudi son examen trimestriel de la situation économique et monétaire.

Les experts s'attendent plutôt à des "intervention verbales" de la part de la BNS, assorties à une détermination réaffichée d'intervenir sur le marché des devises pour endiguer une éventuelle appréciation du franc.

Crédits: Keystone

La fièvre s'est emparée du monde financier depuis quelques semaines, à l'approche de la date fatidique du 17 septembre. Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (FOMC) se réunira mercredi et jeudi pour décider d'un éventuel - et très attendu - relèvement du taux directeur. La Banque nationale suisse (BNS) conduira jeudi son examen trimestriel de la situation économique et monétaire. Le rendez-vous suscite toutefois peu d'engouement, tant le scénario du statu quo semble inéluctable.

Le taux d'intérêt sur les dépôts à vue devrait ainsi rester négatif, à -0,75%. La BNS devrait également maintenir son objectif pour le Libor en francs à trois mois dans la fourchette comprise entre -1,25% et -0,25%.

Mais au-delà du battage autour de la Fed, la BNS garde la politique ultra accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) dans sa ligne de mire. L'institut d'émission se doit au moins de stabiliser le différentiel de taux d'intérêt dans la zone euro afin de pouvoir conserver une marge de manoeuvre dans sa lutte contre la surévaluation du franc.

Un abaissement supplémentaire du taux sur les dépôts à vue semble peu probable dans le contexte actuel. Le patron de la BCE Mario Draghi a promis récemment qu'il ouvrirait les vannes en cas d'urgence, assouplissant encore davantage sa politique monétaire si la conjoncture en zone euro venait à se dégrader. Ainsi, selon toute vraisemblance, la BNS ne tirera pas ses dernières cartouches prématurément.

PRESSION UN PEU RELÂCHÉE

Les experts s'attendent plutôt à des "intervention verbales" de la part de la BNS, assorties à une détermination réaffichée d'intervenir sur le marché des devises pour endiguer une éventuelle appréciation du franc. Les économistes de Unicredit n'excluent pas que le président Thomas Jordan mentionne dans son discours une nouvelle baisse des taux d'intérêts.

La pression pesant sur les épaules du patron de la BNS s'est toutefois relâchée depuis quelques jours, la monnaie helvétique ayant reculé la semaine dernière, à 1,10 CHF face à l'euro. C'est la première fois que ce niveau est atteint depuis le 15 janvier et la levée du taux plancher EUR/CHF. Au cours des derniers mois, M. Jordan a répété à qui veut bien l'entendre que le franc est surévalué.

Les perspectives conjoncturelles, bien qu'encore prudentes, s'avèrent plus optimistes qu'il y a trois mois, au moment de la publication du dernier rapport trimestriel de la BNS, commentent les économistes de Raiffeisen. Tout comme ses homologues de la Fed et de la BCE, la banque soulignera sans doute les menaces que le ralentissement chinois fait peser sur l'économie mondiale. Une rhétorique trop confiante pourrait donner lieu des réactions indésirables sur les marchés, affirme-t-on auprès de la coopérative bancaire.

Une chose semble certaine, selon les spécialistes interrogés: il faudra encore attendre assez longtemps avant d'assister au retour des taux d'intérêts en zone positive. Tant que la BCE ne mettra pas un terme à son assouplissement quantitatif, la BNS restera pieds et poings liés.

Le programme de rachat de dette de la BCE s'étirera jusqu'en septembre 2016 et pourrait même être prolongé. Pour les économistes de J. Safra Sarasin, il ne faut rien attendre du côté des taux directeurs avant 2018.

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