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Cuba bloque à la dernière minute un accord de l'OMC à Bali

Le délégué cubain a annoncé qu'il refusait de signer un accord à la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Bali.
S'exprimant au nom de la Bolivie, du Nicaragua et du Venezuela, le délégué cubain a annoncé qu'il rejette l'accord, accepté par les 155 autres pays membres de l'OMC.
Cuba a bloqué à la dernière minute un accord à la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Bali. La cérémonie de clôture a été reportée. Il faut un consensus des 159 pays membres pour l'adoption définitive des textes.

S'exprimant au nom de la Bolivie, du Nicaragua et du Venezuela, le délégué cubain a annoncé qu'il rejette l'accord, accepté par les 155 autres pays membres de l'OMC. Le directeur général de l'OMC Roberto Azevedo a entamé des consultations avec la délégation cubaine pour surmonter cet ultime obstacle.

«Cuba a indiqué qu'il n'était pas content avec la suppression du passage sur l'embargo américain, les dispositions sur le transit et le déroulement de la conférence», a expliqué le porte-parole de l'OMC Keith Rockwell. «Tous les autres groupes et les 155 autres pays ont approuvé l'accord», a-t-il affirmé.

Le porte-parole de l'OMC n'a pas pu dire combien de temps allaient durer les consultations avec Cuba. Il faut un consensus de tous les pays membres pour l'adoption formelle des textes. Cet imprévu de dernière minute ne remet pas en cause l'accord acquis à Bali, mais il faudra probablement du temps pour lever l'opposition de Cuba et de ses trois alliés latino-américains.

Congratulations

Auparavant, Roberto Azevedo avait été vivement applaudi, après avoir présenté le résultat de quatre jours de négociations ininterrompues à Bali. Après avoir menacé d'effondrement tout l'édifice, les ministres américain et indien du commerce se sont congratulés en public.

Les ministres indien Anand Sharma et américain Michael Froman se sont embrassés devant les chefs de délégation, scellant ainsi leur réconciliation après s'être affrontés pendant plus de trois jours.

Les négociations se sont débloquées à l'aube vendredi, après que l'Inde a accepté une formule de compromis préservant ses droits à la sécurité alimentaire. Vendredi soir, tous les pays, à l'exception de Cuba et de ses trois alliés, ont fait connaître leur soulagement et leur satisfaction à l'annonce d'un accord sur les trois volets en discussion, l'agriculture, la facilitation des échanges et le développement.

Le ministre indien du commerce Anand Sharma a levé toute hypothèque en répondant «oui» à la question de savoir s'il allait approuver l'accord. «Je l'approuve», a-t-il dit. «C'est une décision historique. Non seulement pour l'Inde, mais pour tous les pays en développement et les pays pauvres. C'est une victoire pour l'OMC, pour le monde», a-t-il lancé.

Soutien de la Suisse

L'accord doit encore être officiellement avalisé lors d'une cérémonie de clôture reportée à une heure indéterminée. Le conseiller fédéral Johann Schneider-Amman avait fait savoir dès mardi qu'il soutenait un accord et que Berne n'avait pas de problème avec l'ensemble des textes en discussion. La Suisse doit officiellement accepter le «paquet de Bali» lors de la cérémonie de clôture.

L'Inde s'était jusqu'à présent opposée à plusieurs offres de compromis qui lui avaient été présentées, bloquant ainsi un accord jugé capital pour relancer les négociations sur l'ouverture des échanges mondiaux, paralysées depuis le lancement du cycle de Doha, il y a 12 ans, et éviter à l'OMC une paralysie prolongée.

De nombreux pays avaient averti qu'un échec à Bali aurait menacé jusqu'à l'existence même de l'organisation basée à Genève, voire l'ensemble du multilatéralisme, au profit des seuls accords régionaux et bilatéraux.

Plafond aboli

L'Inde exigeait que soit aboli le plafond imposé par l'OMC aux subventions agricoles, dans le cas où ces dernières serviraient à la mise en oeuvre de programmes alimentaires. New Delhi veut offrir à des prix artificiellement bas des denrées alimentaires de base à près de 800 millions de pauvres.

Selon le texte de l'accord, publié par l'OMC sur son site internet, aucune sanction ne sera recherchée contre les pays en développement qui dépassent le plafond de subventions pour un programme de sécurité alimentaire, jusqu'à ce qu'une solution permanente soit trouvée lors de la 11e ministérielle de l'OMC, dans quatre ans.

En contrepartie, les pays qui voudraient constituer des «stocks à des fins de sécurité alimentaire» doivent s'engager à ne rien faire qui puisse «fausser le commerce» sur les marchés mondiaux.

Les pays occidentaux tenaient surtout à l'accord sur la facilitation du commerce, destiné à réduire les obstacles non-tarifaires en augmentant la transparence et en simplifiant les procédures douanières.
Anne-Elisabeth Celton

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