Bilan

Crise financière: le scénario inquiétant du FMI

Une réévaluation des risques pourrait entraîner une flambée du coût du crédit, une chute du prix des actifs et un retrait des marchés émergents, selon une prévision émise par le Fonds monétaire international (FMI).

Après les records, les marchés financiiers vont-Ils chuter?

Crédits: AFP

Dix ans après le début de la crise financière qui a démarré en 2007, l’économie mondiale semble avoir tourné la page. Les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) sont optimistes avec une croissance de 2,7% pour l’an prochain. Mais, dans son rapport sur la stabilité financière publié récemment, l’institution met en garde les acteurs politiques et économiques contre les risques d’une nouvelle déroute de la finance.

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Le premier danger, qui découle la politique monétaire accommodante des banques centrales, concerne les excès des marchés financiers. Selon le FMI, «il y a trop d'argent en quête de trop peu d'actifs rentables: actuellement moins de 5% (1800 milliards de dollars) du volume mondial d'actifs à revenus fixes ayant valeur d'investissement génèrent un rendement supérieur à 4%, contre 80% (15'800 milliards de dollars) avant la crise». Selon cette étude, la hausse des actifs s’explique par l’attitude des investisseurs qui acceptent de prendre des risques de crédit et de liquidité importants pour doper les rendements.

Envolée de la dette des ménages

Le second danger résulte de la hausse de l'endettement des principales économies de la planète. La dette des ménages par rapport au produit intérieur brut (PIB) s’est envolée dans les pays avancés de 35% en 1980 à 65% en 2016, alors qu’elle a grimpé dans les pays émergents de 5% en 1995 à 20% en 2016. D’après le FMI, «l'effet de levier dans le secteur non financier est désormais plus élevé qu'avant la crise financière mondiale dans l'ensemble des pays du G20. Malgré la faiblesse des taux d’intérêt, la hausse de l'effet de levier a entraîné une augmentation des ratios du service de la dette du secteur privé dans plusieurs grandes économies. Cette situation peut mettre à rude épreuve la capacité des emprunteurs plus faibles à assurer le service de la dette dans certains pays ou secteurs»

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Le troisième danger provient de la Chine.  Selon le FMI, «l'ampleur, la complexité et le rythme de croissance du système financier chinois laissent entrevoir des risques élevés pour la stabilité financière. Les actifs du secteur bancaire ont progressé de 240% du PIB à fin 2012 à 310 % actuellement. Par ailleurs, le recours accru aux financements de gros à court terme et au «crédit parallèle» pour les entreprises accroît la vulnérabilité des banques.»

Les risques liés à la Chine

Dans son rapport, le FMI examine un scénario inquiétant. Selon celui-ci, une réévaluation des risques entraînerait une flambée du coût du crédit, une chute du prix des actifs et un retrait des marchés émergents. «Les répercussions économiques seraient considérables (environ le tiers de l'intensité de la dernière crise financière mondiale) et plus généralisées (la production mondiale chuterait de 1,7%). Les pays émergents seraient davantage touchés avec une réduction des flux de portefeuilles de 100 milliards de dollars sur quatre trimestres».

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Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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