Bilan

Credit Suisse maintient ses prévisions de croissance pour la Suisse

Comme à fin 2016, Credit Suisse table toujours sur une progression du PIB helvétique de 1,5% en 2017.

Credit Suisse maintient inchangées ses prévisions de croissance pour l'économie suisse. 

Crédits: Keystone

Même si rassuré par l'issue des présidentielles françaises, Credit Suisse maintient inchangées ses prévisions de croissance pour l'économie suisse. Comme à fin 2016, le numéro deux bancaire helvétique table toujours sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,5% en 2017.

Après l'élection d'Emmanuel Macron, l'incertitude politique a diminué dans la zone euro. Les fondamentaux montraient eux que la consommation s'y est améliorée, et le chômage a diminué, indique Credit Suisse dans sa publication consacrée aux investissements, présentée mercredi à Zurich.

Les prévisions tant pour la zone euro que pour le Royaume-Uni après le vote sur le Brexit ont été rehaussées. Les perspectives d'inflation dans les Etats de la monnaie unique demeurent par contre modérées. Du coup, ce n'est qu'en septembre que la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer son intention de réduire lentement ses achats d'actifs en 2018.

Moins de pression

La victoire du candidat d'En marche! a aussi eu pour effet de réduire la pression à la hausse sur le franc. Dans une moindre mesure, la devise helvétique s'est dépréciée face au dollar. Une situation qui rend moins nécessaire une intervention de la Banque nationale suisse (BNS) sur le marché des changes.

La BNS ne devrait donc pas changer de sitôt de cap. Ses achats pourraient se limiter à quelque 500 millions de francs par semaine, estime Credit Suisse. Quant au taux de dépôt, un relèvement n'est pas escompté avant la fin 2018.

Depuis le début de l'année, la situation des petites et moyennes entreprises en Suisse s'est nettement améliorée. La récupération après le choc de janvier 2015 aura tout de même duré un an de plus que pour les grandes firmes, qui disposaient d'une plus large marge de manoeuvre pour délocaliser la production à l'étranger notamment. Pour 2018, la croissance est anticipée à 1,7%.

Attendre 2018

Globalement, l'économie mondiale a vigoureusement démarré le second trimestre. Mais les indicateurs se sont désormais stabilisés à un haut niveau. Après un pic, l'inflation devrait reculer, car l'impact positif des prix de l'énergie s'atténue avec le temps.

Même l'inconnue Donald Trump ne suscite plus autant de craintes. Car l'économie américaine dépend de la consommation privée, qui à son tour dépend du marché du travail. Or celui-ci s'avère bon, et devrait le rester, assure Nannette Hechler-Fayd'herbe, responsable de la stratégie d'investissement chez Credit Suisse.

Après un premier trimestre décevant, le deuxième est attendu meilleur outre-Atlantique. La Réserve fédérale américaine, tablant sur une faiblesse temporaire, relèvera très probablement encore ses taux lors de sa réunion du 14 juin, puis en septembre, et mettra un terme en décembre à sa politique de réinvestissement, prévoit la banque.

Marchés domestiques first

Reste à voir si le président républicain sera en mesure de créer "le choc" attendu sur l'économie domestique, comme il l'a promis. Nannette Hechler-Fayd'herbe scrute l'horizon 2018 avant de modifier ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis.

La devise chère au locataire de la Maison-Blanche "L'Amérique d'abord" (America First) devrait pourtant faire des émules dans d'autres pays occidentaux dotés d'une classe moyenne "désenchantée", estime l'économiste. En effet, parmi les "supertendances" à long terme, elle identifie la priorité mise par les politiques sur les marchés domestiques.

"Les nouveaux gouvernements vont probablement s'efforcer de rétablir la prospérité de la classe moyenne, d'investir dans la sécurité et la défense nationale et de stimuler la consommation privée", selon Credit Suisse. Une tendance que Nannette Hechler-Fayd'herbe ne veut pas pour autant taxer de populisme ou de nationalisme économique, mais considère comme un "rééquilibrage", après des années de croissance exclusive.

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