Bilan

Credit Suisse: militants du climat devant les juges après le blocage du siège

Neuf activistes de la protection du climat, dont sept Romands, comparaissent devant la justice zurichoise. Accusés de contrainte et, pour la plupart, de violation de domicile, ils refusent de parler. En juillet 2019, ils ont bloqué l'entrée du siège de Credit Suisse.

En janvier dernier, la justice de Bâle-Ville a acquitté cinq activistes qui avaient bloqué, le même jour avec 14 camarades et pour les mêmes raisons, l'entrée au siège administratif de l'UBS, dans la cité rhénane.

Crédits: Keystone

Les prévenus risquent une peine pécuniaire de 90 jours-amende avec sursis. C'est du moins ce que le Ministère réclame devant le Tribunal de district de Zurich. L'audience se déroule mercredi dans la grande salle de la Maison du peuple, non loin du tribunal, afin que les mesures anti-pandémiques de distance sociale puissent être respectées.

Seuls deux des neuf prévenus ont accepté de dire quelques mots à la Cour. Ainsi, une horlogère romande a souligné que les actes poursuivis étaient de nature symbolique et n'avaient pas enfreint la loi. L'accusée a toutefois refusé de dire qui avait organisé l'action menée devant le siège de Credit Suisse à Zurich.

Classement réclamé par la défense


Un autre accusé, romand lui aussi, a soutenu que personne n'avait en réalité été empêché d'entrer dans la banque, car personne ne s'était présenté devant les entrées bloquées. Les autres activistes ont refusé toute déclaration. Ils ont renvoyé la Cour à leurs avocats qui ont réclamé le classement sans suite de la procédure.

Pour la défense en effet, les inculpations ne sont pas valides. Les prévenus ont fait recours contre l'ordonnance pénale les sanctionnant, raison pour laquelle ils comparaissent. Or le Ministère Public a augmenté la peine pécuniaire qu'il requiert entre l'ordonnance pénale (60 jours-amende avec sursis) et le procès (90), sans que de nouveaux éléments ne le justifient.

64 personnes interpellées


Le 8 juillet 2019 à Zurich, les sept femmes et les deux hommes inculpés ont pris part à un sit-in devant l'entrée de la grande banque, à Paradeplatz. But de leur action: bloquer l'accès au bâtiment pour protester contre les activités bancaires nuisibles, selon eux, pour le climat et exiger des grandes banques qu'elles cessent immédiatement de financer l'extraction du charbon, du pétrole et du gaz.

Les militants ont aussi placé des pots de plantes et des vélos cadenassés entre eux. Les policiers ont dû briser des chaînes avec un disque à trancher, puis évacuer les activistes en les portant. Ils ont interpellé 64 personnes.

Certains jeunes activistes ont passé deux jours en détention. Cette mesure était nécessaire pour respecter la procédure jusqu'à ce que les ordonnances pénales puissent être délivrées pour un tel nombre de personnes arrêtées, avait alors justifié le Ministère public.

Acquittements à Bâle


En janvier dernier, la justice de Bâle-Ville a acquitté cinq activistes qui avaient bloqué, le même jour avec 14 camarades et pour les mêmes raisons, l'entrée au siège administratif de l'UBS, dans la cité rhénane. La Cour avait estimé que le rassemblement avait été paisible et non menaçant. 22 militants ont accepté la sanction par ordonnance pénale. Ils ne comparaissent donc pas.

Les procès climatiques occupent aussi le Tribunal fédéral. En effet, les juges de Mon Repos doivent se pencher sur le cas des douze activistes du climat qui avaient singé une partie de tennis chez Credit Suisse à Lausanne. Ces militants, qui ont été condamnés par la Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois, ont saisi la Haute Cour en novembre dernier.

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