Bilan

Controverse sur le système radio du Gripen

L'avion de combat Gripen E, que la Suisse prévoit d'acheter, pourrait être équipé d'un module de communication américain, selon plusieurs médias dominicaux.

Saab, le constructeur suédois du Gripen, a décidé de confier le module radio des nouveaux avions suisses à l'entreprise américaine Rockell Collins.

Crédits: DR

L'avion de combat Gripen E, que la Suisse prévoit d'acheter, pourrait être équipé d'un module de communication américain, selon plusieurs médias dominicaux.

Cet équipement radio devait initialement être fourni par un fabricant bernois, mais Saab aurait changé d'avis il y a quelques mois.

Le constructeur suédois a décidé de confier le module radio des nouveaux avions suisses à l'entreprise américaine Rockell Collins, selon une enquête publiée dans les hebdomadaires "Le Matin Dimanche", "Schweiz am Sonntag" et "SonntagsZeitung". Les journaux ajoutent que le volte-face de Saab a eu lieu peu après que le Parlement suisse a accepté l'achat de 22 avions de combat.

Contacté par l'ats, le département de la Défense (DDPS) ne confirme, ni ne dément toutes ces allégations. Mais les services d'Ueli Maurer précisent, dans une prise de position écrite, que "l'utilisation de composantes non européennes dans le Gripen E n'a jamais été exclue".

Le cahier des charges de l'appareil qui allait remplacer le Tiger exigeait "de façon explicite" qu'il soit équipé de technologies et de systèmes de communication "vérifiés par les Etats-Unis", ajoute le DDPS.

Le département explique que ces mêmes systèmes "sont déjà utilisés sur les avions de combat F/A-18" (de fabrication américaine, ndlr.), "dans nos systèmes de communication" et dans le système suisse de surveillance radar FLORAKO.

Les clés d'encryptage utilisées sur le Gripen seront fabriquées en Suisse, assure le DDPS. Interrogé sur les risques d'intervention par des tiers sur l'échange d'informations pendant une mission, le département affirme qu'il s'agit là de "pure hypothèse".

Pourtant, face aux risques relevés dans des affaires comme celle de l'espionnage américain, le Conseil fédéral avait décidé le 5 février de serrer la vis. L'administration fédérale ne devrait plus recourir à des entreprises étrangères pour ses prestations informatiques et de communication importantes. Sont concernées aussi bien des prestations fournies dans le cadre de l'armée que via des téléphones portables ou des ordinateurs.

Plus précisément, le gouvernement entend désormais confier la fourniture des prestations destinées aux infrastructures centrales d'importance vitale de l'administration si possible uniquement à des entreprises soumises exclusivement au droit suisse, détenues en majorité par des propriétaires suisses et fournissant toutes leurs prestations sur le territoire suisse.

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