Bilan

Cinémas: la course aux multiplexes

Des dizaines de nouvelles salles vont ouvrir durant ces prochaines années, dont à Zurich le tout premier mégaplexe de Suisse. Une effervescence qui se retrouve chez tous les acteurs de la branche.

Des dizaines de nouvelles salles de cinéma vont ouvrir en Suisse.

Crédits: DR

A Genève, la société Arena Cinemas va inaugurer en juin prochain un multiplexe de neuf salles au Centre commercial de la Praille, pour un investissement de 30 millions. Le même groupe vient d’annoncer l’agrandissement à Zurich du complexe Arena Shilcity de 10 à 18 salles.

«Ce sera le premier mégaplexe de Suisse, un terme qui s’emploie dès qu’il y a plus de 15 salles.» CEO d’Arena, Patrick Tavoli en est aussi le copropriétaire avec Edouard Stöckli – autrefois connu comme le roi des cinémas porno. La société contrôle encore Cap’Ciné à Fribourg et construit un multiplexe à Yverdon pour l’horizon 2018.

Cette effervescence se retrouve chez tous les acteurs de la branche. A Genève, Pathé Balexert a ouvert la première salle IMAX romande à la fin 2013. Dans le minuscule canton de Zoug, un multiplexe et d’autres projets mettent quelque 24 salles supplémentaires à l’agenda.

«La Suisse connaît un effet de rattrapage, analyse Patrick Tavoli. La construction de multiplexes y a été interdite par la loi jusqu’en 1999. Les ouvertures actuelles vont nous mettre au niveau des pays voisins.»

Le cinéma d’auteur aussi

Avec un million d’habitants, l’agglomération zurichoise bénéficie d’une taille critique propice au cinéma d’auteur. Ce créneau connaît une forte expansion le long de Limmat. Dans le quartier de la Langstrasse, le groupe indépendant Riff-Raff va ouvrir une seconde adresse cette année. Et la firme Arthouse s’est associée avec le cinéaste Samir pour un projet de multiplexe à vocation culturelle.

Les cinémas diversifient maintenant leur offre avec des retransmissions d’opéras et d’événements sportifs. Certains exploitants souhaitent diffuser des épisodes de séries à succès, type Mad Men par exemple, durant la pause de midi. Les salles accueillent aussi des entreprises pour des présentations de produits et des événements.

Les perdants, ce sont les petits cinémas des centres-villes. Les Apollo, Capitole et autres Corso ouverts dans les années 1950 cèdent leur place à des chaînes de confection internationales.

«Aujourd’hui, il ne suffit pas d’attendre le client, il faut aller le chercher. Or les fauteuils inconfortables et les écrans minuscules, ça le fait fuir, commente Patrick Tavoli. Vous êtes obligés d’investir régulièrement et de garantir des prestations au top.»

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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