Bilan

Chômage: la Suisse derrière l’Allemagne

A la suite d’une révision statistique, le taux de chômage suisse calculé selon la méthode du BIT se situe à 5,3% à fin mars 2017, soit un niveau supérieur à celui de notre voisin Outre-Rhin.
  • Thierry Murier, de la section travail et vie active de l’Office fédéral de la statistique.

    Crédits: Dr

Même s’il est resté faible en Suisse, le taux de chômage est toujours scruté avec beaucoup d’attention par les acteurs économiques et politiques. Or, les résultats de la dernière révision de la statistique du chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) sont passés complètement inaperçus. Pourtant, leurs répercussions ne sont pas anodines, à la fois sur le plan interne et en comparaison internationale.

D’abord, la différence entre le taux de chômage calculé selon la méthode de calcul du BIT et celui publié par le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) s’est accentuée. «Pour la période 2010 à 2016, l’écart est rehaussé en moyenne de 0,3 point de pourcentage à +1,6 point», indique Thierry Murier de la section travail et vie active de l’Office fédéral de la statistique (OFS) dans un article publié dans Tendances conjoncturelles. Au 1er trimestre 2017, le taux de chômage au sens du BIT s’est élevé à 5,3% de la population active contre 3,4% selon les chiffres du Seco.

Les raisons de cette divergence touchent à des questions de définition. Selon l’OFS, «un chômeur au sens du BIT est une personne n’exerçant pas d’emploi, ayant recherché un travail au cours des quatre semaines précédentes et étant disponible pour travailler». La production de la statistique est réalisée sur la base d’un sondage à partir d’un échantillon représentatif de la population. Pour le Seco, un chômeur est uniquement une personne inscrite auprès d’un office régional de placement. Cette statistique exclut, par exemple, les chômeurs en fin de droits. Si la méthode du BIT permet de comparer le taux de chômage entre différents pays, les chiffres du Seco s’avèrent plus détaillés en poussant l’analyse au niveau cantonal.  

De la 3e à la 8e place

Ensuite, la hausse du chômage au sens du BIT affecte plus ou moins la performance de la Suisse au niveau international. «Sa position dans le classement reste la même ou recule d’une à cinq places au cours de la période 2000 à 2016 (recul le plus important en 2004 et 2005, de la 3e à la 8e place)», écrit Thierry Murier. Par rapport aux pays voisins, l’écart important entre la Suisse et la France ainsi que vis-à-vis de l’Italie ne change guère. Son niveau de chômage se rapproche en revanche de celui de l’Autriche et, désormais, il est même plus élevé qu’en Allemagne. «Après révision, le taux de chômage de l’Allemagne devient inférieur à celui observé en Suisse en 2015 déjà, plutôt qu’en 2016 avec la série non révisée», constate Thierry Murier. 

Au printemps 2017, plusieurs pays de l’Union européenne (UE) présentaient un taux de chômage au sens du BIT moins élevé qu’en Suisse: la République tchèque (3,5%), Malte (3,9%), l’Allemagne (4,2%), la Grande-Bretagne (4,5%), la Hongrie (4,5%). Des chiffres qui sont nettement en dessous de la moyenne de l’UE (8,4%). 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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