Bilan

Chez les investisseurs, la politique aurait repris le pas sur l'économie

Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), la politique a pris le pas sur les préoccupations économiques chez les investisseurs.

Depuis près de dix ans, les investisseurs se sont montrés très dépendants des mesures des banques centrales.

Crédits: Keystone

La politique a pris le pas sur les préoccupations économiques chez les investisseurs, a analysé le chef économiste de la Banque des règlements internationaux (BRI). Le responsable note cependant que les marchés avaient prêté moins d'attention, "au moins temporairement", aux décisions des banques centrales.

"En décembre, nous avions laissé les marchés financiers à un moment où ils connaissaient un renversement de tendance après l'élection présidentielle américaine", a retracé Claudio Borio, lors d'une présentation à l'occasion de la publication lundi du rapport trimestriel de la BRI.

Les inquiétudes de longue date des investisseurs d'un risque de stagnation de la croissance et d'une faible inflation ont alors laissé place à une vague d'optimisme persistante, liée aux publications de statistiques économiques favorables. Les prix des actifs sur les marchés financiers n'ont toutefois pas suivi de direction claire, dans l'attente de signes concrets d'une nouvelle orientation politique.

"A l'instar de convives ayant fait un repas meilleur que prévu, les investisseurs ont, semble-t-il, eu besoin de temps pour digérer", a décrypté Claudio Borio, le chef du département économique et monétaire de la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales.

Sur les marchés américains, les actions ont bondi tandis que les bons du trésor sont restés élevés, alors que les investisseurs ont commencé à anticiper l'impact des choix politiques concernant les mesures de relance.

Très dépendants

Mais cette fois, il y a eu sur les marchés, des gagnants et des perdants de manière assez nette d'un secteur à l'autre, contrastant avec les mouvements constatés, après la grande crise financière de 2007-2008.

Depuis près de dix ans, les investisseurs se sont montrés très dépendants des mesures des banques centrales, qui sont lourdement intervenues pour stabiliser l'économie, ce qui a contribué à des vagues successives de forte hausse et de forte baisse sur les marchés financiers, plutôt que des choix sectoriels marqués.

"Cette rupture constitue un signe de plus que la dépendance forte - excessive, devrais-je peut-être dire - des marchés à l'égard du discours et des mesures des banques centrales a, au moins temporairement, diminué", a analysé Claudio Borio.

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