Bilan

Chantiers: une solution aux conflits

Venue des Etats-Unis, une plateforme entend limiter drastiquement les sources de problèmes lorsqu’on construit sa maison en diffusant l’information à tous les acteurs impliqués.

Les PV de chantier peuvent être entrés directement dans le système via une tablette.

Crédits: Yves Perraudin

En Europe et en Suisse, dans l’immobilier, on connaît généralement la technologie BIM (Building Information Modeling), qui est un protocole de modélisation basé sur le partage d’informations fiables, tout au long de la durée de vie d’un bâtiment ou d’infra-structures. Mais pour gérer un chantier, on utilise encore les mails et le téléphone…

Outre-Atlantique, la société Procore a toutefois pris une longueur d’avance. Fondée en 2003, «Procore n’était destinée au départ qu’aux entreprises générales, mais elle a procédé à de nombreuses acquisitions qui ont permis de développer une plateforme impliquant tous les acteurs d’une promotion, explique Julien Fersing, cofondateur et CEO de Swissroc Building Intelligence, entité du groupe Swissroc. L’usage et le développement de cette plateforme devraient permettre d’amener davantage de transparence et donc d’assainir le marché.»

L’entrée en bourse de Procore Technologies ne devrait plus tarder. Via Iconiq Capital, Mark Zuckerberg en est le principal actionnaire à l’heure actuelle. La société est désormais valorisée autour des 4 milliards de dollars.

Une plus grande transparence

Il faut dire qu’en région lémanique, on a assisté à une multiplication des petits acteurs actifs dans la promotion immobilière, mais aussi à une explosion des contentieux liés à des malfaçons (lire notre dossier du 21 août sur les pièges à éviter lors d’une acquisition immobilière).

Alors que les plateformes existantes de gestion de projets se contentent souvent de fournir du stockage de fichiers où chaque partie prenante donne un accès limité à des fichiers partagés, Procore va plus loin en matière de transparence. Le groupe genevois Swissroc fait d’ailleurs partie de l’advisory board de Procore,
aux côtés d’une vingtaine d’entreprises au monde.

Chaque personne engagée chez Swissroc Group suit une formation pour maîtriser l’usage de cette plateforme, mais le gros du travail reste la formation des sous-traitants. A ce jour, près de 250 d’entre eux l’ont été. Dont la PME Nedim Chauffage: «Grâce à Procore, nous avons moins de papiers et la communication est facilitée entre nous et Swissroc. Cela permet davantage de transparence. Les devis, plans, etc., tout est sur la plateforme à disposition. Quand il y a des modifications ou de nouveaux devis à réaliser, Swissroc a tout à disposition, tout comme le client que nous n’avons plus besoin d’appeler. Il a accès à tout en direct», confie Nedim Hurtic, directeur de cette société de cinq personnes.

Julien Fersing: «cette plateforme devrait permettre d’amener davantage de transparence et donc d’assainir le marché»

Mise à jour régulière

Le plus marquant est la centralisation et la standardisation de la gestion des finances. «Le planning, par exemple, est visible par tous. L’ensemble des entreprises adjudicatrices le signent. Le système permet une mise à jour régulière. L’acquéreur se voit notifier les modifications de planning de façon automatique.»

La procédure pour les appels d’offres permet de remplacer les envois postaux qui prenaient facilement trois semaines auparavant.

«Nous pouvons savoir quand notre mail est ouvert et si l’entreprise a bien téléchargé les documents annexes.» Les PV de chantier peuvent soit être rédigés à la main, puis scannés et envoyés sur la plateforme, soit être entrés directement dans le système via une tablette. «Nous savons qui l’a ensuite téléchargé et nous demandons systématiquement qu’ils soient approuvés.»

De quoi réduire drastiquement les risques d’erreurs lorsqu’un client modifie ses choix au cours du chantier.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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