Bilan

Ces jeux qui ciblent les (grands) enfants

Les jeux de société ont largement évolué au cours des dernières années. Disponibles dans une grande variété de formats et de prix, ils divertissent un public de plus en plus diversifié.

Le festival Ludesco a attiré 5700 visiteurs à La Chaux-de-Fonds l’année dernière.

Crédits: Florent Cosandey

Terminée l’époque où seuls le Scrabble et le Monopoly étaient des options entre amis. La gamme de jeux s’est largement élargie au cours de la dernière décennie. Entre les jeux de cartes, de rôle ou encore grandeur nature, il y en a désormais pour tous les goûts. «Avant, ils étaient destinés soit pour la famille, soit pour les enfants», explique Gus Brandys, auteur d’un blog spécialisé sur les jeux. 

«Il y a eu une réelle démocratisation du jeu avec, par exemple, le Time’s Up ou le Jungle Speed», confirme Arnaud Tardy, programmateur de Ludesco. Ce festival consacré au ludique sous toutes ses formes fête ses 10 ans cette année. Il aura lieu du 15 au 17 mars à La Chaux-de-Fonds et a réuni quelque 5700 visiteurs en mars 2018. 

Une preuve que le marché croît? L’Association suisse des jouets estime que le chiffre d’affaires du secteur jeux pour adultes a augmenté de 11% entre 2017 et 2018. Une hausse de l’intérêt que ressent également le propriétaire de Xenomorphe, magasin de jeux à Genève: «Depuis cinq ou six ans je vois un réel changement, avec une clientèle plus diverse.» 

Cette hétérogénéité des joueurs, le maître du jeu qui se fait appeler Pi la remarque aussi. Le Français, consultant digital pour les entreprises, présente surtout l’émission Tales of Pi sur YouTube. Il réunit plusieurs joueurs autour de la table et retransmet la partie en direct avant de la poster. «Le public reste majoritairement geek, mais le jeu de rôle se démocratise.»

L’offre a explosé

S’il y a davantage de joueurs qu’auparavant, c’est aussi que l’offre a su s’adapter. «Nous avons moins de temps à disposition, ce qui nécessite une expérience plus rapide», explique Gus Brandys. Pour cela, les créateurs de jeux ont mis au point des produits simples. Les joueurs lisent rapidement la notice. Ils peuvent ensuite directement se lancer dans des parties. «Il y a beaucoup de formats courts avec des parties de 30 minutes à 1 heure», raconte Thomas Junod, président de Ludesco, qui avoue au passage préférer ce rythme. Ce qui fait rire ses bénévoles, qui lui rappellent la partie de 18 heures du week-end dernier. 

Les initiés se tournent parfois vers des jeux plus pointus, avec une logique de «simple à apprendre, difficile à maîtriser». Pour ce type de jeu chronophage, l’investissement n’est pas forcément exponentiel. Les prix varient généralement entre 20 et 100 francs. Cela dépend des matériaux utilisés, de l’équipe en place, de la distribution. «Si les créateurs d’un jeu créent une extension, c’est que le jeu a conquis. Ils ne la prévoient pas directement», explique le tenant de Xenomorphe. De plus, la force des jeux réside en partie dans leur partage. Si une personne l’achète, tout le monde peut y jouer. C’est aussi ce qui a contribué à l’essor des bars à jeux et de soirées dans toute la Suisse romande.

Participer, y compris dans la distribution

Sur Kickstarter, les jeux sont les rois. Il s’agit du secteur qui compte le plus de projets. Leur financement participatif affiche un taux de réussite de presque 38%, soit à peine plus que les 36,6% toutes catégories. Le prix diffère grandement entre les produits. La présence d’un illustrateur ou non, les matériaux choisis et les extensions sont tant de paramètres qui peuvent modifier la somme à débourser. Entre les bars à jeux, les amis collectionneurs et ses propres acquisitions, une soirée ludique est toutefois vite rentable. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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