Bilan

Ces entrepreneurs qui nous ouvrent la montagne

Les sports d’hiver occupent une bonne partie de la population en hiver. Pour continuer à exploiter les montagnes, les solutions fleurissent, des plateformes à vente d’abonnements à la compréhension des avalanches.

Crédits: DR

D’un côté les pistes balisées, de l’autre la poudreuse. Les skieurs et snowboardeurs ont l’embarras du choix lorsqu’il s’agit de profiter de la neige. Pour rendre cela possible, c’est toute une industrie qui s’évertue à se renouveler sans cesse. Dominique Perret, ancien skieur freeride, a lancé des modules de formations autour des avalanches. Contrairement aux apparences, ce ne sont pas les jeunes les plus mauvais élèves. «La majorité des accidents concernent le 35-55 ans» lâche l’ancien sportif. Lui prône surtout la prévention.«L’accidentologie montre que dans 90% des cas, l’avalanche est causée par le skieur ou quelqu’un de son groupe La formation qu’il propose est la première du genre. ISTA, pour International Snow Training Academy, vise à enseigner les bonnes pratiques autour de la poudreuse. Il faut dire que Dominique Perret est une personne reconnue du milieu puisqu’il avait été élu meilleur skieur freeride du siècle en 2000, lors des Board Awards à Paris. Son passé lui a donné l’idée. «En 28 ans de saisons professionnelles, j’ai dû perdre 30 collègues.» confie-t-il.

Parallèlement, l’un des leaders des solutions de vente d’abonnements est basé à Neuchâtel. E-Liberty s’est allié avec le géant français Decathlon à l’automne. Le but à terme est de proposer une solution globale de service de sports d’hiver. Plutôt que d’acheter son abonnement à un endroit et de louer le matériel à un autre, tout est regroupé. Christian Mars, patron de l’entreprise basée à Neuchâtel, résume la situation comme ceci: «C’est aujourd’hui un secteur d’activité qui est mis à mal par les GAFA. On vous envoie les produits que vous souhaitez. Decathlon se dit que demain, les gens n’iront peut-être pas en magasin acheter ce qu’ils veulent, mais les GAFA vont directement leur envoyer les produits dont ils ont besoin.» Un changement de paradigme qui profite à e-Liberty, dont certaines actions ont été rachetées par la famille Leclerq. Très concrètement, Decathlon développe sa stratégie à long terme. Avec E-Liberty, la société française espère mettre au point son propre écosystème sportif, avec applications, conseils et communautés. Pourquoi commencer par le ski ? «C’est la pratique la mieux encadrée aujourd’hui” répond Christian Mars. «Chaque fois que vous prenez un tourniquet, on sait que c’est vous. Tandis que l’on ne sait pas si vous allez courir après avoir acheté vos chaussures.» Le patron d’e-Liberty ajoute que d’autres sports viendront s’ajouter à cet écosystème.

Le balisé et le reste

Outre la prise en charge des skieurs et snowboardeurs sur la piste, le monde du freeride s’applique à sécuriser le hors-piste. Pour mettre en place son module de formation sur les avalanches, Dominique Perret mise sur l’éducation. Parfois, les férus de poudreuse s’aventurent sur les flancs de montagnes équipés mais ininformés. «Il faut un minimum de compréhension.» insiste l’ancien freerider professionnel. Pelle, sonde, lecture du bulletin d’avalanche ou encore des panneaux en Suisse comme à l’étranger: le cours se veut complet. «Aujourd’hui des DVA, pelles ou sondes sont vendus en tant que matériel de sécurité, mais il s’agit de matériel de secours. La sécurité c’est la connaissance» affirme Dominique Perret. Les accidents sont légion, et la SUVA en recense beaucoup chaque année sur les pistes helvétiques. Si bien qu’elle a décidé de créer la plateforme «White Risk» en collaboration avec l’Institut de recherche pour la neige et les avalanches et la Croix Rouge Suisse. D’autant plus que ce n’est pas forcément une question de malice. «Beaucoup de gens ne se rendent simplement pas compte des risques.» explique-t-il.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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