Bilan

Cahuzac aurait tenté de placer 15 millions d'euros en Suisse

L’ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac aurait cherché à placer 15 millions d’euros dans un établissement de gestion financière genevois, selon la RTS. Son avocat juge cette information pas «crédible».
L'affaire Jérôme Cahuzac connait un nouveau rebondissement. La somme placée en Suisse par l'ancien ministre du Budget serait beaucoup plus importante que les 600'000 euros annoncés, comme l'a révélé Darius Rochebin à Itélé. D'après les sources de la RTS, en 2009, alors que la Suisse se déclare prête à accorder l'aide judiciaire en cas d'évasion fiscale, Jérôme Cahuzac souhaite rendre ses avoirs dans le pays plus discrets. Il aurait alors contacté un établissement de gestion financière genevois afin de transférer non pas 600'000 euros mais 15 millions d'euros.

C'est seulement après avoir essuyé un refus, en raison de son exposition politique, que Jérôme Cahuzac se serait tourné vers la société financière Reyl & Cie pour transférer ses fonds à Singapour, auprès d'une filiale de la banque Julius Bär.

Un montant qui vaut la peine

Ces informations, qui vont dans le sens de celles données en décembre par Mediapart, si elles se confirment, rendent l'ancien ministre du Budget doublement coupable de mensonge. Darius Rochebin s'étonne d'ailleurs que l’enquête administrative ait piétiné par rapport à l'enquête pénale et ne se soit pas posée les bonnes questions.

Selon plusieurs analystes, un montant de 15 millions d'euros serait beaucoup plus plausible qu'un montant de 600'000 pour un montage financier comme celui mis en place par Reyl & Cie. Dans Le Matin Dimanche, Antoine Peillon, journaliste d'investigation qui a enquêté sur le système d'évasion fiscale mis en place par UBS en France, remarque que «les tickets d'entrée pour un client privé ne se situent jamais au-dessous de 10 millions de francs suisses».

Pas «crédible» pour l'avocat de Cahuzac

En France, l'avocat de Jérôme Cahuzac a réagi dimanche à ces révélations de la RTS. Jean Veil, interrogé par l'AFP, a jugé que la tentative de placer 15 millions d'euros en Suisse n'était pas crédible. «Cette thèse n’est pas crédible sur le plan du bon sens», a-t-il déclaré.

Si le montant de 15 millions d'euros se confirme, plusieurs interrogations seront soulevées, d'où viennent ces fonds? A quoi ont-ils servi? La justice pénale genevoise qui possède entre ses mains tous les documents, devrait bientôt faire la lumière sur cette épineuse affaire qui agite le gouvernement français.







Laureline Duvillard

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