Bilan

Bulle veut-elle retenir PostFinance?

Le chef-lieu de la Gruyère n’a proposé aucune solution pour garder le centre de traitement et de services de PostFinance, dont le bail prendra fin en 2018. L’enjeu: 272 emplois.

PostFinance s’est installée à Bulle en 1996.

Crédits: Nicolas Repond

Le chroniqueur et écrivain Christophe Gallaz a écrit un jour que «Bulle (est) devenue l’une des cités romandes les plus épouvantables à l’œil». Le développement anarchique du chef-lieu de la Gruyère, dont la population a presque doublé au cours de ces vingt-cinq dernières années pour atteindre plus de 22  000 habitants, polarise l’attention des citoyens qui renouvelleront leurs autorités le 28 février prochain.

Mais la bataille électorale est muette sur un autre enjeu: le maintien de 272 emplois chez PostFinance, installée dans un bâtiment loué à la commune et située à proximité du centre-ville. Or, le bail prend fin dans le courant de l’été 2018 avec une échéance de résiliation fixée à août 2016.

Ce couperet commence à susciter l’inquiétude, car la commune ne semble pas prendre la mesure du défi à relever pour conserver PostFinance à Bulle. «Nous n’avons pas l’impression que les autorités pratiquent une politique proactive et cherchent à proposer des solutions aux dirigeants de PostFinance», affirme Martin Rauber, chef du groupe socialiste du Conseil général (le législatif). Des craintes qui sont partagées dans les rangs des libéraux-radicaux.

«Le Conseil communal a connaissance de cette échéance depuis longtemps. S’il n’a rien entrepris, c’est une erreur», estime Johanna Gapany, présidente du Conseil général et vice-présidente des Jeunes libéraux-radicaux suisses. Cette dernière regrette surtout le manque d’anticipation des autorités au niveau de l’aménagement du territoire afin de disposer de tous les atouts nécessaires pour conserver des entreprises sur le territoire de la commune. «On sait qu’il est plus facile de garder celles qui sont déjà présentes que d’en attirer de nouvelles», souligne Johanna Gapany. 

Syndic de Bulle, Yves Menoud minimise les critiques. «Nous avons eu une rencontre l’an dernier avec PostFinance. Puis nous venons de relancer ses dirigeants au mois de janvier afin de connaître leurs intentions. Nous attendons maintenant qu’ils se déterminent. Nous sommes prêts à les aider pour trouver une solution, mais nous n’en avons proposé aucune. Nous le ferons dès que nous saurons si PostFinance compte louer de nouvelles surfaces ou si elle envisage de construire son propre bâtiment», explique le démocrate-chrétien. Du côté de PostFinance, on se veut rassurant. «La seule chose que je peux dire, c’est que nous n’avons aucune intention de quitter Bulle», déclare son porte-parole Johannes Möri.

Vingt ans de présence à Bulle

PostFinance est présente à Bulle depuis 1996. Elle dispose du plus grand centre de traitement et de services de Suisse (il y en a sept autres répartis sur le territoire) après celui de Zofingue. A l’époque, la commune a emporté de haute lutte le combat face à d’autres villes romandes. Elle a construit (10 millions de francs) puis loué à perte le bâtiment dans lequel opère PostFinance. 

Rien n’est encore perdu pour Bulle. D’autant que PostFinance a approché les TPF (Transports publics fribourgeois) pour étudier un transfert éventuel de ses activités dans le nouveau quartier de la gare actuellement en construction. La commune dispose aussi d’un autre atout avec l’accession du Fribourgeois Urs Schwaller à la présidence de La Poste en avril prochain. L’ancien conseiller d’Etat et aux Etats ne devrait pas laisser tomber le chef-lieu de la Gruyère. 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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