Bilan

Brexit: 15 mois pour boucler le divorce

Londres et l'Union européenne se sont mises d'accord sur la nécessité de terminer le processus de divorce avant les prochaines élections européennes prévues en mai ou juin 2019.

Guy Verhofstadt a rappelé qu'il était "impossible de trouver des solutions qui détruiront les quatre libertés" de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services.

Crédits: AFP

Londres et l'Union européenne n'auront que "14-15 mois" pour négocier leur divorce après le déclenchement de la procédure, a prévenu mardi l'eurodéputé Guy Verhofstadt, chargé de négocier le Brexit au nom du Parlement européen.

"Nous nous sommes mis d'accord sur la nécessité de démarrer ce processus (de séparation) dès que possible et de le terminer avant les prochaines élections européennes", prévues en mai ou juin 2019, a affirmé M. Verhofstadt, qui a eu son "premier contact formel" avec David Davis, ministre britannique du Brexit, mardi au Parlement européen à Strasbourg.

"La fenêtre de négociations est donc plus ou moins de 14-15 mois", a calculé l'ancien Premier ministre belge. "Ce sera une période très intense", a pronostiqué l'eurodéputé libéral.

Si, comme l'a promis la Première ministre britannique Theresa May, Londres notifie sa décision de quitter l'UE d'ici à la fin mars 2017, les véritables négociations ne commenceront pas avant le mois de mai.

Une fois l'accord de rupture négocié avec Londres, le Parlement européen devra en outre donner son feu vert, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois à compter de la fin 2018. Ce qui laisse, de facto, une période relativement brève de 15 mois de négociations effectives, selon le négociateur européen.

Président du groupe Alde (libéraux) et chantre du fédéralisme européen, Guy Verhofstadt a également rappelé qu'il était "impossible de trouver des solutions qui détruiront les quatre libertés" de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services. Elles sont considérées comme des principes intangibles de l'Union, alors que le gouvernement britannique veut restreindre le nombre de migrants européens tout en voulant rester dans le marché unique.

Les Européens sont dans l'attente de l'initiative du gouvernement britannique, qui doit invoquer la clause de retrait volontaire et unilatéral de l'UE du Traité de Lisbonne (l'article 50), qui n'a encore jamais été utilisée.

Certains ne cachent pas leur frustration et leur impatience.

"Malheureusement, je n'ai rien entendu de nouveau de la part de David Davis aujourd'hui (mardi). Pour nous, c'est clair: les quatre libertés fondamentales (de l'UE) sont non négociables", a insisté le chef du groupe conservateur PPE au Parlement, l'Allemand Manfred Weber.

"Brexit signifie Brexit, donc il faudra bien réduire notre relation, il ne s'agit pas du tout de choisir ce que l'on préfère", a tranché M. Weber.

Lundi, M. Davis avait rencontré pour la première fois à Bruxelles le négociateur en chef du Brexit pour la Commission européenne, Michel Barnier.

Ces visites, les premières de M. Davis depuis le vote en faveur d'une sortie de l'UE, "ne servent pas à ouvrir les négociations qui commenceront seulement après l'activation de l'article 50, mais pour déblayer le terrain en vue d'un dialogue constructif et d'une sortie calme et ordonnée dans l'intérêt de tous", selon Londres.

S'efforçant de rassurer les entrepreneurs britanniques inquiets du Brexit, Theresa May a estimé lundi que "la bonne approche est de ne pas nous précipiter avant d'entamer le gros du travail, de prendre le temps de clarifier notre position avant de nous lancer".

Toutefois, la procédure de divorce pourrait être encore retardée par la récente décision de la Haute Cour de justice de Londres selon laquelle les députés britanniques devraient voter sur ce processus de sortie de l'UE.

Le gouvernement britannique, qui ne juge pas ce vote utile, a immédiatement annoncé faire appel devant la Cour suprême, qui devrait se prononcer début décembre.

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