Bilan

Brexit: l'UE douche les espoirs d'une percée lors d'un sommet en Egypte

Theresa May va s'entretenir avec les présidents des institutions européennes en marge du sommet avec la Ligue arabe dès dimanche en Egypte mais "aucun accord" n'est à attendre pour éviter un Brexit chaotique selon plusieurs responsables européens.

La Première ministre britannique Theresa May va s'entretenir avec plusieurs personnes au sujet du Brexit.

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"Il n'y aura pas d'accord dans le désert, c'est un sommet entre l'UE et la Ligue arabe", a assuré un de ces responsables en référence à ce sommet à Charm el-Cheikh, douchant des espoirs d'une percée évoqués dans la presse.

"Même si on le voulait, on ne pourrait pas", a-t-il poursuivi. Il a souligné que les 28 dirigeants des pays de l'UE ne seraient pas tous présents à ce sommet, consacré notamment à la migration et auquel participeront les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen Jean-Claude Juncker et Donald Tusk.

Theresa May va rencontrer le Polonais Donald Tusk, très critique à son encontre. Un nouvel entretien avec Jean-Claude Juncker, qui l'a reçue mercredi à Bruxelles, est également prévu.

Le sommet sera "une occasion pour chacun de se parler", a souligné un autre responsable européen. "Mais il ne faut s'attendre à un accord là-bas", a-t-il soutenu.

Lors de ses entretiens à Bruxelles mercredi avec Jean-Claude Juncker, Mme May a salué des "progrès" dans ses discussions avec l'UE.

Mais elle n'a pas obtenu les "changements juridiquement contraignants" à l'accord de divorce déjà conclu avec l'UE, qu'elle avait réclamés dans l'espoir d'obtenir un feu vert de son parlement.

Mme May estime qu'une modification du controversé "filet de sécurité" irlandais contenu dans cet accord permettrait de convaincre cette fois les parlementaires britanniques. Ils avaient rejeté le traité de retrait en janvier.

L'Union européenne ne bouge pas

Mais l'UE est restée inflexible dans son refus de rouvrir l'accord, âprement négocié avec Londres pendant près d'un an et demi. Et la crainte d'un Brexit chaotique, sans accord du tout, prend de l'ampleur à mesure que se rapproche le 29 mars, date programmée du divorce.

Le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier n'a pas exclu vendredi que cette date puisse être reportée, tout en rappelant que la demande devrait être faite par Londres et acceptée par les dirigeants des 27.

"Nous n'avons pas besoin de beaucoup plus de temps, nous avons besoin maintenant de décision et que chacun prenne ses responsabilités", a-t-il déclaré sur la radio Europe 1.

Les Européens, excluant de renégocier le traité de retrait, sont prêts à modifier la "déclaration politique" qui l'accompagne et qui doit tracer les grandes lignes de la relation post-Brexit que veulent bâtir Londres et l'UE.

Dans le communiqué commun publié mercredi par Mme May et M. Juncker, la dirigeante britannique a "pris acte pour la première fois" du refus de l'UE de "rouvrir" l'accord de Brexit, a souligné une source européenne.

Même si elle n'a pas renoncé officiellement à sa demande de renégociation, "en pratique, elle a réalisé qu'il valait mieux mettre son énergie sur un autre texte", a estimé de son côté un responsable européen.

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