Bilan

Brexit: l'Allemagne attire 45 banques étrangères

Plus de 45 institutions financières veulent "s'établir ou renforcer considérablement leur présence en Allemagne", d'après l'autorité de supervision bancaire nationale.

Ces acteurs pourraient en tout représenter environ 5000 emplois localisés essentiellement à Francfort, et pour une petite partie à Düsseldorf ou Berlin.

Crédits: afp

Le superviseur bancaire allemand BaFin a reçu plus de 45 demandes d'établissements étrangers en vue d'une présence en Allemagne, à l'heure où le Brexit est dans sa dernière ligne droite, a indiqué mardi son président. "Plus de 45 institutions financières veulent s'établir ou renforcer considérablement leur présence en Allemagne", a déclaré Felix Hufeld, patron de la Bafin, devant la presse à Francfort.

Selon lui, cette forte demande atteste "en toute modestie" de la "confiance" de ces établissements dans le travail de BaFin, qui s'active depuis début 2017 pour aider les acteurs internationaux intéressés par une implantation en Allemagne.

Poids lourds américains 

Dans l'échantillon, environ une vingtaine de grandes banques internationales ont fait part de leur intérêt pour "Mainhattan", surnom donné au quartier financier francfortois, dont les poids lourds américains Morgan Stanley, Citigroup ou Goldman Sachs, mais aussi dernièrement la banque libanaise Bank of Beirut, a appris l'AFP auprès d'une source officielle.


Ces acteurs pourraient en tout représenter environ 5000 emplois localisés essentiellement à Francfort, et pour une petite partie à Düsseldorf ou Berlin, selon la même source. Par ailleurs plus d'une vingtaine de sociétés dans le courtage en valeurs mobilières et des activités connexes, représentant un peu plus de 300 emplois et où figurent notamment les japonais Daiwa Securities et Nomura, ont investi la place allemande. "Comme cela a déjà souvent été dit, nous n'acceptons pas de société boîtes à lettre", a rappelé mardi M. Hufeld.

Concurrence entre les places financières européennes

Une sortie désordonnée du Royaume-Uni de l'UE est un scénario possible après le rejet mardi par les députés britanniques de l'accord de Brexit négocié par la Première ministre conservatrice Theresa May avec Bruxelles. Les places financières européennes se livrent elles une concurrence depuis bientôt deux ans pour attirer les banques désireuses de quitter Londres.

La métropole allemande a des atouts puisqu'elle est la capitale financière de la première économie européenne et le siège de la Banque centrale européenne. Et en décembre, le gouvernement allemand a adopté différentes mesures visant à amortir le choc du Brexit pour son secteur financier, en particulier un assouplissement du droit du travail pour attirer les banquiers de haut vol.

La place financière allemande a toutefois mal digéré le fait que Paris a été choisie fin novembre pour accueillir l'Autorité bancaire européenne (ABE), qui doit aussi déménager de Londres au printemps prochain.

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