Bilan

BNS: vers un statu quo de la politique monétaire

Le franc ne s'étant pas durablement apprécié suite aux décisions de la BCE la semaine dernière, la BNS devrait à nouveau maintenir inchangé le cap de sa politique monétaire.

Il y a encore de la marge et la BNS pourrait encore élargir son bilan sans remettre sérieusement en question sa crédibilité.

Crédits: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) procède jeudi à sa traditionnelle appréciation de la politique monétaire. Par rapport au dernier bilan, en décembre dernier, on relève une impression de déjà vu: il y a une semaine exactement, la Banque centrale européenne (BCE) a encore assoupli sa politique monétaire, comme cela avait été le cas en décembre. Dans les deux cas, le point important, c'est que le franc ne s'est pas durablement apprécié suite aux décisions de la BCE. Ce jeudi donc, la BNS devrait à nouveau maintenir inchangé le cap de sa politique monétaire.

La majorité des économistes ne prévoient pas de changement de la part de la BNS. Ils expliquent leur avis par la réaction du marché des devises. La semaine passée, l'euro a d'abord nettement faibli face au franc après les décisions de la BCE. Mais, durant la conférence de presse de Mario Draghi, il a regagné du terrain, car le patron de la BCE a exclu une nouvelle baisse de taux dans un proche avenir.

Gero Jung, chef économiste chez Mirabaud a souligné que la politique de la BNS repose sur deux piliers: en plus des interventions sur les marchés des devises, elle mise aussi sur le différentiel de taux avec l'étranger. Comme la décision de la BCE la semaine passée n'a pas entraîné de renforcement sensible du franc face à l'euro, le statu quo est vraisemblable de la part de la BNS.

Concrètement, le statu quo signifiera que la BNS continuera de viser un taux de dépôt de -0,75% et une fourchette du Libor entre -1,25% et -0,25%. Elle devrait répéter que le franc reste surévalué et qu'elle est prête à agir sur le marché des devises au besoin.

Karsten Junius, chef économiste chez Safra Sarasin, relève que la BCE vise plutôt à stimuler la demande intérieure que les exportations en zone euro. Si la BNS devait également abaisser ses taux, on pourrait selon cet expert lui reprocher de raviver inutilement une guerre des devises.

Maxime Botteron, du Credit Suisse relève que les réserves de devises pourraient être revendues plus rapidement que prévu si la pression sur le franc se relâche. La BNS a utilisé l'instrument des interventions sur les marchés des devises de temps en temps, comme le montre l'évolution des avoirs en comptes de virement des banques auprès de la BNS. Il y a encore de la marge et la BNS pourrait encore élargir son bilan sans remettre sérieusement en question sa crédibilité.

Quant à une nouvelle baisse de taux, la BNS ne devrait y recourir que si la paire EUR/CHF sort durablement sous le corridor entre 1,05 et 1,07 CHF pour 1 EUR, estime-t-on à l'UBS.

Lors du récent sommet du G20, le président de la BNS Thomas Jordan a expliqué que les taux négatifs sont un instrument de politique monétaire, mais que cela ne va pas sans coûts. La profitabilité du système bancaire pourrait en souffrir.

Laurent Bakhtiari, d'IG Bank, a un avis différent de celui de la majorité des économistes: il pense que la BNS va abaisser son taux à -1,0% et le corridor du libor à -1,5% à -0,5%.

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