Bilan

Bio, ou local? Duel au pays des labels

Les Suisses sont champions du monde du bio. Mais ce secteur très réglementé se voit concurrencé par les produits locaux, qui mettent l’accent sur la régionalité et la biodiversité, et qui sont en plein boom. Quel type de production va l’emporter?

«Nos clients sont plus sensibles au local et à la production éthique qu’au bio», remarque Bérangère Carron, productrice à Charrat (VS).

Crédits: Dareen Vanselow

Les produits locaux vont-ils évincer le bio?

Le saviez-vous? La Suisse figure en tête des pays les plus accros au bio du monde en termes de consommation par habitant. Mais qu’est-ce que le bio, au juste? L’étiquette désigne des fruits et légumes cultivés sans pesticides, ni engrais chimiques ni OGM. La population se passionne pour ces questions bien au-delà des supermarchés, comme le démontre l’initiative populaire «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse», lancée en novembre 2016. 

Et les chiffres autour du bio ne cessent d’augmenter. Le marché alimentaire helvétique de ce secteur affiche une hausse de près de 8% pour 2016 avec un chiffre d’affaires dépassant pour la première fois les 2,5 milliards de francs (voir infographie en page 35). La proportion du bio par rapport à l’ensemble du marché alimentaire a atteint 8,4%, rapporte Bio Suisse, fédération des entreprises agricoles biologiques. Une bonne moitié des consommateurs achètent des produits bio plusieurs fois par semaine, voire davantage.  

Cet engouement se retrouve dans l’ensemble des pays occidentaux. Estimé à 68 milliards de dollars dans le monde, le marché des produits bio repose à 90% sur l’Amérique du Nord et l’Europe. Ce printemps, le géant américain de la distribution en ligne Amazon a investi 13,7 milliards de dollars dans le rachat des supermarchés bio Whole Foods, pionniers de leur domaine. Pour le leader mondial de l’e-commerce, il s’agit d’une acquisition stratégique qui doit doper les ventes en ligne. 

Parallèlement, la consommation de produits locaux, notamment en Suisse romande et au Tessin, est en plein essor, selon les représentants des grands distributeurs. Très réglementé, ce type de production séduit notamment en raison de son bilan écologique. «Le local IP-Suisse, label qui recouvre les méthodes dites de production intégrée, est souvent bien meilleur que le bio importé», affirme Pierre-Alain Bapst, directeur de l’association Terroir Fribourg.

La montée en puissance des produits de la région n’empêche pas que la demande pour le bio reste élevée. 386 nouveaux producteurs se sont annoncés à Bio Suisse au 1er janvier 2017, dont 112 en Romandie. Ce qui place le pays au 5e rang européen de la production bio. Et ce, alors que le nombre d’exploitations  diminue d’année en année.

Or, le consommateur helvétique paie 46% plus cher pour acquérir de précieux légumes bio, selon l’Office fédéral de l’agriculture. Le pompon, c’est l’huile d’olive. Le litre bio se vend trois fois plus cher à l’intérieur de nos frontières, alors que les olives ne poussent pas sur notre sol. Qui donc profite de ces marges? Comment s’y retrouver dans la jungle des labels? Les produits locaux sont-ils préférables au bio? Notre dossier apporte les réponses à ces questions.

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