Bilan

Bill Gates finance un préservatif en tendons de bœuf

Fabriquer un préservatif qui ne nuirait pas au plaisir: c'est le but de chercheurs américains qui ont reçu 1 million de dollars de la Fondation Bill Gates.
  • La recherche sur de nouveaux préservatifs, qui pourraient plus facilement être choisis par les utilisateurs que les modèles actuels en latex, est active. Crédits: Reuters
  • Le fondateur de Microsoft Bill Gates et sa femme Melinda soutiennent, via la fondation qui porte leur nom, la recherche et la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et notamment le HIV. Crédits: Reuters
  • Des actions sont fréquemment menées dans tous les pays, dont les régions en développement, pour diffuser le plus largement possible l'usage du préservatif. Crédits: Reuters
  • Mais la composition des préservatifs en latex présente quelques inconvénients dont des allergies, ou une certaine gêne chez une partie des utilisateurs, qui en décourage certains. Crédits: Reuters
  • Des essais sont donc menés dans une série de laboratoires pour aboutir à d'autres matériaux pour élaborer les condoms de demain. Crédits: Reuters
  • Le collagène des tendons de bœuf constitue une piste présentant de nombreux avantages. Crédits: Freitext
Engagée de longue date dans la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, la Fondation Bill & Melinda Gates soutient nombre d'initiatives, dans le domaine des soins comme dans celui de la recherche médicale ou de la prévention. Et dans ce dernier secteur, des chercheurs de San Diego cherchent à rendre les préservatifs plus agréables.

Le latex étant souvent décrié, de nombreux laboratoires américains expérimentent d'autres matières. Ainsi, des scientifiques de l'Université de l'Oregon développent un préservatif ultramince en polymère de polyuréthane. Cette matière serait capable de s'adapter à la forme qu'elle contient. Ses utilisateurs n'auraient plus le désagrément de sentir le latex sur leur épiderme.

Un million de dollars pour les laboratoires

La Fondation Bill & Melinda Gates a bien compris l'intérêt de ces nouvelles matières pour inciter davantage de personnes à travers le monde à porter un préservatif. Et pour aboutir, le fondateur de Microsoft et sa femme ont débloqué 1 million de dollars de subventions aux laboratoires qui travaillent sur ce sujet.

Chercheur au sein de l'équipe HIV de la Fondation Bill & Melinda Gates, le Dr Papa Salif Sow, explique l'importance de cette recherche: «L'analogie courante est que le port du préservatif, c'est comme prendre une douche avec un imperméable. Un préservatif repensé qui permet de surmonter la perte de plaisir serait une arme puissante» dans la perspective d'un usage accru des protections, et donc dans la lutte contre la propagation des infections sexuellement transmissibles.

Les avantages du collagène

L'une des pistes les plus originales se trouve donc dans les laboratoires californiens d'Apex Medical Technologies, à San Diego. Les chercheurs de cet institut se focalisent sur les fibrilles de collagène de tendons de vache. «La texture du collagène est très semblable à la muqueuse (...) il ressemble beaucoup à la peau», explique Mark McGlothlin, responsable de l'équipe californienne.

Comme le souligne Mark McGlothlin, le collagène supprimerait le risque d'allergie au latex des préservatifs actuels, serait extrêmement fin et n'aurait pas les désagréments des matières chimiques. Autre avantage de cette matière: la facilité d'approvisionnement dans le monde entier.

Pour ses expérimentations actuelles, le responsable du laboratoire reçoit ses échantillons d'un magasin d'alimentation chinoise, mais les abattoirs pourraient constituer des sources d'approvisionnement efficaces en cas de production à l'échelle industrielle.

Des dispositifs pour faciliter l'enfilage

Le million de dollars de Bill Gates et de son épouse est donc réparti entre différents centres de recherche privés et publics. Mais il ne porte pas seulement sur la matière des condoms de demain.

Certains renonceraient aussi à son usage en raison de difficultés à enfiler le préservatif. D'autres chercheurs développent donc des dispositifs destinés à faciliter la mise en place de l'objet.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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