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Bilan démêle le vrai du fake: chemtrails et victimes américaines du Covid

Chaque mois, nous vous proposons de revenir sur de fausses informations qui ont circulé, d’apporter les rectifications et expliquer le contexte.

Les chemtrails, ou «traînées chimiques» visibles dans le ciel à la traîne des avions, seraient répandues dans le cadre d’expérimentations secrètes par des gouvernements. (Crédits: Daniel Ciucci/Unsplash)

Chentrails: un complot? Faux. Il s’agit de traînées de condensation. La géo-ingénierie, en revanche, existe.

Apparue dès les années 90, la théorie des «chemtrails» a pris son essor à la faveur des réseaux sociaux. Observant les traînées blanches laissées par les avions, certains sites prétendent qu’elles sont composées de particules chimiques répandues dans le ciel dans le cadre d’expériences secrètes menées par des gouvernements. Ces chemtrails seraient destinés à refroidir le climat, à réguler la population, ou encore à mener des tests en vue d’une guerre chimique, et les métaux lourds dispersés seraient les causes de maladie. Le fantasme a été favorisé par la hausse du trafic aérien ces dernières décennies. La communauté scientifique rejette ces théories, qui n’ont jamais été prouvées: ces traînées ne sont que l’effet de la condensation de vapeur d’eau, de carbone et d’autres résidus issus de la combustion des carburants des avions de ligne.

Ce qui existe, en revanche, c’est l’ensemencement de nuages et la géo-ingénierie. Le premier procédé utilise des avions légers et non des avions de ligne, et consiste à émettre de l’iodure d’argent dans les nuages pour contrôler le moment des précipitations ou atténuer la grêle. Le second, la géo-ingénierie ou ingénierie climatique, vise à modifier le climat pour lutter contre le réchauffement. Certains projets, dont un prévu en juin prochain par des scientifiques de Harvard, prévoient d’envoyer des aérosols dans la stratosphère pour lâcher des microparticules servant à bloquer la lumière du soleil, dans le but de refroidir la Terre. Mais la recherche reste peu avancée dans ce domaine et à l’état de tests.


Selon le président américain, les morts du Covid aux Etats-Unis ont dépassé ceux des deux guerres mondiales, de la guerre du Vietnam et du 11 Septembre combinés.

Victimes américaines du Covid, plus nombreuses que celles des guerres? Inexact. Cela dépend si on compte le nombre de soldats américains qui ont péri lors de combats ou, plus largement, durant le service.

Le président des Etats-Unis Joe Biden est souvent tenté par les comparaisons sensationnalistes, comme en témoigne ce récent calcul: «A ce jour, le nombre total de morts liées au Covid aux Etats-Unis atteint 527'726. C’est plus que les morts des Première et Deuxième Guerre mondiale, de la guerre du Vietnam et du 11 Septembre réunis», a-t-il déclaré lors d’une allocution le 11 mars dernier. Cette présentation des faits se révèle inexacte. En réalité, un total de 392'393 Américains ont péri au combat lors des trois guerres citées, d’après les chiffres du département des anciens combattants recueillis par le New York Times. Si l’on y ajoute les 2977 morts du 11 Septembre 2001, le total s’avère inférieur de 132'356 personnes au nombre de morts du Covid-19, et c’est tant mieux. A la décharge du Démocrate, si l’on inclut les décès de soldats américains liés aux trois guerres qui sont survenus durant le service mais hors des moments de combat, on arrive à 610'000. Soit plus du total actuel des victimes américaines du virus.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante et responsable de la Filière communication au CFJM (Centre de formation au journalisme et aux médias). Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale" qui lui vaut le prix Schweizer Journalist. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale", puis en 2011 "La fin du dollar" qui prédit la fin du statut de monnaie de réserve du billet vert. En 2016 elle signe «La finance de l'ombre a pris le contrôle».

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