Bilan

Berne veut débloquer un milliard d'euros pour les pays de l'Est

Berne accepte de débloquer plus d'un milliard d'euros pour continuer à aider, comme il l'a fait pendant dix ans, les pays d'Europe centrale et orientale membres de l'UE.

La Suisse a soutenu financièrement un grand nombre de projets visant à réduire les disparités économiques et sociales en Europe centrale et orientale.

 

Crédits: afp

Le gouvernement suisse a annoncé jeudi qu'il acceptait de débloquer plus de un milliard d'euros pour continuer à aider, comme il l'a fait pendant dix ans, les pays d'Europe centrale et orientale membres de l'UE.

Cette "contribution autonome", sur laquelle doit encore se prononcer le Parlement suisse, "correspond à un montant de 1,302 milliard de francs (1,1 milliard d'euros) sur 10 ans", et "est destinée à la réduction des disparités économiques et sociales en Europe, ce qui est dans l'intérêt économique et politique de la Suisse", a expliqué le gouvernement suisse dans un communiqué.

L'annonce a été faite par la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, au cours de la visite dans la capitale helvétique du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

"La Suisse montre qu'elle est un partenaire fiable", a réagi le haut responsable européen, pendant une conférence de presse.

Accusé par un journaliste d'être venu chercher un "chèque en Suisse", M. Juncker a assuré : "Je ne suis pas venu à Berne pour recevoir un cadeau. Les décisions du Conseil fédéral sont unilatérales, souveraines".

Depuis 2007, dans le cadre de la contribution à l'élargissement, la Suisse, qui n'est pas membre de l'Union européenne mais appartient à l'Association européenne de libre-échange (AELE), a soutenu financièrement un grand nombre de projets visant à réduire les disparités économiques et sociales dans les pays d'Europe centrale et orientale, entrés dans l'UE en 2004, 2007 et 2013, pour un montant total de 1,3 milliard de francs suisses.

Ce programme, accepté par la population suisse à l'occasion d'un référendum en 2006, est arrivé à échéance fin mai 2017. 

La base juridique de son renouvellement a été approuvée par le Parlement suisse en septembre 2016, mais le gouvernement suisse, qui devait donner son feu vert, avait depuis laissé planer le doute sur sa décision.

La semaine dernière encore, il avait annoncé avoir pris une décision sur ce "milliard de cohésion" mais n'avait pas souhaité l'annoncer avant la visite de M. Junker à Berne.

La nouvelle enveloppe de 1,302 milliard sur dix ans ciblera pour plus d'un milliard la formation professionnelle et le chômage des jeunes tandis que le reste contribuera à "une meilleure gestion des flux migratoires".

La Suisse n'est pas membre de l'UE mais elle a établi toute une série d'accords bilatéraux avec Bruxelles.

Les relations entre Berne et Bruxelles s'étaient nettement refroidies depuis 2014 après le vote par le peuple suisse d'une initiative contre l'immigration de masse. 

Cette initiative avait provoqué la colère de Bruxelles qui avait immédiatement réagi en excluant notamment les Suisses du programme d'échange d'étudiant Erasmus.

La situation s'est débloquée depuis que le Parlement suisse a approuvé fin 2016 une version allégée de ce qui avait été voté en février 2014, afin de ne pas froisser l'UE.

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