Bilan

Berne a donné son aval à l'arrestation de Condamin-Gerbier

Selon Le Temps, le Conseil fédéral a donné son feu vert à l'arrestation de Pierre Condamin-Gerbier. Le Ministère public se défend de vouloir «faire un exemple».
Pierre Condamin-Gerbier, placé en détention provisoire pour espionnage économique, a été arrêté avec l’aval du Conseil fédéral. Michael Lauber, procureur général de la Confédération, a affirmé au Temps que le Ministère public avait reçu le feu vert du gouvernement à l'enquête contre l'ancien cadre de la banque genevoise Reyl.

Selon Le Temps, cette autorisation est nécessaire pour que le parquet fédéral puisse poursuivre un délit contre l’Etat. En général, le gouvernement accorde une autorisation de poursuivre l’enquête afin de ne pas être soupçonné d’ingérence dans les affaires de la justice. Autorisation qui ne doit pas forcément être donnée au début de l’enquête. Or, révèle le quotidien romand, dans ce cas précis, le parquet a tout de suite reçu l’aval du gouvernement.

Arrêté à son retour en Suisse après avoir été interrogé à Paris par la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, Pierre Condamin-Gerbier, résident dans le canton de Vaud, est toujours en détention préventive. La durée de sa détention est indéterminée, mais doit être réexaminée à intervalles réguliers.

La justice reproche au prévenu d'avoir divulgué aux autorités françaises des informations couvertes par le secret bancaire. Pierre Condamin-Gerbier a indiqué avoir remis à la justice française une liste de personnalités politiques françaises qui auraient des comptes non-déclarés en Suisse. En outre, la banque genevoise Reyl, ancien employeur du Français, a porté plainte contre lui pour falsification présumée de documents.

«Ce qui est punissable en Suisse est clair»

«La plainte n’est pas la seule base sur laquelle nous avons arrêté le prévenu» a déclaré Michael Lauber au Temps. Le Ministère public a en effet procédé à une vérification des faits avant d’arrêter Condamin-Gerbier.

Malgré la vague de protestation française qui a fait suite à cette arrestation, Michael Lauber ne voit pas de raison de mettre fin à l’enquête. «Peut-être que ce n’est pas tellement bon pour notre réputation à l’étranger mais nous faisons ce que notre loi nous ordonne de faire, confie-t-il au Temps. Ce qui est punissable en Suisse est clair.»

Dans un contexte où les affaires de vols de données bancaires se multiplient, le procureur se défend de vouloir «faire un exemple». Ce climat politique pousse à la vigilance. Michael Lauber estime impératif de s’en tenir aux faits afin de ne pas désavouer le Ministère public: «On n’arrête pas une personne sans avoir des éléments.»



Aurore Boullé

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